Léon et Gustave. Au cœur de la mine par Sophie de Mullenheim

Présentation de l’éditeur :

Léon va bientôt avoir douze ans. Il est fils et petit-fils de mineur. Pour lui, l’avenir est tout tracé : il sera mineur. Mais Léon va à l’école et, contrairement à ses parents et grands-parents, il sait lire et écrire. Il lit beaucoup d’ailleurs : les livres que lui prête son instituteur et le journal dans lequel il suit avec passion l’avancée des travaux de la Tour Eiffel. A mesure que l’immense tour s’élève, le rêve de Léon grandit : il veut devenir apprenti dans les ateliers du grand Gustave Eiffel. Il veut construire des tours, des ponts, des bâtiments… La famille de Léon, pourtant, est loin de partager son enthousiasme. Plus vite le garçon travaillera à la mine et plus vite il rapportera des sous à la maison.

Mon avis  :

La lecture de ce roman fut difficile, presque un roman dont j’ai regretté d’avoir sollicité le partenariat. Oui, cela peut sembler un peu dur à dire je le sais, mais je pensais, j’espérais apprécier davantage cette lecture. On ne refait pas le passé, on ne peut guère changer les choses. Je ne peux non plus changer mon parcours de lectrice, celle qui à 13 ans avait déjà lu Germinal. Léon a des rêves, il a brillamment réussi le certificat d’études, mais il ne pourra pas faire d’études, parce que son père en a décidé autrement. Il est toujours bon de rappeler que les enfants cessaient d’être des enfants à douze ans (au mieux) et allaient travailler dans les mêmes conditions que les adultes, que leur salaire était pour leurs parents, pour aider la famille à vivre. Léon rêve, cependant, un peu, mais la vie à la mine se charge d’étouffer ses rêves. Il est ami avec Marie, qui travaille elle aussi à la mine. Pour ceux qui font mine que le travail des femmes est récent, il est bon de rappeler que les femmes ont travaillé de tout temps, y compris quand elles étaient enceintes. Ainsi, Minette est née dans la mine, d’où son prénom, parce que sa mère, hercheuse, n’a pas eu le temps de remonter à la surface pour accoucher – ce qui signifie, pour ceux qui n’auraient pas compris l’horreur de la situation, que des femmes enceintes poussaient des berlines pleines de charbon. Minette a la poitrine faible, sans doute parce qu’elle a respiré de la poussière de charbon à la naissance. C’est le seul point positif : elle ne peut travailler sous terre, elle travaille à la lampisterie. Même l’amitié entre Cachou, la jument, et Léon n’est pas pour moi un événement heureux, puisque Cachou descend à son tour – et le fait qu’elle soit désormais avec Léon ne me fait pas oublier quelle fin attend les chevaux au fond des mines.
Je reconnais que le monde de la mine, exact opposé du monde de Gustave Eiffel, est très bien décrit. Cependant, je ne suis pas sûre d’avoir envie de partager ce livre avec mes élèves.

26 réflexions sur “Léon et Gustave. Au cœur de la mine par Sophie de Mullenheim

  1. Dire que moi, à 40 et… à 40 ans, je n’ai toujours pas lu « Germinal », même si j’ai vu le film (ça ne compte pas ? Ok 🙂 ).

    Triste sort que celui des adultes mineurs, des enfants et des animaux qui y descendaient aussi… Les animaux ne remontaient que morts, si on les remontait…

    Le récit m’a l’air assez dur, vu comment tu en parles… C’est son seul défaut ? (je comprends que l’on ait pas envie de lire des romans durs et sombres, ça m’arrive aussi).

    • Pour ma part, je n’ai toujours pas lu Notre-Dame de Paris, et scoop, je ne le lirai jamais; Si, si, avoir vu le film compte (à condition que ce soit celui avec Renaud).
      Voilà, c’est exactement cela.
      Le récit n’est pas censé être dur, c’est moi qui le perçois ainsi. Je le trouve trop édulcoré, même l’accident dans la mine, ou le fait que la gamine née dans la mine ait les poumons abimés à jamais sont racontés en mode « gentil ». idem pour l’anthropomorphisme, Cachou, la jument « contente » de descendre à la mine. Ben voyons. (PS : ce ne sont peut-être pas les termes exacts, mais l’idée est là).

      • Oui, c’était le film avec Renaud et Depardieu et la paire de couilles que l’on coupe (ça m’a marqué, cette scène horrible).

