Archive | 17 avril 2021

La gameuse et son chat, tome 2 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être.
Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

J’ai lu le second tome dans la foulée du premier – je ne vois pas pourquoi je devrais me priver ! Kozakura a frôlé la catastrophe. Non, son chat n’a pas fait buguer son jeu vidéo préféré, elle a simplement failli être démasquée par une collègue qui, ayant trouvé le compte photo d’Omusubi, a découvert qu’il était tenu par un de leurs collègues et s’est mis en tête de l’identifier, après avoir éliminé 84 % des membres du personnel. Je ne dis pas qu’Hercule Poirot a trouvé son maître, puisqu’elle n’a pas jeté son dévolu sur la bonne personne, mais presque. Kozakura est donc soulagée et va pouvoir se consacrer à ses deux passions : les jeux vidéo et son chat. J’ai ainsi découvert qu’il existait des jeux sur tablette pour chat, et qu’Omusubi se trouve très doué pour jouer avec – je sens que les miens seraient trop paresseux pour jouer avec, ou alors, je devrai le leur proposer en dehors de leurs heures de sieste.

Il faut dire qu’il grandit, ce cher petit. Il est désormais capable d’atteindre des endroits sur lesquels jamais la jeune femme n’aurait pensé qu’il serait allé. oui, les chats aiment grimper, ils ont aussi leur coup de folie. Qu’à cela ne tienne ! Tout en continuant à jouer – forcément – Kozaburo s’équipe, équipe son chat d’un arbre à chats absolument démesuré. Bien entendu, il préfère dans un premier temps le carton, ce qui est totalement logique du point de vue du chat.

Nous découvrons aussi que Riko a une petite soeur – il est vrai que la vie sociale de la jeune femme est plus que réduite. Je n’ai pas forcément l’impression que celle de Maï, sa jeune soeur étudiante, soit plus riche. Elle est accro aux « likes », et cherche des photos qui lui permettraient d’en obtenir davantage. Et sa soeur a un chat ! Je ne dis rien, puisque je poste aussi des photos de mes chats…

Omusubi permettrait-il à Riko Kozuraka de se sociabiliser ? En tout cas, elle demande tant de conseils à la vendeuse de l’animalerie que celle-ci l’invite chez elle pour lui faire découvrir ces quatre chats, dont un chien. Comme Riko, je suis admirative de l’aménagement de leur pièce à vivre et je me dis que je pourrais y puiser des idées.

J’ai tout autant apprécié ce tome 2 que le premier. Je suis ravie qu’un tome 3 soit annoncé.

La gameuse et son chat, tome 1 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être. Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

J’ai acheté le tome 2 juste avant le nouveau confinement, qui allait me priver d’aller dans une grande librairie rouennaise très connue (pas le même département). Le tome 1 n’étant pas visible, je l’ai donc commandé, et je ne regrette pas.

Kozakura est une pro, dans son travail. Jamais d’heures supplémentaires. A dix-sept heures, elle est partie. pas question non plus de prendre un verre entre collègues. Certains se demandent bien pourquoi. Sans doute a-t-elle un compagnon particulièrement séduisant qui l’attend à la maison. Non : Kozakura est une gameuse acharnée, et dès qu’elle rentre chez elle, qu’elle a changé de vêtements, elle se poste devant son ordinateur pour reprendre le jeu en cours. Je ne saurai trop expliquer en quoi elle est une excellente joueuse, en quoi elle sait parfaitement atteindre le maximum dans un jeu, tirer le meilleur parti des personnages, je n’y connais strictement rien – tout comme elle ne connait strictement rien en chat.

Pourtant, c’est elle qui adoptera ce charmant petit chaton noir et blanc, un peu distrait, qui a suivi un papillon plutôt que de suivre son frère. Elle ne sait pas si c’est un mâle ou une femelle, parce que « avant deux mois, c’est difficile à voir » (donnez-moi le moindre chaton, même nouveau-né, je vous dis tout de suite ce que c’est). Bref, elle qui connaît tout au jeu vidéo doit tout apprendre du chaton, de la manière de se nourrir à son immense capacité à jouer, jusqu’à s’écrouler de fatigue. Cependant, elle en est certaine, elle parviendra à lui faire maîtriser « toutes les compétences de [sa] classe » – ou pas.

