Archive | 14 août 2021

L’automne à Cuba de Leonardo Padura

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Mario Conde est un peu perturbé : son chef est parti à la retraite, un cyclone menace La Havane, et il découvre que nombre de ses collègues sont corrompus…
C’est décidé, cette enquête sera la der des der. Mais le meurtre atroce d’un ancien homme politique l’entraîne plus loin que prévu.

Mon avis :

Au mois de mai, je n’avais pas eu le temps de lire un roman de Leonardo Padura. Je n’avais pas envie d’attendre mai 2022, par conséquent, j’ai lu L’automne à Cuba (il me reste encore deux romans de Padura dans ma PAL pour l’année prochaine).

Mario Conde a démissionné de la police. Son supérieur, en qui il avait toute confiance, a été évincé de la police, pour ne pas dire qu’il a été mis en examen, soupçonné de corruption. Il n’est pas le seul à être soupçonné de corruption, et les rangs de la police semblent de plus en plus clairsemés. Mais à Cuba, on ne démissionne pas comme cela, et la démission du Conde ne sera accepté que s’il résout une dernière enquête. Il a trois jours pour trouver qui a tué un ancien homme politique, revenu au pays depuis peu.

Ce n’est pas tant l’enquête policière qui est importante, que Mario Conde et Cuba. A l’aube de ses trente-six ans, Conde se livre à un bilan de sa vie, de ses rêves et de ses espoirs déçus. S’il se souvient des raisons qui ont fait de lui un policier, c’est bien qu’il n’ait pas oublié ce qui l’a contraint à arrêter ses études et à entrer dans la police. Ses rêves, c’était également les rêves de tout un peuple, le rêve d’un avenir meilleur, un avenir promis par leurs dirigeants, leurs hommes politiques qui avaient tout planfié scrupuleusement. Ceux-ci sont aujourd’hui en prison, au placard, ou à l’étranger – l’Espagne ou les États-Unis, c’est selon les opportunités et le degré de courage.

Mario est toujours entouré de ses amis, qui semblent toujours en sursis comme El Flaco, qu’une guerre qui n’était pas la sienne a envoyé dans un fauteuil roulant, ou El Rojo, qui cherche encore sa voie religieuse et pense l’avoir trouvée. Il est encore des gens de bien à Cuba, comme ce critique d’art, qui a été placardisé et a continué à travailler dans le seul poste qu’on lui a permis d’obtenir, et qui a rempli ce poste (que d’aucuns auraient jugé minable) avec la même honnêteté que lorsqu’il était au sommet de son art. Je compte aussi le père de la victime, botaniste de son état, qui assiste impuissant à tout ce qui se passe, de l’assassinat de son fils à la destruction future de son jardin par ce cyclone qui menace La Havane.

Le meurtre sera résolu. Ce n’est pas pour autant que Mario Conde sera satisfait.

L’automne à Cuba – un roman qui porte très bien son titre.

Philip Jackson, David Suchet