        Il est si nul que ça, le ND de Paris de Hugo ??

        Dans ce genre de récit, les édulcorants n’ont rien à faire, rajouter du pathos non plus, l’équilibre est difficile à trouver, mais il en faut un.

        Je doute que la jument soit contente de descendre dans la mine… Un animal peut être content d’aller promener (un chien), ma jument est contente d’aller promener avec la jument d’une copine (on le sent bien et on l’entend très bien dans ses hennissements) mais je doute qu’elle serait contente d’aller bosser à la mine… Elle aime trop les pauses… :p

        • Elle est dans le roman – pour se venger de toutes les agressions subies par les femmes.
          Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu, mais l’intrigue ne m’intéresse pas plus que cela.
          Oui, l’équilibre est difficile à trouver mais là, j’ai eu du mal. Ce sont des choses qui arrivent !

          • Je ne me souvenais plus de la raison, mais la scène était réaliste au possible :/

            Pour l’intrigue, regarde la comédie musicale « Bêêêêêllllle » avec Garou 😆 (je sors !).

            Comme en cuisine, l’équilibre d’un plat fait tout.

            • La scène du livre l’est aussi.
              C’était recommandé par l’éducation nationale voici vingt ans pou faire entrer les élèves dans le roman.
              Maintenant, il existe la version Slimane/Maître Gims/Dadju (si jamais tu l’écoutes, ne me remercie pas, c’est cadeau).
              Oui !

              • L’école belge ne nous a jamais imposé les grands auteurs français… Plus souple ils étaient 🙂

                J’ai peur d’écouter la nouvelle version… 😆

              • C’est une bonne chose.
                Mais non, mais non. Par contre, j’ai un faible pour la version avec David Hallyday, à cause du travail sur les harmoniques (je serai bien incapable de dire qui a pris à la tierce ou à la quinte pour créer cette harmonique, justement).

              • Déjà que je ne saurais dire ce qu’est une tierce ou une quinte, sauf une tierce personne et une quinte de toux… 😆 Google à l’aide ! (merci)

                Pour Gims, j’ai peur de faire saigner mes oreilles 😆

              • Ma mère était professeur de piano, mon arrière-grand-père jouait du violon, et sa fille (ma grand-mère donc) chantait avec lui – ne pas savoir ce qu’est une tierce et une quinte risquerait de m’entraîner quelques ennuis (et je ne parle même pas de l’arrière-grand-oncle professeur de musique à l’école militaire).
                Il chante en dernier, donc… ce sera déjà trop tard pour tes oreilles.

              • Déjà que, quand la chef de choeur me disait : « aujourd’hui, je compte sur toi pour atteindre le sol dièze » j’éprouvais une grosse fatigue…
                Je sens que je vais me mettre les fans de Slimane à dos (donc, mon père).

              • Je suis déjà perdue avec le sol dièze 😆

                Slimane peut chanter, il ne me dérange pas, il est minouche, en plus, mais Maître Gimm’s, je ne suis pas aussi complaisante 😆

              • Moi aussi. Je sais simplement reproduire la note.
                Nous chantâmes une chanson de maitre Gîms à la chorale. Une choriste m’a demandé si j’aimais. J’ai dit oui. Elle m’a dit que je mentais très mal.

              • Avec eux, nous partions de très très loin. L’an dernier, comme il a « repris » une chanson d’Enrico Macias à sa sauce, j’ai passé (post confinement) la version originale à mes élèves. Eh oui, il existait déjà des chanteurs en 1980 !

              • Ils ont dû tomber de haut ! Déjà qu’avec Gim’s, la chanson « ciao bella ciao » devenait quasi une chanson d’amour alors que c’est une chanson des partisans et avant, une chanson chantée dans les champs par les travailleuses (si je me souviens bien).

                Cette année, explique-leur qu’il existait des chanteurs dans les années 60… ne descends pas trop dans les années, un choc à la fois 🙂

              • Oui ! Non seulement il existait des chanteurs, mais ils n’étaient pas moches (je les cite).
                Pour Ciao, bella ciao, j’ai les mêmes souvenirs que toi, donc nous devons avoir raison ! Les paroles sont assez éloquentes.
                « Ah bon, il existait d’autres chanteurs que Claude François dans les années 60 ? »

              • oh putain de jeunesse sans culture musicale !!! 😆

                j’ai pupuce sur mes genoux, je suis chez mes parents, et elle monte sur la table, c’est pas facile de pianoter à un doigt sans rien voir ! 😆

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