Archive | 22 mars 2021

Enquête troublante à Concarneau de Jean-Luc Bannalec

éditions Presse de la Cité – 352 pages

Présentation de l’éditeur :

Le docteur Chaboseau, notable respecté de Concarneau, est retrouvé défenestré. Ni sa femme ni ses proches amis, un pharmacien et un négociant en vins, n’ont idée du mobile du crime. Alors que ses collaborateurs sont en vacances, et que ses beaux-parents arrivent pour le week-end de la Pentecôte, le commissaire Dupin découvre que le médecin était investi dans de multiples domaines : une collection de tableaux, des brasseries et conserveries locales, des projets immobiliers, sans oublier la construction navale. Autant de sources de conflit, et de pistes à suivre. Pour démêler l’écheveau, il lui faudra attendre le retour de sa fidèle assistante Nolwenn, puis trouver un appui inattendu auprès de Simenon et de son roman Le Chien jaune, qui voit Maigret enquêter à Concarneau.

Merci aux éditions Presses de la Cité et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai passé quinze jours difficiles d’un point de vue professionnel, et là, je commence dix jours difficiles d’un point de vue… félin. Il ne s’agit pas ici de justifier pour quelles raisons j’ai moins apprécié ce livre que je ne l’aurai apprécié dans d’autres conditions, non. Il s’agit simplement de dire qu’un livre qui vous plait, vous emporte, vous émeut, le fera en toutes circonstances. Si j’ai lu ce livre, j’ai que j’ai apprécié les enquêtes précédentes que j’ai lu de cet auteur. Là, pourtant, la magie n’a pas opéré. Pourquoi ?

Je crois que la faute en ait à toutes les digressions qui prennent place au cours de ses deux jours d’enquête, au point que je me suis demandée comment l’enquête avait pu être résolue si rapidement. Alors oui, elle a pu l’être grâce à l’interaction entre la réalité et le roman, ou plutôt grâce à l’intertextualité. Enquête troublante à Concarneau est un hommage au Chien Jaune de Simenon, écrit après que l’écrivain a séjourné à Concarneau. Il se serait inspiré d’un authentique fait divers, et c’est à cause de cet authentique fait divers que le meurtre d’aujourd’hui aurait eu lieu. L’enquête actuelle bouclerait la boucle, en quelque sorte.

Oui, l’enquête fut résolue, et pourtant, j’ai eu un immense sentiment d’inachevé, non qu’il reste des zones d’ombres mais parce que certains arc narratifs n’ont pas été assez exploités. J’ébauche quelque chose ici, ah, non, finalement, je n’expliquerai pas ce qui s’est passé. J’ébauche une autre piste là, qui nous plonge dans le passé d’une des personnes qui gravite autour de la victime. Finalement, non, je n’irai pas au bout des choses non plus.

Et les appels téléphoniques… Je n’ai pas compté le nombre de fois où le commissaire a été interrompu lors d’un interrogatoire par un appel, cassant ainsi le rythme et de l’intrigue et de l’interrogatoire. Je ne compte plus non plus les interrogatoires qui n’ont pas servi à grand chose. Finalement, la partie la plus intéressante est sans doute celle où le commissaire déploie des efforts énormes pour retrouver Nolwenn, sa fidèle adjointe, la plus indispensable membre de son équipe, qui est partie en congé. Sans elle, tout tourne moins bien. Avec elle, tout avance plus vite.

J’ai aussi oublié le nombre de fois où la nourriture, que ce soit à la conserverie ou au restaurant, sera longuement décrite. Bizarrement, quand c’est le commissaire Montalbano qui fait une pause déjeuner, cela ne me pose pas de problème. Ici, cela m’a semblé totalement parasiter le récit, tout comme les interventions des beaux-parents du commissaire, venus passer le week-end en famille, et dont les apparitions ne feront guère avancer le récit – si ce n’est pour nous faire comprendre qu’Hélène ne tient pas son beau-fils en haute estime.

Enquête troublante à Concarneau ne fut pas une lecture désagréable. Elle ne fut pas inoubliable non plus.