Rien à perdre de Robert Montana

Présentation de l’éditeur :

Trois quinquagénaires se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves d’un lycée de Buenos Aires. Wave, rocker fainéant, convainc deux de ses vieux camarades de partir en week-end sur une plage en Uruguay. À bord d’une vieille Ford Taunus, Mario, Le Nerveux et Wave prennent la route. Au lieu de retrouver leur adolescence, c’est rapidement leur présent qui s’impose : l’un vit encore chez sa mère, l’autre risque de divorcer et le rocker vient d’apprendre que sa femme le trompe (avec un gars « qui passe son temps au gymnase et écoute Shakira. Shakira ! Tu y crois, toi ? »). Accompagnés d’une jeune autostoppeuse très enceinte, entre moqueries et petites misères, tout bascule au moment où l’un d’entre eux transpire trop en passant la frontière…

Mon avis :

Merci aux éditions Métailié et à Netgalley pour ce partenariat.

A quoi tient la lecture, parfois… En lisant ce titre, je pensais irrésistiblement à une chanson de Michel Berger et Luc Plamondon. Aucun rapport, si ce n’est le titre.

Tout avait pourtant bien commencé, ou presque bien. Nous suivons trois amis d’enfance qui décident de partir en vacances ensemble, quelques jours, comme cela, en Uruguay. Quelle drôle d’idée ! Puis, quand on gratte un peu, l’on découvre qu’ils ne se sont pas vus depuis longtemps, que leurs vies ont mené des chemins bien séparés, et l’on en vient à se demander comment ils ont pu être amis et comment ils le peuvent encore !

Chacun a ses propres soucis. Mario vit toujours chez sa mère, il ne parvient pas à échapper à sa coupe, et le téléphone portable ne crée pas un lien entre eux, il asservit Mario qui se prend à rêver, parfois, avant que ce qu’il considère comme une obligation ne le rattrape. Le Nerveux, lui, est séparé de sa femme et de ses enfants. Il a beau tout faire pour renouer les liens, rien n’y fait, ses enfants ne veulent même pas répondre à ses messages. Je le plaindrai presque, devant son incapacité magnifique à se remettre en cause, à ne pas comprendre la douleur qu’il a semé derrière lui. Comme l’on n’a quasiment que son point de vue, l’on peut craindre que la vérité ne soit pire encore. Reste Wave, le personnage principal, l’instigateur de ces vacances en Uruguay qui tournent au road-trip. Il est un rocker, un vrai de vrai, qui cache sa calvitie sous une perruque dont il ne se sépare pas, même en vacances. Il a plein de projets. Faire soigner sa fille ! Celle-ci, souffrante, a besoin d’un traitement onéreux, que papa ne peut pas lui offrir. Que ne ferait-on pas pour son unique enfant ? Que ne ferait-o pas pour se donner bonne conscience, surtout, parce que ce n’est pas exactement pour payer le traitement de sa fille que Wave a pris la route vers l’Uruguay, et transpire abondamment avant de passer la frontière.

Ce n’est pas que les héros sont fatigués, c’est plutôt qu’ils n’ont jamais été des héros. Ils se retrouvent face à une situation qu’aucun d’entre eux n’avait imaginé, surtout pas Wave, et ils doivent faire de leur mieux pour tâcher de s’en sortir, si possible sans trop de dégâts. Le bleu des mers a été remplacé par le blanc de la drogue et le noir le plus profond. Malgré tout, l’humour est là, bien présent, parce qu’à force de se demander ce qu’ils font là, ils vont bien trouver un sens à leurs pérégrinations !

Et puisqu’elle m’a trotté dans la tête tout en écrivant, « Quand on n’a plus rien à perdre », par France Gall et Daniel Balavoine.

6 réflexions sur “Rien à perdre de Robert Montana

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