Archive | 3 avril 2021

Rouge de Koz

Présentation de l’éditeur :

Tandis qu’une canicule sans précédent s’est abattue sur la France, les départs de feu se multiplient dans la garrigue aux alentours de Marseille, provoquant de véritables scènes de panique. L’intention criminelle ne fait aucun doute. La cellule Vulcain, qui enquête sur les causes d’incendies suspects, est mise à contribution pour identifier et arrêter les responsables de cette catastrophe. Une mission dont le capitaine Hugo Kezer, en charge de la cellule Nouvelles Menaces, va rapidement prendre le commandement. En effet, celui-ci se trouve justement dans la région pour rendre visite à sa fille, Mila, qui s’est portée volontaire au sein d’une association pour secourir la faune mise en danger par les feux de forêt. Impossible alors, pour lui, de ne pas se lancer à corps perdu dans cette affaire. Pourtant, sans tarder, ses investigations sur les « mégafeux » en cours vont compromettre son propre enfant…

Merci aux éditions Fleuve noir et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Rouge est la suite de Noir, titre sobre, efficace, titre qui dissimule la folie qui peut s’emparer des hommes.

Le roman s’ouvre sur une scène choc, la mort par le feu d’une brigade de pompiers qui n’a rien pu faire. Non, ils n’étaient pas incompétents, non, ils ne manquaient pas de moyens, et non, ce n’était pas la faute à pas de chance, et autres risques du métier. L’incendie était criminel – mais comment un incendie d’une telle ampleur, avec plusieurs départs de feu a-t-il pu avoir lieu ?

Les gouvernants pensent avoir tiré les leçons des émeutes de Noir : ils ont crée une cellule Nouvelles Menaces dont la direction a été confiée à Hugo Kezer, ce qui n’a pas été sans faire grincer les dents de quelques-uns, notamment à Anne Gilardini, cheffe du groupe 3 de répression du banditisme, rivale depuis cinq ans d’Hugo Kezer. Ajoutons que certains voient cette nouvelle unité comme un gadget, un de plus, destiné à rassurer, à prouver que les choses sont bien prises en main, et que ce qui s’est passé ne pourra plus jamais se passer.

Hugo Kezer prend l’enquête en main – et pourtant, il était censé être en vacances, lui qui voulait renouer les liens avec sa fille Mila, pas vraiment remise de tout ce qui s’est passé depuis cinq ans. Elle fait partie d’une association écologiste, Feu sacré, une association pleine de bonnes intentions, puisqu’il s’agit de préserver les animaux victimes des incendies, une association qui a été fondée par Charles de Blagnac en mémoire de son fils Cédric décédé dans un incendie. Il n’est pas le premier à consacrer une oeuvre à la mémoire de son enfant. Qui oserait mettre en doute sa bonne foi, la bonne foi de tous ses jeunes gens (oui, la plupart du temps, ce sont des jeunes gens) qui ont adhéré à son association ? Peu de personnes, si ce n’est Hugo Kezer qui se rend bien compte qu’il tient une piste à creuse.

Le temps presse. Comme dans la première enquête, tout est question d’urgence, parce que les circonstances météorologiques seront bientôt favorables pour déclencher à nouveau des incendies qui seront difficiles à arrêter – oui, il est des jours plus propices que d’autres, des conjonctures, entre chaleur et sécheresse, plus favorables pour créer des catastrophes naturelles. Si la nature n’en a cure, l’homme peut en tirer profit. Mais quel profit ? Les motivations des coupables (je ne m’embarrasse pas de la présomption d’innocence) peuvent séduire. Si. Il existera toujours des personnes pour prôner des solutions extrêmes, et prétendre sauver la nature, les animaux, les hommes (barrez les mentions inutiles) en provoquant des catastrophes. « Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie ». Et si Hugo et Anne sont rivaux, ils sont tous les deux des enquêteurs sérieux, bien conscients que le pire est toujours à redouter – et qu’il faut profiter du répit offert par la vie.