Archive | 8 septembre 2021

Un sort si noir et éternel par Brigid Kemmerer

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Présentation de l’éditeur  :

Un soir, dans les rues de Washington, Harper, 17 ans, est témoin d’une tentative d’enlèvement. Faisant fi du danger, la jeune femme, partiellement handicapée, s’interpose. Mais le kidnappeur lâche sa première proie et, après avoir maîtrisé Harper, l’emmène avec lui…

D’un coup de baguette magique, ou presque, Harper bascule dans un autre monde. Elle découvre un lieu qui a tout du château de conte de fées : orchestre sans musiciens, cuisine enchantée et, bien sûr, prince beau et énigmatique. Prince maudit, en vérité.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Rageot et Netgalley qui m’ont permis de lire ce livre en avant-première. Je commencerai donc par ma seule déception : ce livre comporte une suite. C’est dit, maintenant, je peux passer au fait que j’ai vraiment passé un très bon moment de lecture en compagnie d’Harper, de Grey, et de Rhen. Oui, j’ai placé les personnages par ordre de préférence.

Pourtant, ce sont Grey et Rhen que le lecteur rencontre en premier, dans des circonstances remplies de mystère. Mais de quoi parlent-ils au juste ? me suis-je dit. Puis, nous rencontrons Harper, et là, elle m’a été immédiatement sympathique. Elle est une petite soeur, ce personnage que les grands frères se sentent toujours obligés de protéger. Surtout quand le père est parti, après les avoir mis dans une situation compliquée. Surtout quand la mère est atteinte d’un cancer. Surtout quand la petite soeur est en situation de handicap, et a subi de longues séances de rééducation, des thérapies (l’équitation) pour parvenir à faire fonctionner ses muscles correctement. Ce n’est pas parce que son frère pense toujours devoir la protéger qu’elle n’est pas apte à se défendre, ou à défendre les autres. Elle voit un homme tenter d’enlever une femme, et elle s’interpose, peu importe le danger. C’est elle qui se retrouve à basculer dans un monde qui n’est pas le sien.

Grey, c’est celui qui l’a enlevée, pour le prince Rhen. Son but ? Lever la malédiction. Si je voulais faire court, je dirai que ce livre est une réécriture de la Belle et la Bête, ce qui est vrai. Cependant, la réussite d’une réécriture tient en la capacité de l’autrice à jouer avec ce que l’on connaît de la légende, à ne pas en faire un texte empoté, visant à récrire maladroitement ou à remplir ce que d’aucuns considèrent comme des blancs, alors qu’il s’agit de choix narratifs. Non, nous sommes bien dans une réécriture, avec le thème du monstre, bien réel, de la métamorphose, mais aussi du pouvoir, de la puissance, et de ce que l’on en fait ou pas. Le monde de la Bête de madame Leprince de Beaumont ne comportait qu’une personne, lui. Le prince Rhen est à la tête d’un royaume, malgré lui.

Le lecteur se doute forcément de ce qu’il faudrait qu’il se passe pour lever la malédiction. Seulement, Rhen est las, il n’en peut plus, il a tout essayé, déjà, tout vécu depuis plusieurs saisons. Il n’a plus d’espoir, et Grey non plus. Il n’a même plus l’espoir que cela s’arrête. Et pourtant, Harper n’est pas une jeune femme comme les autres, elle est combattive, elle a une famille à laquelle elle tient réellement, et elle est bien décidée à les retrouver, et à faire bouger les choses là où elle est.

Avec elle, avec Rhen et Grey, nous allons en vivre, des aventures, mais surtout avec Harper, qui n’a pas la retenue d’un prince maudit, qui ne s’empêche pas d’aller au contact des gens, et qui y va, qui constate l’ampleur des dégâts dans le royaume. Elle remet Rhen dans une posture de prince héritier, le forçant à regarder les choses en face et à agir pour aider son peuple. Harper voit, beaucoup de choses, elle voit aussi les principaux adversaires de Rhen – si on le laissait vivre tranquillement sa malédiction, se serait presque trop simple. Elle est pour moi, du début à la fin, le personnage le plus important de ce premier tome. Peut-être ai-je tort pour l’ensemble de la série. La suite me le dira.

 

Brassens, Jeanne et Joha de Maryline Martin

Présentation de l’éditeur :

Août 1981. Georges Brassens souffre d’un mal dont il cache le nom, même à ses proches. Puisque la Camarde affûte sa faux, il compte profiter du temps qui lui reste pour composer de nouvelles chansons, auprès de Joha Heiman, surnommée Püpchen, prendre du bon temps avec ses amis et remonter sur scène à Bobino… Comme chaque été, Georges a regagné sa résidence secondaire Ker Flandry, son havre de paix situé non loin de Paimpol. Pendant ces quelques jours, il navigue sur le flot de ses souvenirs : Sète, ses frasques adolescentes, son professeur de français Alphonse Bonnafé, le début du succès avec Patachou… Et surtout il pense aux deux femmes qui ont marqué sa vie : Jeanne Planche, de trente ans son aînée – qui l’avait caché impasse Florimont, pour qu’il échappe au STO – et Püpchen, dont il fait la connaissance en 1947. En se promenant sur la plage de Lézardrieux, des scènes, des visages lui reviennent en mémoire… et Georges replonge dans ce chassé-croisé amoureux.

Merci à Netgalley et aux éditions Elidia pour ce partenariat.

Mon avis :

Voici quarante ans que Georges Brassens est décédé. Brassens, Jeanne et Joha est un livre qui paraît à cette occasion. Cette biographie romancée raconte Brassens en nous parlant des femmes qui ont compté dans sa vie, Jeanne et Joha.
Le premier mot qui me vient à l’esprit est légèreté. Et pourtant, raconter les débuts de Brassens, et les mois qui précédèrent sa mort ne sont pas légers. Maryline Martine évite pourtant dans sa narration toute la pesanteur liée parfois aux récits biographiques. Oui, l’on peut raconter une vie, l’amour, la mort, les rencontres, et bien d’autres choses encore sans jamais être pesant ou pire insistant lourdement sur des précisions qui n’apportent pas tant de choses à la connaissance de l’homme et de l’oeuvre. L’homme et les femmes qui, même si, comme Joha, elle ne vécut jamais avec lui, partagèrent, donnèrent, aimèrent.
Le second mot qui me vient à l’esprit est pudeur. Il s’agit avant tout du portrait intime d’un homme qui se préoccupa avant tout de vivre dans le présent. L’image qu’il donnait ? Ce n’était pas sa préoccupation, préserver les siens, prendre soin d’eux, oui.
Un bel hommage à Brassens et aux femmes de sa vie.