Archive | 26 août 2021

Les indécis d’Alex Daunel

Présentation de l’éditeur :

« Je ne vous ai pas demandé qui vous étiez. Mais quoi. Quel genre littéraire ? »

Voilà comment Max, 33 ans, est accueilli dans un bâtiment froid et austère avant de comprendre qu’il vient de mourir dans un accident de voiture. Il n’est ni au Paradis, ni au Purgatoire, mais à l’Inspiratoire où les morts doivent choisir un genre littéraire afin d’inspirer un auteur sur terre. Ils sont ainsi réincarnés en personnages de roman. Sous le choc de sa mort brutale, Max a plus de questions que de réponses. Il est, ce que l’on appelle, un « Indécis ». Pour le guider, il peut compter sur Mme Schmidt, sa défunte professeure de français. Mais Max doit faire vite : il n’a que vingt-quatre heures pour prendre la plus importante décision… de sa seconde vie !

Merci aux éditions de l’Archipel et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Si vous deviez être un genre littéraire, lequel seriez-vous ? Pour moi, c’est évident, je serai le polar. Pour Max, le choix est plus compliqué.

Il est arrivé à l’Inspiratoire. D’abord, il doit prendre conscience qu’il est mort, et cette première étape n’est pas forcément la plus facile. Ensuite, il découvre qu’après la mort, tout ne se passe pas vraiment comme il l’avait prévu. A vrai dire, il n’avait rien prévu, ni de mourir de manière brutale, ni de devoir choisir un genre littéraire, lui qui ne sait pas vraiment vers lequel se tourner. Il est un « indécis ».

Ce roman est un hommage aux livres, à tous les livres quels qu’ils soient. Il n’est pas question de juger, ni les livres, ni les lecteurs, mais de prendre plaisir à lire, à découvrir, que l’on aime un genre littéraire en particulier ou que l’on préfère papillonner d’un style à l’autre. Il est aussi un questionnement sur la vie et sur ce qu’on en fait. J’ai été sensible à ce personnage qui ne s’investit que dans son travail, qui se dit qu’il aura le temps plus tard pour… Pour quoi, au juste ? Pour tout ce qu’il se refuse à l’instant présent ? Pour tout ce qu’il n’a pas osé faire ou dire ? Pour revenir en arrière et oublier les compromissions qu’il a faites ? Max a toujours eu le temps, il n’a jamais pris le temps.

Je n’ai pas envie de trop en dévoiler sur ce livre. J’ai plutôt envie de vous dire que si vous aimez lire, si vous aimez les livres, si vous n’avez rien contre la découverte d’un univers fantastique qui va de paire avec tout ce que la vie peut comporter de cruel, alors laissez-vous tenter par ce livre.

Je ne suis pas un monstre de Tristan Koëgel

Présentation de l’éditeur :

La jeune Asha vient d’échouer seule sur une plage. Où est son frère ? La forêt qui s’ouvre à elle est des plus hostiles. Peuplée de créatures mythologiques (tels Hercule, Arachné, Narcisse, la déesse Echo ou les Harpies) c’est là l’empire de Circé, la magicienne qui transforme tout ce qui vit en monstre. Echappera-t-elle à son terrible destin ? La jeune fille, devra se battre corps et âme pour retrouver son apparence et comprendre où se trouve son frère.

Au milieu de ces épreuves, elle entend une voix qui lui parle : c’est celle d’un jeune pêcheur qui l’a sauvée, lui tient la main et l’encourage…

Mon avis :

La lecture de ce titre a résonné pour moi avec l’actualité. Le bateau sur lequel était Asha a fait naufrage. Elle s’est échouée sur le rivage, seule, sans savoir ce que sont devenus les autres, sans savoir ce qu’est devenu son frère. Alors, elle part à sa recherche, et va de rencontre en rencontre sur cette île. Et qui rencontre-t-elle, espérant que ces personnes pourront l’aider dans sa quête ? Des monstres mythologiques, des êtres qui, dans leur majorité, ne pensent qu’à eux, promettent, et ne font rien pour l’aider. Elle aussi commence à se métamorphoser, et il lui est nécessaire de se rappeler, de scander qu’elle n’est pas un monstre. Non, elle n’en est pas un, et peu importe ce que l’on peut lui dire. La transformation physique ne lui ôte pas sa capacité à s’ouvrir aux autres, à aider les autres, à leur montrer qu’eux non plus ne sont pas des monstres.

La force de ce roman est d’utiliser les créatures mythologiques non pour en dresser un catalogue à usage pédagogique, mais pour nous parler de notre époque, de ceux qui prennent le risque d’accueillir les autres, et qui en paient parfois très cher les conséquences, comme Arachné, dans ce récit. D’autres trouveront la force de s’émanciper, au péril de leur vie – ce qui, malheureusement, est toujours possible de nos jours, pas si loin de chez nous.

Pour la guider, nuit après nuit, un jeune pêcheur est là, prêt à veiller sur elle, quoi qu’il arrive, quoi que les autres fassent ou soient prêts à faire. Faire confiance n’est pas toujours facile.

Tendrez-vous la main à Asha et aux siens ?