Mala vida de Marc Fernandez

édition Le livre de poche – 288 pages.

Présentation de l’éditeur :

De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte. Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes … Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique. Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loin qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.

Mon avis :

Tout d’abord, merci à Belette qui m’a fait découvrir ce livre au cours d’un mois espagnol. Et quel livre, franchement, quelle claque.

Sa lecture fut un coup de cœur, gagnons du temps, et je n’ai lâché sa lecture que pour me rendre chez le vétérinaire, faire découdre Lisette et ponctionner l’oreille d’Annunziata. C’est donc à son chevet que j’ai terminé la lecture de ce roman.

Je pourrai ensuite analyser les procédés littéraires et stylistiques qui font que j’ai adoré ce livre, comme s’il fallait toujours prouver qu’un auteur est un « bon » auteur qui maîtrise les techniques narratives, comme l’on est soi-même un « bon » lecteur qui parvient à les repérer. Je pourrai utiliser des termes tels que « fluidité » ou « les pages se tournent toutes seules », termes que je n’aime pas lire parce qu’ils me semblent des formules passe-partout.

J’irai au plus court. Je parlerai des personnages, des incorruptibles que sont Diego Martin et son ami Daniel Pons. Diego est journaliste. Sa femme Carolina a été assassinée cinq ans plus tôt, en représailles d’une de ses enquêtes. Depuis, il n’a plus que son travail dans la vie, et il n’a pas l’intention de fléchir, de faillir, d’abandonner sa ligne de conduite. Daniel Pons est juge. il est aussi l’informateur anonyme de Diego, qui fait tout pour garder secrète son identité. Ne faire confiance à aucun des moyens modernes de communication, ils sont si facilement piratables. Pour compléter le trio, Ana. D’origine argentine, elle a connu le pire là-bas. Devenue détective privée, elle se fait fort d’aider Diego dans ses enquêtes. Celle qui débute n’est pas sans lui rappeler les heures les plus sombres de son pays. Oui, l’Amérique du Sud n’a pas le monopole des bébés volés, l’Espagne aussi a connu (connaît ?) ce fléau.

Ce scandale n’est toujours pas résolu à l’heure actuelle, même si un premier procès (pour un seul cas !) a eu lieu en 2018. On peut parler de « tabou », on peut surtout dire que la loi d’amnistie a posé sur chape de plombe supplémentaire sur les années où Franco dirigeait l’Espagne. Pour vivre ensemble, pour construire l’avenir, faut-il nécessairement absoudre ? Terme choisi à dessein, parce que l’église catholique a participé activement à ce vol d’enfants.

Quand le livre débute, c’est la droite qui a pris le pouvoir, ceux qui veulent que surtout rien ne change, ou mieux, que tout redevienne comme avant. Les journalistes ? Muselés, virés, remplacés par des journaleux proches du pouvoir. Seul Diego a la chance de garder son poste. Il en faut bien un ! Des assassinats sont commis aussi, un jeune homme politique – du parti en place – un notaire, et si le lecteur saura très vite qui et (quasiment) pourquoi, force est de constater que la police patauge. Enfin, presque toute la police.

J’ai vraiment particulièrement apprécié certaines scènes, le témoignage d’Emilia, l’interview vibrante d’Isabel, l’avocate qui prend fait et cause pour les enfants volés et leurs familles, la nuit qu’Isabel et Diego passeront ensemble, parce que leur nuit est à elle seule un détournement de tous les clichés auxquels on peut s’attendre.

Et, comme le titre du roman lui a été emprunté, je ne pouvais pas ne pas partager :

12 réflexions sur “Mala vida de Marc Fernandez

  1. Pingback: Le mois espagnol et sud-américain 2021, c’est parti ! | deslivresetsharon

  2. Pingback: Objectif pal de mai ~ le bilan – Les lectures d'Antigone

  3. Pingback: Bilan du mois espagnol 2021 | deslivresetsharon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.