Pietà de Daniel Cole

édition Robert Laffont – 384 pages

Présentation de l’éditeur :

Londres, hiver 1989.
Un corps est retrouvé dans Hyde Park par la Metropolitan Police. La victime a gelé dans une position pour le moins inattendue : celle du Penseur de Rodin. Mais quelque chose cloche dans son regard : ce bleu intense, perçant…
Quelques jours plus tard, nouveau crime. Cette fois, ce sont les corps d’une mère et de son fils que l’on découvre, réplique exacte de la Pietà de Michel-Ange.
Londres va bientôt se transformer en musée macabre, mais personne ne le sait encore…

Merci aux éditions Robert Laffont et à Babelio pour ce partenariat



Mon avis :

Pietà, pour moi, c’est d’abord une intrigue située à la fin des années 80, puis des années 90. Il ne s’agit pas de faire de ces années un papier peint, en multipliant les références, mais de traquer un tueur avec les moyens de cette époque. Ce qui veut dire pas de téléphone portable, avec les fameuses scènes clichés du portable oublié ou déchargé. Internet ? Très peu développé aussi. Pour enquêter, il faut encore utiliser les vieilles méthodes, et faire avec un supérieur qui a des idées très arrêtées sur la manière de mener et de conclure une enquête.

Celle-ci connaît une coupure de sept ans. Coupable idéal trouvé, emprisonné, il a avoué, tout va bien. La seconde affaire ? Pas résolue, comme beaucoup d’autres. Il faut l’acharnement d’une toute jeune enquêtrice pour déclencher des événements en cascade et la réouverture d’une enquête. Pourquoi a-t-elle agi ainsi ? Raisons personnelles. Toutes nos motivations ne sont-elles pas personnelles ?

Ce qui a changé ? Le temps qui a passé. Les deux premiers enquêteurs, Chambers et Winter ont vieilli. Chambers a été durement éprouvé, physiquement, moralement, sept ans plus tôt. Il doute, de lui, du regard qu’Eve, sa femme, porte sur lui. Winter ? Pour l’instant, il n’est plus tout à fait dans la police. Il attend sa réintégration, et essaie de ne pas penser aux cauchemars qui le hantent depuis sept ans. Qu’à cela ne tienne, avec la confiance de leur nouvelle supérieure, et les moyens (pas très nombreux) dont ils disposent, ils doivent tenter de mettre fin aux agissements du meurtrier.

J’avais craint à un moment qu’un regard admiratif soit lancé sur lui. Ce n’est pas le cas. Ce sont des regards horrifiés, dégoutés qui sot posés sur ses crimes. Chercher à retracer son parcours, découvrir ce qui l’a amené à concevoir ses crimes, reconnaître qu’il a eu une enfance douloureuse n’est en aucun cas l’absoudre. Et s’il est un personnage pour admirer ses « oeuvres », c’est l’occasion, pour le lecteur, de se plonger à nouveau dans les méandres d’un esprit tordu.

Tout est la faute de la mère ? Je me suis posé la question. Non que je le crois. Je me suis cependant demandé si ce postulat était une opinion de l’auteur, ou simplement le reflet d’un point de vue communément admis. Quoi que la mère fasse, tout est toujours sa faute. Le père ? Des psys auraient dit qu’il ne sert à rien avant six ans. L’enfant, surtout s’il a une mère défaillante, maltraitante, aurait pourtant bien besoin que son père se manifeste.

Pour contrebalancer ce point négatif, je retiens un extrait très important, surtout que l’opinion contraire est très souvent exprimé, dans des romans ou pire, des séries télévisées prêtes à consommer : le partage des responsabilités après la mort d’une victime. Or, quoi qu’il se soit passé, quelles que soient les circonstances, le seul et unique responsable de l’assassinat d’une personne, c’est le meurtrier, pas ses proches, familles, amis, collègues.

Pietà ? Un roman glaçant.

8 réflexions sur “Pietà de Daniel Cole

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