Archive | 10 avril 2021

Homosexualité, censure et cinéma collection dirigée par Christophe Triollet

Présentation de l’éditeur :

Le cinquième opus de la collection Darkness, censure et cinéma examine sans doute l’un des sujets les plus controversés au cinéma, l’un des tout derniers tabous à subsister à l’écran : l’homosexualité. Montrée, évoquée ou simplement suggérée, l’homosexualité à l’écran ne laisse jamais indifférent parce qu’elle exacerbe nos contradictions et ce que nous croyons être. En contournant les postulats, en revendiquant le droit à la différence, elle renvoie à l’idée de liberté totale. Elle fragilise nos certitudes et les préceptes de nos sociétés hétérosexuelles. Alors comment, dans ces conditions, parler d’homosexualité au cinéma sans risquer de provoquer ses pourfendeurs ou d’offenser ses défenseurs ? Quinze auteurs vont tenter de répondre dans cet ouvrage inédit.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Babelio et Lettmotif Editions pour ce partenariat, et pour le soin apporté à leur envoi.

J’avais coché ce livre lors d’une précédente Masse critique pour retourner à mes toutes premières amours : le cinéma et les critiques de cinéma. Vu le mal que j’ai eu à chroniquer ce livre, je crois qu’il faut désormais que je me cantonne à la littérature, et à rien de plus. Non, parce que je n’ai pas eu de mal à lire ce livre, j’ai simplement du mal à le chroniquer !

Je commencerai bêtement par le point qui m’a dérangé : aucune femme parmi les rédacteurs (au sens neutre du terme) de ces articles. Je pense cependant qu’il doit exister des journalistes, des chercheuses qui se sont intéressées à la manière dont l’homosexualité était traité au cinéma, à la télévision. Une fois ce point évacué, force est de constater que chacun des articles qui compose ce recueil est absolument passionnant.

L’homosexualité, c’est ce que l’on veut cacher, ce qui ne doit surtout pas être montré. Je pense plus particulièrement à l’article « Homosexualité et censure. Une petite traversée du cinéma français » d’Alain Brassart, entre censure et auto-censure, la pire à mon sens, parce qu’elle traduit la peur de déplaire – et parce que les financements, pour une histoire d’amour entre personnes du même sexe, peuvent être encore plus durs à trouver. J’ai l’habitude d’écrire argument et contre-argument : ce n’est pas parce qu’un réalisateur est homosexuel qu’il doit forcément parler d’homosexualité dans ses films. Certes. Mais pourquoi, systématiquement, ne pas le faire, ou le faire de façon tellement implicite qu’il faut vraiment être attentif (ve) pour saisir les allusions ? En contre exemple, je parlerai de « Modern Family : un couple gay dans une sitcom et après ? Quand le personnage homosexuel cesse de brandir sa différence en étendard » de Benjamin Campion, une sitcom américaine qui montre une famille « comme les autres » avec deux papas et une petite fille. Cette représentation de l’homosexualité a ses détracteurs, qui voudrait quelque chose de plus « naturaliste ». Montrer un couple gay heureux, parents, avec maintes relations amicales dans une série familiale est un énorme pas en avant. Surtout quand je pense au représentation caricaturale de certains films français (voir à ce sujet la préface de Christophe Triollet).

Oui, s’il est un fait qui domine, c’est la censure – n’oublions pas le code Hays, qui sévit aux États-Unis durant des décennies, et entraîna de véritables contorsions pour transcrire à l’écran les œuvres de Tennessee Williams (Un tramway nommé désir, par exemple) ou encore Rebecca de Daphné du Maurier. (« Un cinéma travesti » de Didier Roth-Bettoni). Je fus une cinéphile (ce n’est plus le cas), ce qui ne m’empêche pas de noter que ce recueil s’intéresse à tous les genres, le péplum(« Des tiges et des toges ou l’homosexualité dans le péplum  » d’Albert Montagne), le film historique (« L’amour qui n’ose dire son nom; L’homosexualité masculine dans les films sur le Moyen Age » de Yohann Chanoir) mais aussi le cinéma pornographique.

Homosexualité, censure et cinéma est un recueil passionnant, mais qui m’a montré un fait que je pressentais déjà : le cinéma m’intéresse nettement moins qu’il y a dix ans.

Les enquêtes du commissaire Benoit, tome 2 : l’inconnu de la rue Tourlaque de Jean et Robert Grimey

édition Oxymoron – 74 pages.

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Roumey a été assassiné !…
Chargé d’une enquête sur une série de vols de bijoux, il a été tué alors qu’il rendait visite à un témoin.
Non loin de la scène de crime, une carte signée « Le Mondain » est retrouvée.
Le commissaire BENOIT, qui a déjà eu à affronter cet étrange chef d’une organisation de malfaiteurs, est chargé de l’affaire…

Mon avis :

J’ai apprécié la lecture du premier tome de cet enquêteur. Il n’est pas rare, dans ce cas, que je lise un autre tome de ses enquêtes. C’est aujourd’hui chose faite avec le tome 2 (sur 14).
L’adversaire du commissaire Benoit et de ses hommes, nous l’avons déjà rencontré, ou plutôt nous avons déjà connu son identité dans le premier tome. Ici, nous en découvrirons un peu plus sur lui, et nous aurons la confirmation que ce n’est pas un adversaire facile à attraper/coffrer/mettre hors d’état de nuire, même s’il est plus facile de mettre « au frais » un ou plusieurs membres de sa bande. Ce n’est pas tant que le Mondain est partout, c’est qu’il est très souvent sur la route du commissaire.
L’intrigue commence sur une information-choc : la mort d’un policier. L’inspecteur Roumey a été tué au cours de son enquête, et s’il a été tué, c’est bien parce qu’il avait trouvé une piste sérieuse. Hors de question de laisser sa mort impunie, hors de question de laisser la piste inexplorée, et c’est sur les chapeaux de roue que le récit commence.
Il mènera le lecteur loin, très loin, jusqu’aux Etats-Unis. Il entraînera aussi quelques soucis de santé. Oui, être le secrétaire du commissaire Benoit n’empêche pas se souffrir du mal de mer, cela se saurait. De même, écrire un roman policier n’empêche pas un peu d’humour dans le cours du récit.
L’intrigue va vite, et ne s’embarrasse pas de digressions ou de descriptions inutiles. Le récit est très plaisant à lire, plus plaisant que de suivre une série télévisée française contemporaine – je préfère les feuilletons papiers aux feuilletons télé, la qualité est meilleure.
Le coup de théâtre finale me fait dire que je ne serai pas sans lire le tome 3.