Archive | 24 juillet 2021

La geisha de Yokohama de Charles Haquet

édition Le Masque – 288 pages.

Présentation de l’éditeur :

Un monastère zen dans les faubourgs de Kanazawa. Le moine Kodebu fait ses ablutions dans la cour endormie. Soudain, un cri retentit. Sur le toit de la Grande Pagode, une silhouette ailée brandit un corps inanimé. Elle le précipite dans le vide, sous le regard horrifié du moine. Qui est cette mystérieuse créature ? Pourquoi persécute-t-elle la communauté bouddhique ? Dans les sombres couloirs du monastère, la peur rôde… Pour résoudre cette énigme, Kodebu appellera son fidèle ami à la rescousse : Tosode, un ancien samurai qui erre sur les routes du Japon depuis la mort de son maître. L’enquête mènera les deux hommes dans les maisons de plaisirs du quartier Higashi. Ils y rencontreront Fumiko, une troublante geisha qui cache un terrible secret dans ses manches de soie…

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Pativore grâce à qui j’ai gagné ce livre pour l’anniversaire de son blog. La lecture de ce livre fut une belle découverte, au point que j’ai recherché si d’autres livres de cet auteur était disponible à la bibliothèque (oui, un, le tome 5 des aventures de Tosode).

L’action se passe dans un Japon en pleine mutation. Les samouraïs ne sont plus les guerriers tout puissants et craints qu’ils étaient, et doivent chercher un autre moyen de subsistance plus encore quand, comme Tosode, ils ont devenus des rônins, samouraï sans maître. Celui de Tosode a été assassiné. Ce n’est pas que Tosode a de la chance, c’est que son ami Kodebu l’appelle au secours. Le monastère de Kanazawa, où vit le moine Kodebu, est en proie à des attaques fréquentes, deux moines ont déjà perdu la vie, les autres ont peur. Une malédiction planerait-elle sur le monastère ? C’est ce que certains commencent à croire, et ce n’est pas très bon à cette époque où leur ordre est mis à mal au profit du shintoïsme. Qui aurait intérêt à ce que les moines soient chassés, le monastère détruit ?

Parallèlement, nous suivons Fumiko, geisha qui, par amour, a fui sa condition. Oui, éperdument amoureuse, elle l’a été, et son désir de vengeance est à la hauteur de la trahison qu’elle a subie. Par conséquent, elle fait preuve de patience, de persévérance, d’abord pour retrouver l’homme avec lequel elle avait bâti des projets d’avenir après avoir renoncé à tout ce qui avait constitué sa vie. Pour cela, elle entreprend un voyage qui lui fera croiser à plusieurs reprises le chemin de Tosode qui, parfois, n’en demande pas tant. A moins qu’il ne change d’avis. Les deux mondes – celui de la geisha et celui du moine Kodebu – semblent très éloignés, et pourtant… Aucun lieu ne semble vraiment propice au calme, à la sérénité et au pardon.

La geisha de Yokohama est un roman policier qui nous emmène loin dans le temps et dans l’espace, et nous permet, en plus de suivre une intrigue policière originale, de découvrir le Japon du XIXe siècle.