Agatha Raisin enquête, tome 28 : Chasse aux sorcières

édition Albin Michel – 300 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement débarqués de Londres pour goûter la sérénité des Cotswolds, le nouveau pasteur de Sumpton Harcourt et sa femme croient vivre un film d’horreur en apercevant, de retour d’un dîner, un corps pendu à un arbre. Margaret Darby, une vieille célibataire fortunée, ne s’est pas suicidée, mais a bel et bien été assassinée. Pas de quoi rassurer le couple qui avait fui le climat délétère de Londres… Qui, des habitants de ce charmant hameau, a pu commettre un tel crime ? Lorsqu’un policier zélé est retrouvé mort près du même arbre pour avoir cherché à le savoir, et que la femme d’un des habitants du village subit un sort identique, Agatha comprend pourquoi on parle de « l’arbre aux sorcières ». Reste à savoir qui orchestre cette sinistre mise en scène…

Mon avis :

J’avais commencé cette lecture en étant agréablement surprise. Je croyais tenir (enfin) un bon cru, ce qui me manquait depuis si longtemps avec Agatha Raisin. A mes yeux, le début de l’intrigue était particulièrement réussi, surtout quand nous suivons pas à pas Molly, la femme du pasteur, pour découvrir à travers ses yeux, Agatha Raisin, 53 ans depuis 28 tomes d’intrigues. Découvrir qui a commis un meurtre, puis deux, à l’ombre de l’arbre des sorcières, me semblait prenant.

Puis… les anciens ingrédients sont revenus au galop, comme si M.C. Beaton avait voulu n’en oublier aucun. Nous croisons James, un peu, et surtout le regret que leur mariage n’ait pas duré, parce que James voulait une docile femme au foyer comme épouse. Pourquoi épouser Agatha, alors ? Roy sera au rendez-vous, inchangé y compris dans sa manière de changer de style à chaque roman et de vouloir à tout prix être dans la lumière. Même les enquêteurs d’Agatha font pâle figure et semblent être réduits au rang de figurants, dégustant beignets sur beignets, comme dans les séries américaines. Charles sera là, du début à la fin, et je me suis surprise à espérer que…. Et puis non, toujours pas.

Nous retrouvons aussi des éléments de l’intrigue commun à presque toutes les intrigues mettant en scène Agatha Raisin, comme cette personne qui se vante de connaître l’identité du coupable – et qui finit assez mal, du coup. Ce qui change ? Le fait que le roman se rattache à l’actualité, en parlant de Boris Johnson, notamment. En revanche, Agatha m’a semblé rester toujours féministe, et l’un des éléments de l’enquête rappelle assez à quel point être une femme peut faire de vous une proie facile – une victime à qui certains pourraient presque en vouloir de s’en être sortie, de ne pas vouloir en parler, d’essayer de poursuivre sa vie en un mot. M’a semblé, seulement. Parce qu’au bout d’un moment, elle aussi se met à croire que la victime est nymphomane et donc… Et donc quoi, ai-je envie de dire ? A mes yeux, cela illustre le fait qu’on est toujours amené à croire plus facilement quelqu’un qu’elle connaît, même si celui-ci ment, plutôt qu’une personne qu’elle connaît moins. J’insiste aussi sur le fait qu’être nymphomane ne justifie en aucune façon le fait d’être violée. Les agresseurs ont encore de beaux jours devant eux. PS : pas la même de me dire que je n’ai pas les idées larges ou que ce n’est qu’un roman. C’est un reflet sur les idées reçues qui continuent à circuler.

Quant aux sorcières, elles ont ici une mauvaise image. Normal, penseront certains. Je le regrette pour ma part. Je pense que cette thématique mériterait mieux que des moqueries, que de les montrer comme des femmes forcément idiotes, prenant des substances illicites, se réunissant dans des lieux tenus presque secrets et imbuvables toute la journée.

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