La raconteuse de films d’Hernan Rivera Letelier

édition Métailié – 144 pages.

Présentation de l’éditeur :

María Margarita a dix ans quand on découvre qu’elle a un talent tout particulier pour raconter les films : détails, mimiques, costumes, la petite sait si bien y faire qu’elle devient très vite une star dans son village. Désormais, elle sera Morgane Féduciné, la raconteuse de films.

Mon avis :

Je peine à lire espagnol et sud-américain, et cet après-midi, alors que j’étais auprès de Nougat et Célestine, j’ai lu La raconteuse de films, que je m’empresse de chroniquer aussitôt, alors qu’Annunziata n’est pas très loin de moi non plus.
L’héroïne et narratrice se nomme Maria Margarita, prénom imposée par sa mère, parce que son père tenait à avoir une fille et à l’appeler Marilyn, comme son idole, Marilyn Monroe. La mère Maria Magnolia n’a pas cédé. L’héroïne est la raconteuse de films qui donne son nom au livre, et il lui faut bien du talent pour entraîner le lecteur avec elle, lui donner envie d’aller jusqu’au bout de cette histoire tragique, sordide, atroce.
Rien n’avait réellement bien commencé pour l’héroïne, benjamine d’une fratrie de cinq, seule fille, qui dut commencer à se comporter comme une fille quand elle est entrée à l’école. Son père ? Il est infirme à la suite d’un accident du travail. Sa mère ? Elle est partie pour accomplir son rêve, laissant derrière elle ses cinq enfants, elle qui a mis le premier au monde à l’âge de quatorze ans parce que, à l’époque, cela se « faisait » d’être en couple avec un homme qui a un quart de siècle de plus que vous. Ses frères ? Nous saurons en temps et en heure quel sera leur destin, Morgane Féduciné, son pseudonyme de raconteuse, sait ménager le suspens.
Pourquoi « raconteuse de films » ? Le cinéma est la passion du père de famille, mais son infirmité ne lui permet plus d’aller dans les salles obscures. Par conséquent, chacun de ses enfants y va à tour de rôle, selon un principe d’équité, du moins jusqu’à ce que le meilleur « raconteur » soit choisi (certains frères n’étaient pas doués) et que Maria Margarita soit élue « raconteuse de films ». Elle s’investit totalement dans chacun d’eux, dans la voix, dans le chant, dans la gestuelle puis les costumes ensuite.
Oui, tout ne finira pas bien, puisque la télévision finira par arriver même dans les endroits les plus reculés du Chili. Et c’est une Maria Margarita, seule habitante survivante de cette mine qui joue les guides touristiques et raconte, inlassablement, le passé de cette mine pour ceux qui n’ont pas connue cette époque, pour ceux qui ne peuvent pas croire qu’une telle pauvreté était possible, pour ceux qui pensent que cette femme qui se rejoue sans cesse le film de sa vie, est folle.

Alors, cela ne vous prendra pas très longtemps, le livre ne mesure que 144 pages, mais n’hésitez pas à venir au Chili pour écouter les histoires de Morgane Féduciné.

5 réflexions sur “La raconteuse de films d’Hernan Rivera Letelier

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