Le jardin des monstres de Lorenza Pieri

Merci aux éditions Préludes et à Netgalley pour m’avoir permis de lire ce livre en avant-première.

Mon avis :

J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre, parce que je ne m’attendais pas à ce qu’il contenait. Le jardin des monstres, c’est celui de Niki de Saint-Phalle, celui qu’elle a crée. Il est composé de statues, elle vit même dans l’une d’entre elles, l’Impératrice. Ce sont les lames du Tarot qui ont guidé cette création, et je dois dire qu’une certaine connaissance des lames de Tarot peut être utile pour mieux suivre le récit. Chaque chapitre porte le nom d’une des lames, comme une référence à un personnage en particulier.

Le sujet de ce roman ? Il ne s’agit pas uniquement de l’art, même s’il a permis à Niki de survivre, de ne pas sombrer dans cette folie qu’on lui avait pourtant diagnostiqué. Je me suis dit que les médecins qui auraient dû la soigner étaient vraiment d’une rare incompétence : on ne dira jamais assez à quel point les préjugés peuvent causer des désastres. L’art, tel qu’elle l’a pratiqué, lui a permis, bien plus qu’une thérapie, d’expulser sa colère, sa douleur de vivre, de survivre. Elle apparaît ici, aux yeux d’Annamaria, comme un être lumineux, simple aussi : tout ce qu’elle dit est à prendre au sens propre, sans volonté de manipuler l’autre.

Annamaria, c’est la fille de Sauro et de Miriam. Elle a un frère aîné, une cousine aussi, Giovanna, qu’elle verra peu avant l’adolescence. Elle ne sait pas pourquoi ses parents se sont éloignés des siens, l’amour a ses raisons que l’on ne confie pas à ses enfants. Elle ne se considère pas comme, jolie, elle est une élève moyenne. Pendant les vacances, les week-end, ses parents trouvent normal qu’elle s’occupe des chevaux ou qu’elle serve leurs clients : c’est une fille. Ils n’ont pas les mêmes exigences avec son frère. Une fille doit aider. C’est ainsi qu’elle rencontre Lisa, fille d’un homme politique. Elle est fascinée par elle, qui a tout ce qu’elle n’a pas : la beauté, la grâce, la culture. L’heure n’est pas encore aux désenchantements, cette heure viendra pourtant, et plus vite que prévu.

Le rapport à la beauté, à l’art, la difficulté à se construire, de prendre confiance en soi quand on n’a pas grandi en recevant l’attention dont on avait besoin sont au cœur de ce roman. Comment s’en sortir aussi, quand on n’a pas toutes les cartes en main, quand on a toujours été le serviteur et non le maitre, quand on a accepté qu’une virilité toxique empoisonne le moindre rapport humain ? L’amour, l’expression d’un sentiment amoureux sincère semble impossible, rares sont les personnes dont on peut croire qu’elles vont s’en sortir. Annamaria peut-être ? Peut-être. Après tout ce qu’elle a enduré, elle mérite de s’ouvrir enfin au monde.

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