Archive | 25 mai 2021

Qu’à jamais j’oublie de Valentin Musso

Présentation de l’éditeur :

Nina Kircher, une sexagénaire, veuve d’un photographe mondialement célèbre, passe quelques jours dans un hôtel de luxe dans le sud de la France. Soudain, elle quitte la piscine où elle vient de se baigner pour suivre un homme jusqu’à son bungalow puis, sans raisons apparentes, elle le poignarde dans un enchaînement inouï de violence, avant de s’enfermer dans un mutisme complet.

Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fi ls Théo, avec lequel elle a toujours entretenu des relations difficiles, n’a d’autre choix que de plonger dans le passé d’une mère dont il ne sait presque rien. De Paris à la Suisse en passant par la Côte d’Azur, il va mener sa propre enquête, jusqu’à découvrir des secrets inavouables et voir toute sa vie remise en question…

Mon avis :

Je sens que la publication de cet avis risque de marque la fin de partenariat pendant un certain temps. Si, si. Ce n’est pas parce que j’ai reçu un livre en partenariat que je ne vais pas dire ce que je pense sur lui. Que mon avis ne plaise pas ne m’importe pas, ce qui m’importe est d’être sincère.

J’aimais beaucoup les romans de Valentin Musso. Je n’en avais pas lu depuis cinq ans, et dès le premier chapitre, j’ai ressenti une déception. J’ai trouvé le style très plat, rempli de précisions inutiles. Je me suis dit : « allons, ce n’est que le premier chapitre, poursuivons, le style sera meilleur. ». Eh bien non. J’ai pensé, en le lisant, à un autre auteur que j’apprécie peu, un certain Guillaume Musso. J’ai tâché de faire abstraction tout au long de la lecture pour me concentrer sur l’intrigue. A nouveau, j’ai coincé. Pourquoi ?

Le sujet, enfin, celui qui aurait dû être le véritable sujet, est un sujet fort, et à mon avis, il n’a pas été suffisamment traité. Oui, Nina a tenté de tuer un homme, comme ça, sans que l’on sache pourquoi, et à son fils de faire toute la lumière. STOP ! Son fils. Il enquête, il cherche. Mais que fait la police, bon sang ? Au début, le lecteur a pourtant rencontré un policier qui semblait tout à fait compétent. Malencontreusement, il n’a guère de place dans l’intrigue, pour ne pas dire crument qu’il disparaîtra aussitôt apparu.

Un autre fait m’a fait tiquer, alors que je n’étais toujours pas allée très loin dans l’intrigue (page 60, environ), la découverte de l’avocat de Nina. il est immédiatement reconnaissable. J’ai trouvé que les auteurs de romans policiers (je ne parle pas seulement de Musso) cèdent à la facilité en utilisant un seul modèle d’avocat, comme si un auteur ne pouvait inventer un personnage. De toute façon, dès que je l’ai vu apparaître, c’était plié : l’héroïne serait forcément innocentée grâce à Disculpator. A chaque fois qu’il agit, il m’a agacé par ses méthodes parce qu’il n’effectue pas son travail d’avocat auprès de la justice, mais auprès des médias. A croire que les avocats ne sont pas tenus au secret ou ont le droit de tout révéler de la vie privée et intime de leurs clients à la presse, et tant pis s’ils ne sont pas contents. J’aimerai croire avoir lu une critique de ces méthodes

Il reste aussi la thématique des secrets de famille, thématique qui est tout sauf ma préférée. En lisant, en découvrant le (les ?) fameux secrets, je me dis que Théo a été, tout au long de sa vie, soit très naïf, ne se posant jamais de questions sur certains faits pourtant étonnants (je ne pose pas de questions est un leitmotiv chez lui), soit tellement centré sur lui-même que tout ce qui ne le concernait pas ne l’intéressait pas, que ce soit la vie de son demi-frère ou la vie de sa mère. Oui, les révélations sont nombreuses, très nombreuses, trop nombreuses, au point que la vraisemblance est partie en courant depuis longtemps.

Même quand le lecteur est plongé dans le passé de Nina (Nina et toutes les autres, pour ne pas trop en dire), je n’ai pas été autant touchée que je l’aurai voulu, parce que j’ai eu une impression d’avoir déjà lu et relu cette histoire, ou plutôt des histoires liées à la même thématique. Et quand on a lu ou vu des histoires beaucoup plus fortes, ou racontées avec une plus grande économie de moyen, on a du mal à se promener dans les palaces, à assister à des recherches en ligne ou à lire des détails dont je me serai bien passées, parce qu’ils n’apportaient rien à l’intrigue à mes yeux, si ce n’est montrer la vacuité de Théo – pour ne pas dire une certaine misogynie intériorisée.

Oui, Qu’à jamais j’oublie montre la défaite des femmes, de toutes les femmes, de Nina, de Denise, de Maud aussi. Je ne parle même pas de la mère de Camille, morte et oubliée au point de ne pas avoir de nom. Ah, pardon, elle est la très jeune femme de Joseph Kircher, morte très jeune et dont il s’est consolé très vite. Que reste-t-il, pour Camille, de sa mère ? Je ne sais pas, puisque l’on ne lui parle pas d’elle. Même sa belle-mère, Nina, n’a pas eu la force d’élever deux enfants, le confiant à Maud. Je n’en dis pas plus, parce que je pense beaucoup de choses à ce sujet.

Dernier point : la dernière révélation qui laisse le lecteur un peu sur sa faim. Je ne dis pas que c’est la révélation de trop, cela fait déjà longtemps qu’il y a eu « trop » de révélations. Je dirai qu’une fin presque ouverte n’était pas nécessairement utile.