L’Assassinat du Pont-Rouge de Charles Barbara

édition Magnard – 172 pages.

Présentation de l’éditeur (avec laquelle je ne suis pas d’accord du tout !) :

Paru en 1855, L’Assassinat du Pont-Rouge est te premier roman policier français. Dans cette oeuvre, qui fait apparaître en son coeur Baudelaire et même l’un de ses poèmes – offert à son ami Chartes Barbara deux ans avant que ne paraissent Les fleurs du Mal ! -, c’est la crise spirituelle du XIXe siècle qui prend corps : la certitude de la mort de Dieu conduit te héros à la déchéance absolue. Les visionnaires du XIXe siècle – Baudelaire, Sainte-Beuve et Barbey d’Aurevilly – ont d’ailleurs su reconnaître en leur ami Charles Barbara  » un de ces terribles dans le réel « . Ce roman policier au rythme haletant propose une peinture pittoresque de la Bohème parisienne et balaie tous tes horizons, de l’étude sociologique au roman d’aventures, en passant par le fantastique, la philosophie et la poésie. L’après-texte complet permettra d’approfondir l’étude d’un mouvement littéraire (le romantisme), mais aussi de plusieurs genres : le roman policier, le fantastique, la poésie. Il s’attache à mettre en pratique les formes du discours et du récit, de l’argumentation et de la mise en scène.
Mon avis ;
J’ai vu que les avis concernant ce livre étaient tous positifs. Le mien ne le sera pas, je préviens tout de suite. Le quatrième de couverture parle ici de « premier roman policier français ». Grand bien leur fasse. Il ne contient pas d’enquêteurs, seulement un juge d’instruction qui, parfois, apparaît et raconte comment le hasard l’a aidé à résoudre une affaire, croyant en résoudre une autre.
Non, pour moi, ce roman est avant tout celui d’une époque. Il a été publié en 1855, pendant le second Empire donc, et raconte la crise morale, spirituelle de d’une certaine frange de la population c’est à dire ce qui restait de la Bohème parisienne. Oui, je ne crois sincèrement pas que les parents de Joseph, né en 1856 et d’Aimée, née en 1858, mes arrière-arrière-grands-parents aient traversé une telle crise, en aient même eu le loisir, à dire vrai.
Je me suis un peu perdue avec les personnages, quasiment tous masculins, cherchant à faire leurs chemins dans la vie. Je croyais tenir le personnage principal, jusqu’à l’arrivée de Clément. Il a perdu la foi, il ne croit pas en Dieu, et comme il ne croit pas en Dieu, comme il ne croit pas aux vertus de la souffrance, indispensable à toute vie, à toute création, à toute envie de s’en sortie, il se montre non seulement hypocrite mais commet des actes réprouvés par la morale. Il est encore des personnes pour penser de nos jours que la souffrance est bonne. Je ne parle pas de la douleur, qui est un signal d’alerte à ne pas négliger, mais de la souffrance  qui ne permet pas , quoi que l’on pense, de faire carrière ou d’écrire.
Des hommes et des femmes. Trois femmes en fait : Mme Thillard, dont le mari se serait suicidé en se jetant dans la Seine, pris de remords après avoir ruiné sa famille, perdant notamment l’héritage de sa femme et de sa belle-mère (que l’on verra peu). Mme Thillard devient professeur de piano pour vivre, et donnera des leçons à Rosalie, dont le mari, ce fameux Clément, avait travaillé pour les Thillard. Oui, si Mme Thillard avait su, jamais elle n’aurait accepté de donner des leçons à Rosalie, qui n’est pas sans éprouvée une joie mauvaise à voir Mme Thillard ainsi rabaissée.
Mais Rosalie apparaît avant tout, comme Mme Thillard, comme une victime des hommes – et des femmes. C’est sa mère qui l’a contrainte à se prostituer. Et si elle quitte son amant en titre parce qu’elle tombe amoureuse de Rodolphe, celui-ci, attiré avant tout par sa beauté, mettra un certain temps avant de l’épouser. Elle ne se remettra jamais ni de sa grossesse ni de la naissance de son enfant. Oui, c’est tout à fait possible. Oui, il est possible aussi que le médecin, consulté fréquemment, ne trouve pas de causes physiques au dépérissement de Rosalie. Que sait-on de la dépression à cette époque ? Rien.
Certains passages de ce texte se teintent de fantastique, tout en me faisant penser à certaines croyances médicales qui avaient cours – ou comment, quoi qu’il arrive, même dans cette société dont une partie ne croit plus en Dieu, c’est toujours la femme la responsable.
Pas de rédemption possible, pour personne. Le châtiment ? Le remords perpétuel, et l’impossibilité, quoi qu’il soit fait, de réparer les fautes commises. Pessimiste ? Oui. L’existence de l’auteur fut pire encore.

3 réflexions sur “L’Assassinat du Pont-Rouge de Charles Barbara

    • Je te comprends. En plus, il s’agit ici d’une édition scolaire. J’ai l’impression de lire un prospectus de vente à destination des professeurs. Ce qui est certain, c’est que je ne le ferai pas lire à mes élèves, je me suis trop ennuyée.

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