Omusubi (tel est son nom, le vétérinaire chez qui Kozakura l’a amené en urgence pour cause de puces lui a dit que c’était un mâle) est particulièrement actif. Comme tous les chats, il adore faire ses griffes, jouer avec des cartons, ou avec des jeux qui ne coutent pas grand-chose. Il prend des postures particulièrement compliquées – un peu comme mes propres chats, finalement. La gameuse et son chat est un manga à découvrir pour les fans de chats.

Un mois au Japon cher Hilde et Lou

L’appel du cacatoès noir de John Danalis

Présentation de l’éditeur :

John Danalis a grandi avec un crâne aborigène dans son salon. C’est seulement à 40 ans qu’il comprend l’horreur de la situation. Emporté par l’élan de sa prise de conscience, John décide de tout mettre en oeuvre pour restituer Mary – puisque c’est ainsi que le crâne a été affectueusement renommé – à son peuple. Pour cela, il va devoir déconstruire ses préjugés d’homme blanc sur la culture aborigène et se plonger dans l’histoire ancienne de l’Australie. Commence alors une quête qui va entrainer des rencontres extraordinaires et une profonde révolution dans la manière dont John et sa famille envisagent la vie et leur rapport aux autres.

Merci à Babelio et aux éditions Marchialy pour ce partenariat.

Mon avis :
« De quelle justification as-tu besoin ? Il n’est pas à vous. Ce que ta famille a fait est mal » […] « Tu pourrais parler de la dignité des morts – regarde la quantité d’efforts que vous autres blancs déployez pour retrouver et rapatrier les soldats tombés sur les différents champs de bataille. C’est pareil« .
J’ai voulu commencer ma chronique en présentant cet état d’esprit : on fait tout ce qui est possible pour rapatrier dans son pays d’origine les restes des soldats morts au combat loin de chez eux. On laisse les restes des aborigènes dans des caisses, dans des musées. Au mieux. Je vous laisse imaginer le pire.
Le pire, il est peut-être ici, finalement. John Danalis a grandi avec un crâne aborigène sur l’une des étagères du salon familial sans que cela ne dérange un seul des membres de sa famille. Pourquoi cela les auraient-ils questionné ? C’était un souvenir, un parmi d’autres, ramené par le père, vétérinaire, lors d’une de ses tournées dans le bush. Il a fallu attendre ce que je qualifierai de « crise de la quarantaine », de « remise en question » pour qu’un jour, John formule à haute voix, pendant un cours (il a repris ses études pour devenir enseignant) ce fait et, tout en parlant, tout en se confrontant au regard des autres, prenne enfin conscience de l’énormité de ce fait. Le récit autobiographique qui commence alors nous montrera comment il va restituer le crâne à son peuple.
Ce n’est bien sûr pas si simple. John Danalis découvre alors ce que lui et des milliers (des millions ?) d’australiens ignorent : l’existence de nombreuses tribus aborigènes, leur organisation, leurs différents territoires, ou plutôt, territoires qu’ils devraient avoir si les terres leur appartenaient. C’est tout un ensemble de préjugés que John doit combattre en lui-même, et les clichés ont la vie dure. John doit se battre contre l’administration, aussi : à quoi bon rendre un crâne à son peuple ? « Pourquoi s’en soucier ? » comme le demande un journaliste. Il doit également, avant toute chose, demander à son père son accord pour rendre ce crâne – et ce n’était pas forcément pour ce quadragénaire la partie la plus facile.
L’écriture de ce livre apparaît alors comme un moyen de partager, de faire voyager Mary (nom que les Danalis avaient donné au crâne, et tant pis s’il s’est avéré que c’était celui d’un homme) grâce aux mots.