Archive | 22 mai 2021

Shuri de Nic Stone

Présentation de l’éditeur :

Shuri est la sœur du roi d’une mystérieuse nation nichée au cœur de l’Afrique, le Wakanda, dont le dirigeant, surnommé Black Panther, est doté de pouvoirs surhumains. À treize ans à peine, c’est déjà un petit génie, une scientifique très douée, partiellement formée aux arts martiaux comme la plupart des membres de la famille royale. Mais lorsque son frère, dont l’accession au trône est assez récente, lui réclame une nouvelle tenue de combat, elle peine à s’exécuter : impossible pour elle de manipuler correctement le vibranium, le métal le plus précieux du pays, capable de donner au tissu des propriétés extraordinaires. Pour se changer les idées, elle se laisse entraîner par sa meilleure amie à une étrange cérémonie. Là, Shuri a une vision à glacer le sang et découvre que l’Herbe-Cœur, dont le roi tire ses pouvoirs, est en train de dépérir à un rythme alarmant. « Wakanda pour toujours ! » comme disent les braves. Shuri n’a que cinq jours avant que la catastrophe ne frappe et va devoir quitter le pays pour trouver la clé de l’énigme… Le compte à rebours a commencé ! Suivez la plus attachante des héroïnes dans son combat pour aider son frère à conserver le trône et protéger leur pays.

Merci à Netgalley et aux éditions Lumen pour ce partenariat.

Mon avis :

J’affirme mon droit d’aimer lire un livre juste pour me divertir. Ce fut le cas en lisant Shuri, et j’ai vraiment passé un très bon moment en sa compagnie, et en celle de sa meilleure-amie-imposée et future-garde-du-corps.

Shuri est une fille, Shuri est une princesse, petite soeur de T’Challa plus connu sous le nom de Black Panther. Je ne vous dirai pas que tout le monde a vu le film, mais presque. En attendant un volume 2, qui sera forcément chargé en émotions (s’il ne l’est pas, c’est qu’il y aura un bug technique quelque part), lire les aventures de Shuri peuvent être un très bon dérivatif, et je comprends l’envie que l’on peut avoir d’écrire des aventures de ces personnages. Shuri, en tant que petite soeur d’un roi, que princesse, se doit de se comporter comme-il-faut. Ses véritables passions, son désir d’être une combattante elle aussi ? C’est hors de question pour sa mère, qui tient autant au protocole que la reine d’Angleterre, si ce n’est plus. Aussi, quand elle découvre un gros problème, puis un second, et que l’on ne veut pas vraiment l’écouter – elle est jeune, elle est une fille, elle est une princesse – elle prend les choses en main.

Les aventures qui suivront seront autant de clin d’oeil à des personnages déjà croisés dans l’univers Marvel, et il en est une que je n’aurai franchement pas pensé croiser ici. J’ai aimé me laisser porter par les péripéties que traversent Shuri et son amie, voyager avec elles, découvrir les inventions de Shuri, leurs usages, et voir aussi que toutes les inventions ne peuvent pas grand chose face à la déloyauté. Au contraire, l’on peut se dire que face à de véritables alliés, face à des personnes de confiance, il n’est de difficultés impossibles à surmonter. J’ai aimé me dire que c’est une aventure, et qu’il y en aurait certainement une autre. Pourquoi ne pas se laisser porter ?

 

La raconteuse de films d’Hernan Rivera Letelier

édition Métailié – 144 pages.

Présentation de l’éditeur :

María Margarita a dix ans quand on découvre qu’elle a un talent tout particulier pour raconter les films : détails, mimiques, costumes, la petite sait si bien y faire qu’elle devient très vite une star dans son village. Désormais, elle sera Morgane Féduciné, la raconteuse de films.

Mon avis :

Je peine à lire espagnol et sud-américain, et cet après-midi, alors que j’étais auprès de Nougat et Célestine, j’ai lu La raconteuse de films, que je m’empresse de chroniquer aussitôt, alors qu’Annunziata n’est pas très loin de moi non plus.
L’héroïne et narratrice se nomme Maria Margarita, prénom imposée par sa mère, parce que son père tenait à avoir une fille et à l’appeler Marilyn, comme son idole, Marilyn Monroe. La mère Maria Magnolia n’a pas cédé. L’héroïne est la raconteuse de films qui donne son nom au livre, et il lui faut bien du talent pour entraîner le lecteur avec elle, lui donner envie d’aller jusqu’au bout de cette histoire tragique, sordide, atroce.
Rien n’avait réellement bien commencé pour l’héroïne, benjamine d’une fratrie de cinq, seule fille, qui dut commencer à se comporter comme une fille quand elle est entrée à l’école. Son père ? Il est infirme à la suite d’un accident du travail. Sa mère ? Elle est partie pour accomplir son rêve, laissant derrière elle ses cinq enfants, elle qui a mis le premier au monde à l’âge de quatorze ans parce que, à l’époque, cela se « faisait » d’être en couple avec un homme qui a un quart de siècle de plus que vous. Ses frères ? Nous saurons en temps et en heure quel sera leur destin, Morgane Féduciné, son pseudonyme de raconteuse, sait ménager le suspens.
Pourquoi « raconteuse de films » ? Le cinéma est la passion du père de famille, mais son infirmité ne lui permet plus d’aller dans les salles obscures. Par conséquent, chacun de ses enfants y va à tour de rôle, selon un principe d’équité, du moins jusqu’à ce que le meilleur « raconteur » soit choisi (certains frères n’étaient pas doués) et que Maria Margarita soit élue « raconteuse de films ». Elle s’investit totalement dans chacun d’eux, dans la voix, dans le chant, dans la gestuelle puis les costumes ensuite.
Oui, tout ne finira pas bien, puisque la télévision finira par arriver même dans les endroits les plus reculés du Chili. Et c’est une Maria Margarita, seule habitante survivante de cette mine qui joue les guides touristiques et raconte, inlassablement, le passé de cette mine pour ceux qui n’ont pas connue cette époque, pour ceux qui ne peuvent pas croire qu’une telle pauvreté était possible, pour ceux qui pensent que cette femme qui se rejoue sans cesse le film de sa vie, est folle.

Alors, cela ne vous prendra pas très longtemps, le livre ne mesure que 144 pages, mais n’hésitez pas à venir au Chili pour écouter les histoires de Morgane Féduciné.