L’arbre ou la maison d’Azouz Beggag

Présentation de l’éditeur :

Après des années d’absence et la mort de leur mère, deux frères lyonnais, Azouz l’écrivain et Samy l’arboriculteur, binationaux franco-algériens, décident de rentrer quelques jours à Sétif, le temps de nettoyer les tombes de leurs parents et de vérifier l’état de la maison familiale. Tandis que Samy bougonne à l’idée de remettre les pieds dans cette ville où il n’a plus de repères, Azouz est impatient d’assister à la révolution démocratique qui secoue le pays. Par-dessus tout, il espère retrouver Ryme, la femme qu’il aime depuis toujours, son cordon ombilical avec la terre de ses ancêtres. Mais à Sétif, Samy et Azouz ne reconnaissent plus rien, et aux yeux des locaux, ils sont devenus des étrangers, des bi. Quant à Ryme, l’amour de la liberté lui a donné des ailes, comme à son peuple. L’aura-t-elle attendu ? Il n’y a que le bel arbre planté par leur père devant la maison, un demi-siècle plus tôt, qui n’a pas changé de place. Mais il a tellement grandi que ses racines en menacent les fondations. Les deux frères se retrouvent ainsi face à un dilemme : garder l’arbre ou la maison.

Merci aux éditions Julliard et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu de romans d’Azouz Beggag jusqu’à maintenant, non, jamais, pas même pendant mon parcours scolaire. C’est désormais chose faite.

Il s’agit non pas d’un retour au pays natal, Azouz et son frère Samy sont nés à Lyon, mais d’un retour au pays natal de ses parents. Comment définir ce pays, d’abord ? L’Algérie, oui, l’Algérie, qui fut colonie française pendant des années, Algérie où la mère de l’auteur n’a pas pu être scolarisée, parce que les écoles n’étaient pas pour elle, mais pour les enfants de colons. L’école en France ? Si Azouz y a excellé, ce ne fut pas le cas de son frère qui a été très vite rejeté, ostracisé. Trouver leur place est difficile, que ce soit en France, où ils sont des « bicots » ou en Algérie, où ils sont des « bi ». Ce qui m’a frappé aussi, sauf erreur de ma part, c’est que ni l’un ni l’autre n’ont d’enfants, qu’Azouz est amoureux de Ryme, et pourtant, elle reste en Algérie, et lui en France. Pourquoi ? Ryme est à elle toute seule l’image, le souvenir, le regret, la douleur des années sombres de l’Algérie, ces années 90 où la mort était trop souvent au rendez-vous, il suffisait d’être coupable de vivre. Ryme est celle qui parvien à se révolter, encore, à agir, aussi, à écrire, sûrement.

L’arbre ou la maison, c’est le fait de se retrouver avec son frère, grand angoissé, toujours, de parler avec lui, de confronter les souvenirs. Il est question de chercher ce qui est important, ce à quoi on tient vraiment, et ce qu’il reste, après, quand on est reparti. Un livre simple et sobre.

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