Guilty de Jean-Christophe Tixier

Présentation de l’éditeur :

Diego Abrio, 22 ans, purge sa peine de prison pour homicide volontaire.
Pourtant il va être relâché.
Sera-t-il libre ? Non !
Le peuple aura le droit de le tuer, ou de le protéger dans sa fuite.
Toi aussi. Vas-tu suivre son parcours sur l’application Guilty ? Participer à sa traque ? Ou…

Mon avis :

Je n’ai pas accroché à ce livre, c’est aussi simple que cela et c’est un peu court. Me reste maintenant à expliquer les raisons qui font que je n’ai pas accroché. Là, ce sera plus long.
Le roman se passe dans un futur proche. La télé-réalité et la justice sont mélangées, puisque l’on peut voter pour son candidat préféré. Il ne s’agit pas de lui offrir un nouveau procès, non. Il s’agit de le relâcher pour le livrer à la justice populaire, groupe nominal qui frôle l’oxymore. Ceux qui le croiseront pourront faire ce qu’ils veulent de lui, l’aider, le tuer, le lyncher mais pas (trop) le torturer. Pas de date limite de jeux – parce que s’en est un, un jeu du cirque contemporain grandeur nature.
Oui, je me suis sentie mal à l’aise face à tant de violence. Je me suis sentie mal à l’aise face à la mise en place de cette justice qui n’en a plus que le nom. Comment les condamnés sont-ils choisis ? Qui guide les pas de ceux qui poussent à leur libération ? Que nous disent ces « choix » sur notre société ? Parce que c’est bien de nous qu’il est question dans ce roman.
Il est question aussi des familles des victimes qui ont un rôle à la fois important et secondaire. Important, parce qu’aucune n’est satisfait des condamnations mais aucune ne se dit que la mort du responsable ne lui apportera rien, ne lui ramènera pas l’être aimé. Ou comment les notions de justice et de vengeance semblent irrémédiablement confondues. Je ne parle même pas des débordements, des conséquences dramatiques de ces chasses à l’homme grandeur nature – comme si la société présentée dans ce roman était devenue incontrôlable.
Il est question aussi de la nocivité des réseaux sociaux, de la manière dont il est facile de manipuler ceux qui lisent, ceux qui participent, ceux qui voient et mettent tout en doute – bienvenu dans la théorie du complot.
Je citerai un dernier point qui m’a gêné : le rapport à l’alcool. Je ne peux plus, et cela fait presque trente ans que je n’en peux plus de lire, de voir, d’entendre ces personnages qui boivent pour se donner du courage, qui boivent pour faire la fête. A quand un livre sur ceux qui ne boivent pas mais que leurs camarades ostracisent ostensiblement, quand ils ne se moquent pas d’eux, parce qu’ils ne savent pas « faire la fête ». Ras-le-bol aussi de l’équation : trop sensible pour supporter le monde = je bois pour l’affronter. Ras le bol aussi du personnage « fragile » qui, diminué par un accident, ne veut plus voir ceux qui faisaient partie de sa vie d’avant. Masculinité fragile, bonjour. Ou, comme le rapport à l’alcool, un grand classique de la littérature qu’il serait bon de remettre en question.
Même la mystérieuse organisation qui aide Diego ne m’inspire pas plus que cela. Leurs arguments sont solides, pas grand monde ne les écoute. C’est dommage. Dommage aussi que le lecteur n’en sache pas plus sur le devenir de ceux qu’ils sauvent. Dans le second tome ?
Alors… que l’on estime que j’ai compris ou pas ce livre m’importe peu. Mon ressenti est mien, et je ne le changerai rien.

3 réflexions sur “Guilty de Jean-Christophe Tixier

  1. De lui, j’avais lu « les mal-aimés » et j’avais adoré, mais ce genre de roman, ça ne me tente guère et puis, ce n’est pas comme si je n’avais rien à lire…

    Ça me pompe l’air aussi (je reste polie) qu’on associe toujours le boisson avec la fête, dans nos sociétés et que l’on fustige celui qui ne veut pas boire, pour diverses raisons (ce sont les siennes, chacun est libre de ne pas avoir envie de boire). Comme s’il fallait être beurré comme un petit Lu pour s’amuser… Quand je bois de la bière ou du vin, un mojito, je savoure, je prends mon temps et après, je stoppe…

    • J’ai lu d’autres romans de cet auteur que j’ai beaucoup apprécié également.
      Oui, à moi aussi. « on s’amuse mieux quand on boit ». ou « Tu verras, quand tu seras majeure et que tu pourras boire, tu t’amuseras vraiment. ». Non, deux fois non.
      Même chose pour moi. Je me souviens avoir bu à l’anniversaire de ma marraine un verre d’un très bon vin blanc. Un verre – et les autres convives aussi. Parce qu’il était très bon, il n’était pas question de gâcher sa dégustation en finissant rond comme des queues de pelle.

      • J’ai un jour descendu trois verres d’un excellent St Emilion que mon mari avait sorti de sa cave, une bouteille qui avait 30 ans (ou un peu moins), mes verres étaient petits, le vin c’était le petit jésus en culotte de velours et en me levant pour faire la vaisselle avec ma mère (c’était noël), je lui ai dis d’aller doucement parce que j’étais pompette… 😆

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