Archive | 12 avril 2021

La vie en chantier de Pete Fromm

édition Gallmeister – 382 pages

Présentation de l’éditeur :

Marnie et Taz ont tout pour être heureux. Jeunes et énergiques, ils s’aiment, rient et travaillent ensemble. Lorsque Marnie apprend qu’elle est enceinte, leur vie s’en trouve bouleversée, mais le couple est prêt à relever le défi. Avec leurs modestes moyens, ils commencent à retaper leur petite maison de Missoula, dans le Montana, et l’avenir prend des contours plus précis. Mais lorsque Marnie meurt en couches, Taz se retrouve seul face à un deuil impensable, avec sa fille nouvellement née sur les bras. Il plonge alors tête la première dans le monde inconnu et étrange de la paternité, un monde de responsabilités et d’insomnies, de doutes et de joies inattendus.

Mon avis :

Beaucoup de lecteurs ont apprécié ce roman. Quelques uns ne l’ont pas aimé. Je fais partie de cette minorité. La première raison est que j’ai vu venir la fin dès le début, et que j’ai trouvé que cette fin était trop évidente, presque trop facile, préparée depuis une bonne partie du livre. La seconde n’est pas le thème du deuil, même si la lecture de ce livre est arrivés à un moment où je suis en deuil. Chacun vit son deuil comme il peut, seulement je suis terre à terre. Taz était insouciant, très insouciant, on le voit dans les retours en arrière qui lui rappellent Marnie, quand elle bataillait pour qu’il paie les factures en temps et en heure, pour qu’il accepte plus de commande, pour ne pas être quasi constamment dans le rouge. Non, il n’est pas resté insouciant, ce n’est pas cela, c’est simplement que vouloir être autonome, seul avec un bébé, sans jamais en avoir eu avant, ce n’est pas facile, pour ne pas dire quasiment impossible, surtout quand il est nécessaire de travailler pour faire bouillir la marmite, payer les factures et le prêt de la maison. Ce n’est pas que Taz n’accepte pas l’aide qu’on lui donne, c’est qu’il ne se rend pas compte, au début, de l’aide qu’on lui donne.

Il faut dire que Taz n’a pas de chance avec ses parents. Ils sont partis en Nouvelle-Zélande, à cause de désaccord avec l’administration américaine. Ils ne connaissaient pas Marnie, qui vivait avec leur fils depuis sept ans. Ils ne connaîtront pas Midge non plus, parce qu’ils n’aiment pas assez leur fils et leur unique petite-fille pour le faire – oui, je vous épargne les faux prétextes pour aller plus vite. Même si Marnie était en conflit avec sa mère Lauren sur certains sujets, il faut bien admettre que Lauren a beaucoup de tact, et de bon sens. Taz ne doit pas oublier qu’elle aussi a perdu sa fille. Et si elle sait se faire discrète, elle sait aussi quand il est nécessaire d’agir, de dire aussi.

Quant à Midge, je trouve que cette petite est bien précoce, sur bon nombre de sujet, y compris quand elle doit faire un long trajet en voiture avec son père en hiver, alors qu’elle a moins de deux ans. Si vous n’avez pas encore d’enfant et n’avez pu en observer, soyez assuré que ce n’est pas aussi facile que dans le roman – et plein d’autres choses aussi. De même, Taz « entend » la voix de Marnie – pourquoi pas ? Cela ne m’a pas dérangé, même si cela pouvait être un peu étonnant.

En terminant de rédiger mon avis, je me rends compte que j’ai nettement préféré la précédente lecture faite d’une oeuvre de Pete Fromm Mon désir le plus ardent  lu voici presque deux ans déjà.