Archive | 17 mai 2021

Negra Soledad de Ramon Diaz-Eterovic

Présentation de l’éditeur :

Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier – à reculons. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d’un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde. Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l’ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans. Heredia, c’est l’âme nostalgique d’un Santiago qui n’existe plus, les rêves brisés d’une génération sacrifiée, mais c’est aussi l’histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs…

Mon avis :

Livre acquis pendant le confinement de l’année dernière et lu aujourd’hui.
Heredia est un détective que j’ai découvert par cette enquête, et que j’aurai aimé relire rapidement, si ce n’est que je n’ai trouvé aucun des livres de Ramon Diaz-Eterovic dans les trois librairies que j’ai parcourus samedi dernier. Il vit seul avec Simenon, son chat, avec lequel il entretient un dialogue nourri et désabusé. Sa vie sentimentale ? Des femmes ont marqué sa vie, dont Griseta, dont il se souvient encore avec nostalgie, bien qu’il ait tourné la page. Doris, commissaire de police, attend toujours qu’il réponde à sa proposition – et lui de réfléchir, d’hésiter, parce que franchir ce pas, c’est changer radicalement sa façon de vivre, même s’il ne s’agit ni pour lui ni pour Doris de se jurer de rester ensemble « pour la vie ». Non, il s’agit de rester ensemble jusqu’à ce que leur union ne tienne plus, jusqu’à ce qu’ils se soient lassés l’un de l’autre. Programme courageux s’il en est.
Ce qu’Heredia n’avait pas prévu, c’est qu’Alfredo Razetti, son ami avocat, serait assassiné. L’enquête piétine, faute de piste. Heredia n’a pas l’intention de laisser la mort de son ami impuni, et pour cela, il prendra des risques, remuera non seulement la boue, mais aussi les alliances magouilleuses nouées dans l’ombre entre dirigeants bon teint et malfrats. Trouver qui a assassiné et commandité l’assassinat de son ami prendra du temps. De même, il n’est pas question pour Heredia de laisser de côté ceux pour qui son ami enquêtait, ceux pour qui il avait pris des risques, ces modestes villageois dont les terres sont polluées, spoliées, sans scrupules, mais avec des méthodes à la fois musclées et insidieuses.
Il existe encore des êtres intègres, qu’ils soient kiosquier, avocat, détective ou policier. Je dis « êtres » parce que le mot recouvre à la fois les hommes et les femmes. Doris, l’éternelle fiancée d’Heredia, ni Adriana, qui le loge pendant ses pérégrinations, ne déméritent, prenant des risques pour que la justice puisse être rendue.

Negra Soledad – un roman qui n’a pas peur de se confronter à la noirceur humaine.