Archive | 10 septembre 2021

Cette nuit-là par Aurélie Massé

Présentation de l’éditeur :

C’est l’histoire de Gabriel, l’insoumis pétillant, Agathe, la fêtarde insouciante, Alex, l’élève parfait, Sarah, la discrète mal dans sa peau. C’est aussi et surtout l’histoire d’Eden, dont l’aura suffit à combler le mutisme. C’est l’histoire d’un secret, de gestes déplacés qui mènent un jour à l’inconcevable… Durant une nuit, le temps s’arrête et cinq vies basculent.

Merci aux éditions Slalom et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Cette nuit-là est un roman qu’il est difficile de lâcher. Oui, je sais, cela sonne comme un cliché, pour un roman qui ne l’est pas. L’autrice connaît parfaitement le monde de l’adolescence qu’elle décrit, elle ne joue pas à imaginer ce que pensent les adolescents. Ils sont cinq, cinq à se côtoyer au lycée, à penser à leur avenir, ou pas, cinq adolescents, pas encore des adultes, plus des enfants, qui vont vivre une nuit qui changera leur vie.

Non, je ne vous révèlerai pas ce qui s’est passé cette nuit-là, si ce n’est que ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais, que c’est bien loin des clichés que j’ai pu lire dans des romans young adult qui sont avant tout dans la surenchère, plutôt que d’être dans l’humain, dans ce que l’on ne voit pas, ce que l’on ne montre pas. Les années lycées ne sont pas forcément des années heureuses, ce sont des années où les parents peuvent vous mettre une énorme pression pour que vous soyez le meilleur, surveiller intensément les fréquentations de sa progéniture, ou contraire ne rien voir, parce que trop pris par sa propre vie, son propre travail, ses propres soucis, et oublier que les enfants ont (encore) besoin de parents qui soient réellement attentifs, à l’écoute, même si ce n’est pas toujours facile. J’ai vraiment l’impression d’utiliser une litote en disant ceci.

Ce à quoi Gabriel, Agathe, Alex et Sarah vont être confrontés, c’est véritablement une situation indicible, une situation qui aurait pu … tourner court. Oui, le roman aurait pu s’arrêter très vite, si ces adolescents ne s’étaient pas décidé à prendre leur destin en main. Parce que le choix qu’ils ont fait cette nuit-là aura des conséquences sur leur parcours à venir.

Mention spécial pour le personnage de Sarah, atteinte d’anorexie. J’ai envie de dire « réellement anorexique » tant j’ai trop vu et lu des caricatures de cette pathologie.

Un livre fort.

Agatha Raisin enquête, tome 28 : Chasse aux sorcières

édition Albin Michel – 300 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement débarqués de Londres pour goûter la sérénité des Cotswolds, le nouveau pasteur de Sumpton Harcourt et sa femme croient vivre un film d’horreur en apercevant, de retour d’un dîner, un corps pendu à un arbre. Margaret Darby, une vieille célibataire fortunée, ne s’est pas suicidée, mais a bel et bien été assassinée. Pas de quoi rassurer le couple qui avait fui le climat délétère de Londres… Qui, des habitants de ce charmant hameau, a pu commettre un tel crime ? Lorsqu’un policier zélé est retrouvé mort près du même arbre pour avoir cherché à le savoir, et que la femme d’un des habitants du village subit un sort identique, Agatha comprend pourquoi on parle de « l’arbre aux sorcières ». Reste à savoir qui orchestre cette sinistre mise en scène…

Mon avis :

J’avais commencé cette lecture en étant agréablement surprise. Je croyais tenir (enfin) un bon cru, ce qui me manquait depuis si longtemps avec Agatha Raisin. A mes yeux, le début de l’intrigue était particulièrement réussi, surtout quand nous suivons pas à pas Molly, la femme du pasteur, pour découvrir à travers ses yeux, Agatha Raisin, 53 ans depuis 28 tomes d’intrigues. Découvrir qui a commis un meurtre, puis deux, à l’ombre de l’arbre des sorcières, me semblait prenant.

Puis… les anciens ingrédients sont revenus au galop, comme si M.C. Beaton avait voulu n’en oublier aucun. Nous croisons James, un peu, et surtout le regret que leur mariage n’ait pas duré, parce que James voulait une docile femme au foyer comme épouse. Pourquoi épouser Agatha, alors ? Roy sera au rendez-vous, inchangé y compris dans sa manière de changer de style à chaque roman et de vouloir à tout prix être dans la lumière. Même les enquêteurs d’Agatha font pâle figure et semblent être réduits au rang de figurants, dégustant beignets sur beignets, comme dans les séries américaines. Charles sera là, du début à la fin, et je me suis surprise à espérer que…. Et puis non, toujours pas.

Nous retrouvons aussi des éléments de l’intrigue commun à presque toutes les intrigues mettant en scène Agatha Raisin, comme cette personne qui se vante de connaître l’identité du coupable – et qui finit assez mal, du coup. Ce qui change ? Le fait que le roman se rattache à l’actualité, en parlant de Boris Johnson, notamment. En revanche, Agatha m’a semblé rester toujours féministe, et l’un des éléments de l’enquête rappelle assez à quel point être une femme peut faire de vous une proie facile – une victime à qui certains pourraient presque en vouloir de s’en être sortie, de ne pas vouloir en parler, d’essayer de poursuivre sa vie en un mot. M’a semblé, seulement. Parce qu’au bout d’un moment, elle aussi se met à croire que la victime est nymphomane et donc… Et donc quoi, ai-je envie de dire ? A mes yeux, cela illustre le fait qu’on est toujours amené à croire plus facilement quelqu’un qu’elle connaît, même si celui-ci ment, plutôt qu’une personne qu’elle connaît moins. J’insiste aussi sur le fait qu’être nymphomane ne justifie en aucune façon le fait d’être violée. Les agresseurs ont encore de beaux jours devant eux. PS : pas la même de me dire que je n’ai pas les idées larges ou que ce n’est qu’un roman. C’est un reflet sur les idées reçues qui continuent à circuler.

Quant aux sorcières, elles ont ici une mauvaise image. Normal, penseront certains. Je le regrette pour ma part. Je pense que cette thématique mériterait mieux que des moqueries, que de les montrer comme des femmes forcément idiotes, prenant des substances illicites, se réunissant dans des lieux tenus presque secrets et imbuvables toute la journée.