Archive | 9 mai 2021

La lune du chasseur de Philip Caputo

Présentation de l’éditeur :

Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse.
Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes « d’un autre temps » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins. À la crise économique qui frappe la région, s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.
Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

Merci aux éditions Le cherche-Midi et au Picabo River Book Club pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai ouvert ce livre sans a priori, sans horizon d’attente, sans me projeter dans une intrigue. Je voulais simplement me laisser porter par les mots, et ce fut une belle découverte.

Je me suis retrouvée plongée, réellement, au coeur du Michigan : sa faune, sa flore, sa forêt devrai-je plutôt dire, sont au cœur des récits qui prennent place dans ce roman. Will Treadwell est le personnage qui sert de « fil conducteur » aux différentes intrigues qui se nouent, se dénouent au fil des saisons, donnant l’impression de se trouver dans un livre qui ferait le lien entre le roman et la nouvelle. Will tient un pub, et officie aussi en tant que guide de chasse. Nous retrouvons les habitués, ceux qui viennent tous les ans, sont amis de longues dates, ont évolué ensemble, ou constaté les ravages du temps qui passent, de la crise économique, des difficultés à surnager, et ceux qui viennent pour la première fois parce qu’ils veulent chasser un ours, une grouse, un mouflon….

Il y a aussi les habitants du coin, ceux qui tentent de survivre eux aussi à cette fameuse crise qui ravagent tout, ceux qui n’ont pas eu la vie qu’ils voulaient. Il en est qui prennent un nouveau départ. Il en est d’autres qui donnent plutôt une coup d’arrêt brutal à la trajectoire qu’ils avaient jusque là empruntée.

J’ai souvent eu l’impression d’être au milieu des ténèbres en lisant ce livre – j’aime les ténèbres, je tiens à le préciser. L’homme se confronte à la nature, et je ne parle pas seulement des animaux qu’il chasse, je parle aussi de ses grands espace dans lesquels s’il se perd, s’il se blesse, il n’est pas forcément sûr d’obtenir du secours – ou de sauver autrui.

L’homme et la femme. Même si la chasse semble réservée aux hommes, et un moyen pour se retrouver entre amis ou en famille, les femmes qui apparaissent dans ce récit ne sont en rien des personnages falots qui attendent tranquillement leur conjoint à la maison. Elles savent faire face, affronter les épreuves, être lucides aussi.

Qui est prêt(e) pour une longue promenade dans le Michigan ?