Archive | 21 avril 2021

Jardins parisiens par Pascal Giudicelli

éditions Bookélis – 152 pages.

Présentation de l’éditeur :

Célèbres ou secrets, les jardins parisiens sont souvent ignorés du grand public. Musée à ciel ouvert, ils sont le refuge, le paradis des rêveurs et des poètes. Amoureux de l’art des jardins et de la botanique, , architecte paysagiste et land artiste. Je tente à travers ces croquis de retranscrire l’esprit du lieu. Pour chacun des 20 arrondissements de Paris, j’ai choisi un jardin par affinité. Pour chacun d’entre eux j’ai réalisé un croquis illustré de quelques ressentis jetés sur le moment, ainsi qu’un détail botanique. Herbes hautes, buissons touffus, abondance de fleurs, la nature a repris ses droits pendant le confinement causé par l’épidémie de Covid-19. Situation inédite, il me semblait important d’immortaliser ce moment unique à travers une série de croquis. Puisse ce livre donner envie de (re)découvrir le charme unique des jardins parisiens.

Merci à Netgalley et aux éditions Bookélis pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai été intéressée par ce livre pour une raison simple : depuis octobre, je suis en manque de promenade dans les parcs parisiens. Grâce à ce livre, j’ai pu en partie combler ce manque, reconnaître des parcs que j’ai longuement visités, et en découvrir d’autres.
L’auteur le reconnaît volontiers :  la pandémie a modifié son projet. La fermeture des parcs pendant deux mois et demi a fait que la nature a repris ses droits. Les parisiens (dont je ne fais pas partie) se sont peut-être rendus davantage compte de l’importance de ces bouffées d’oxygène au cours de la ville. Chaque arrondissement a son ou ses parcs. C’est un goût personnel qui a fait choisir à l’auteur tel parc plutôt qu’un autre – et moi de reconnaître le jardin des Tuileries, dans le 1er arrondissement, qui m’a rappelé le temps où l’on pouvait emmener ses élèves voir une pièce de théâtre à Paris, et pique-niquer dans un parc. J’ai découvert la petite Ceinture ou le square Edouard Vaillant.
J’ai aimé aussi qu’il choisisse une plante, un arbre dans chaque jardin et s’y attarde, parce que prendre le temps de regarder, de dessiner, est important. L’usage du feutre noir, sans colorisation du dessin, permet aussi à l’imagination de rêver à ses endroits, de les parer de différentes couleurs.
Un bel ouvrage, que j’ai pris plaisir à feuilleter.

Un rendez-vous inattendue de Claudie Poirier

Présentation de l’éditeur :
L’Italie des années soixante invente la Dolce Vita et cicatrise doucement de la guerre. À Fiesole, sur les hauteurs de Florence, Giuseppina dont le quotidien est rythmé par la vie du Borgunto, quartier pauvre où sont logées les familles des carriers qui travaillent à la Pietra Serena, s’ennuie. Elle a quarante ans, peu de rêves et peu de vie. Giuseppina que l’on surnomme volontiers la grosse Beppa, non par mépris mais par admiration pour ses formes avantageuses, va découvrir brutalement que la morale ne constitue pas une feuille de route. Que vivre implique des forces bien plus fertiles et des engagements bien plus authentiques. Dans les parfums de la Toscane, dans le quotidien bruyant de son quartier, sous la touffeur des nuits étoilées, une route va pourtant s’ouvrir.

Merci aux éditions Librinova et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

La lecture de ce roman a été pour moi une belle surprise. Il m’a transportée dans l’Italie d’après-guerre, l’Italie qui se relève à peine de ce qu’elle a vécue. L’héroïne, c’est Giuseppina, dite Beppa. Elle a la quarantaine, et elle n’attend plus grand chose de la vie. Elle est mariée, depuis longtemps, avec Ernesto. Il est carrier, il travaille à la Pietra Serena, et fait presque toujours un détour, le soir, par le café du village, quand il ne fait pas, mais c’est rare, c’est.. plus discret, un détour pour voir une autre femme. Beppa et Ernesto font presque partie des familles aisées du quartier de Borgunto : une paye pour deux suffit pour bien vivre, Beppa et Ernesto n’ayant jamais réussi à avoir un enfant, à leur grand regret. Pour tromper son ennui, Beppa s’occupe de tous les enfants du voisinage qui ont besoin de ses soins, il est tant de femmes débordées par leur (trop) nombreuse progéniture.
Non loin de là vit Ilario et sa femme Margherita. Il est chirurgien. Tous les jours, il se rend à Florence pour opérer. Sa femme s’ennuie. Elle s’ennuie de Rome, dont elle est originaire, elle s’ennuie parce qu’elle n’a pas de vie sociale, elle s’ennuie aussi parce qu’elle sent l’hostilité des villageoises, qui n’ont aucune envie de converser avec cette femme qui vit sa vie si éloignée de la leur. Elle décide donc de passer quelques jours à Rome, jours qui se transforme en semaines, et son mari, qui n’a jamais eu à gérer quoi que ce soit dans sa maison, se retrouve à chercher une femme de ménage. Beppa se retrouve alors à travailler pour lui.
Oui, c’est une rencontre entre deux personnes que tout oppose, ou presque. Dans un petit village, tout se sait, et ce que l’on ne sait pas, on peut le deviner, le supputer, l’inventer éventuellement, spécialement quand il est des choses inattendues qui se passent là, juste sous les yeux des habitant(e)s.
Je crois que le personnage qui m’a le plus marqué est Irena, qui pourtant n’est plus, Irena, tuée par les fascistes, à qui Beppa rend visite régulièrement, raconte les derniers potins du village, lui confiant aussi ce qu’elle ressent et qu’elle ne peut confier à personne, Irena, qui était sa seule véritable amie d’enfance, elles que leurs parents avaient envoyé dans un petit village pour les protéger de la guerre.
Un premier roman à découvrir.