Archive | 29 mai 2021

Ecrire ici – mai 2021

Bonjour

D’habitude, quand je publie un texte dit « d’écriture », c’est plutôt sur le blog de Nunzi. J’ai eu envie de poursuivre cette histoire, que j’écris depuis presque trois ans maintenant, avec de très longues pauses, ici. Ce n’est pas tant que je pense terminer bientôt. Disons plutôt que les événements félins ont été tellement compliqués depuis quelques jours que je préfère écrire ici (en espérant que mes chats se décident enfin à arrêter leur comportement bizarre).

Je note d’ailleurs que je n’ai pas vraiment touché à ce texte cette année.

J’y ai pensé hier, j’avais une bonne accroche pour écrire la suite, et puis Loulou s’est coincé à l’arrière de la boite à gants de ma voiture, ce qui fait que je n’ai rien écrit hier soir – sauf pour raconter l’Odyssée qui finit bien de Loulou.

Pourquoi n’avoir pas écrit ?

Mon texte est un roman, donc les personnages n’existent pas. Je n’ai pas à craindre, comme certains auteurs le disent, que mes personnages viennent frapper à la porte de mon esprit, exigeant que je termine leur histoire. Je crois que mes personnages exigeraient plutôt que je leur fiche une paix royale.

Cependant…. je tente la suite quand même.

Le décor ? La route que j’ai prise hier pour revenir du vétérinaire.

Au volant, Percy McKellen, la soixantaine, et Alexandre Lebrun, écrivain de son état.
Ils se rendent sur les lieux où l’histoire qu’Alexandre écrit a eu lieu.

« – Je n’aime pas me mettre dans une de mes histoires. Je trouve cela très prétentieux. Les auteurs qui s’interrogent : « ai-je ou non le droit d’écrire ceci, ou d’écrire cela ? » Tu es gentil, tu t’interroges, et après tu passes à l’acte – ou pas. J’ai tout de même ces deux histoires, celle d’Emma et du choc qui a causé sa mort en 1940, et celle de Julita. Vous croyez vraiment, Percy, que l’on pouvait vivre en ayant quasiment aucune interaction sociale en 1940 ?
– Oui. Je prends l’exemple pour l’Ecosse – en dehors de quelques proches, mes parents ne fréquentaient pas grand monde, et la gestion du domaine, des moutons, ne demandait pas de rencontrer des centaines de personnes.
– Pour Julita, j’ai des scrupules. Surtout que j’ai trouvé une solution dans le roman d’un collègue.
– Ah ?
– Julita morte, une de ses amies fait faire des faux papiers à son nom, et part en Angleterre pour vivre à la place de son amie la vie qu’elle n’aurait pas pu vivre.
– Vous avez des preuves que Julita voulait vivre en Angleterre ?
– Non.
– Vous avez une idée de l’identité de l’amie ? Julita restait à la maison avec sa mère et sa soeur, elles faisaient des travaux de couture à domicile. Mis à part au lavoir ou au marché, je ne vois pas trop où elle pouvait rencontrer des amies.
– Ou alors, quelqu’un qui aurait appris son décès par hasard et s’en serait servi pour fabriquer des papiers.
– Reste un écueil, et de tailles : Anna, la soeur de Julita. Elle a correspondu avec sa pseudo soeur pendant un demi-siècle tout en mettant des fleurs sur la tombe de sa soeur – tombe qu’elle a caché à sa descendance jusqu’à sa propre mort et qu’elle laisse comme instruction d’être enterrée avec sa soeur. Alors à qui Anna tenait tant pour lui laisser prendre l’identité de sa soeur ?
– Peut-être avait-elle deux soeurs qui avaient des prénoms approchant et l’on est parti sur une fausse piste depuis le début ?
– Non. L’état civil est formel, les recensements sont formels, une seule soeur nommée Julita, morte à 20 ans, chez ses parents, alors qu’elle était couturière.
– Et qui dit que cette Julita anglaise a réllement existé ?
– Je ne pense pas que les lettres se postaient toutes seules… ni ne s’écrivaient toutes seules.
– Et la mort de Renée Flagrier ?
Alexandre Lebrun frissonna. Inventer une histoire, c’était bien. Découvrir qu’Emma, qu’il avait cru avoir inventé, avait réellement existé, et déroulé le fil de ses liens amicaux, familiaux, puis tomber sur les faits divers de ces années-là…. C’était trop pour lui.

 

Mariette et le spectacle équestre d’Anaïs Sautier

Présentation de l’éditeur :

Pour l’anniversaire du roi Louis XIV, un grand spectacle équestre doit être organisé à Versailles à initiative de son petit-fils, le petit Dauphin. Mariette décide de conduire son frère Pierrot à l’audition des danseurs. Sans surprise, le garçon est recruté sur le champ grâce à son talent. Mais Mr le Grand, grand écuyer du roi et ennemi de Mariette, a repéré son jumeau à l’audition et suggère au petit Dauphin une perfidie : pour amuser le roi, il faudra demander à Pierrot de danser debout, sur un cheval au galop !

Mon avis :

Dans ce troisième tome, nous voyons les jumeaux (enfin) réunis. Pierrot est guéri de la chute qu’il a faite dans le tome 1, ou plutôt, son bras est guéri. Mariette profite donc de sa visite chez sa tante Jeanne pour :
– leur apporter de la nourriture ;
– prévenir Pierrot que des auditions auront bientôt lieu à Versailles. Etre proche du petit Dauphin a des avantages.
Bref, pour une fois, tout semble aller bien dans la vie de Mariette, si ce n’est qu’elle est lucide. Sa tante ne parvient pas, même en économisant, à payer les impôts qui financent les guerres et les fêtes du roi. Mariette a beau économiser aussi, elle ne peut apporter grand chose à sa tante et à son frère. Quant à la nourriture qu’elle a apportée, elle sait très bien que les domestiques préparent toujours trop de nourriture. Pas le choix. Rien ne doit manquer pour le roi et sa cour.
Oui, tout irait bien si monsieur le Grand n’avait encore décidé de lui mettre des bâtons dans les roues. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que cela peut bien faire à un homme si haut placé que le sort d’une gamine ? L’on en saura un peu plus sur lui, sur son passé dans ce tome – les petites piques lancées à Mariette peuvent aussi donner des pistes. L’on saura aussi que le don de Mariette peut vraiment lui être très utile. Le dénouement du roman donne des perspectives d’avenir pour Mariette, pour les siens, pour une intrigue future qui, je l’espère, s’accompliront.
Un livre que j’ai très envie, comme le tome 2, de partager avec mes élèves.