Archive | 13 mars 2021

Isaac, caniche maniaque par Charles Mazarguil

éditions Poulpe fictions – 168 pages.

Mon avis :

Mais quel est ce sagouin, cet irresponsable ? Non, je ne parle pas d’Isaac, je parle de son maître Oscar ! Ce citadin célibataire a besoin de faire des rencontres, de s’aérer, du coup, il part en Espagne et laisse son fidèle compagnon à son cousin Hubert, dans une ferme, sans même se demander si son cher et tendre compagnon à quatre pattes sera bien traité. D’ailleurs, se préoccupe-t-il vraiment du soin à donner aux animaux autres que son caniche abricot de salon ? Je ne pense pas.

Son cousin est un fermier, un vrai de vrai, pour qui les animaux sont là pour le profit qu’il peut en tirer. Par conséquent, la place d’un animal est pour lui dehors, et il n’hésite pas à user de violence pour bien maintenir Isaac dans les limites qu’il lui a assignées. Je sens bien que, grâce à ce livre drôle, ou ce drôle de livre comme vous voudrez, on peut lancer un débat sur la place que l’on veut bien accorder aux animaux, ce paradoxe qui fait que certains sont choyés, comme Boris le chat et d’autres non, comme Barbie, la chienne, et ce, au sein d’un même foyer, alors que tous deux appartiennent à la catégorie des « animaux domestiques ».

Si pour Isaac, la vie à la ferme n’est pas la vie de château, il découvre très vite que c’est aussi le cas pour les autres animaux. D’ailleurs, certains disparaissent, comme Zog le cochon, frère de Zig et de Zag, ou des poulettes Aurore, Jasmine et Elsa, disparues, jamais revues. Si certains pensent à un complot extraterrestre, le lecteur aura sans doute compris pourquoi les animaux disparaissent pour ne plus revenir – même sans connaître La ferme des animaux d’Orwell, auquel le chapitre 12 rend hommage. Il faudra néanmoins qu’Isaac endosse une casquette de détective (virtuelle) et mette son flair à contribution pour tirer les choses au clair.

Que faire ? Eh bien, les animaux, sous la direction d’Isaac, vont agir, et c’est vraiment très drôle, tirant partie de leur union, qui fait leur force des faiblesses d’Hubert, qui semble méconnaître certains recoins de sa ferme. Ne ratez surtout pas l’épilogue de cette douloureuse aventure à la campagne (à mon avis, la suite risque d’être encore plus surprenante pour Isaac !).

Miss X et Mister Pog de Cécile Alix

éditions Poulpe fictions – 288 pages.

Présentation de l’éditeur :

Une super héroïne et un génie du mal mégalo !
Xochipilia, 12 ans, est experte en arts martiaux, mais elle ne se doutait pas qu’elle possédait en plus de ça des superpouvoirs ! Lorsque ceux-ci se révèlent, les événements se bousculent : alors qu’elle vient juste d’apprendre l’existence de Mister Pog, son oncle au cerveau maléfique et à l’ego surdimensionné, celui-ci est capturé par un chef mafieux ! Avec l’aide de son ami Noaim et du robot majordome Gustav, Miss X parviendra-t-elle à maîtriser ses pouvoirs et à sauver son oncle ?

Merci aux éditions Poulpe fictions et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Encore un roman que j’aurai aimé lire étant enfant ou adolescente. Bonne nouvelle : être adulte ne m’empêche pas de l’apprécier.

Pourtant, j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans : la mégalomanie de Mister Pog, ses nombreuses inventions, cela faisait presque trop – de même que la manière dont sa soeur jumelle, Scarlett, était passée de vie à trépas. Non, il a fallu que Xochipilia entre en scène pour que le roman me captive enfin, non parce qu’elle a des pouvoirs extraordinaires, non parce qu’elle vit, même dans son école bien différente des autres, des aventures qui sortent de l’ordinaire. Non, ce qui est intéressant chez elle, c’est qu’elle s’intéresse aux autres, qu’elle est capable de penser aux autres avant de penser à elle – ainsi Noaim, un adolescent doté lui aussi de grandes qualités.

Avoir Mister Pog comme oncle n’est pas un cadeau, c’est une évidence. Avoir un oncle qui dit du ton le plus naturel du monde « La nature a crée la sélection naturelle, j’ai crée la sélection assistée.  » encore moins. Un oncle qui décide en vitesse de se former pour l’éducation de sa nièce adolescente. Il n’aura guère de temps, le pauvre : un de ses clients n’est pas vraiment pas content, et v’lan, le mégalomaniaque inventeur de génie est capturé. Cause : être trop sûr de soi. Cela peut faire très mal – à la personne qui vous a kidnappé aussi, soyons honnête.

Oui, sa nièce va tenter de le libérer, aidé de Noaim – n’avais-je pas dit qu’elle avait tout d’une « vraie gentille » ? Elle a la chance d’avoir l’aide de Noaim, même s’il manque parfois de confiance en lui – quand il pratique une opération robotique compliqué, il se retrouve « suant comme un phoque dans un sauna ». Mais, s’il est un personnage que j’ai aimé entre tous, et qui m’a fortement rappelé celui de Jarvis dans Iron Man, c’est Gustav, le majordome. Gustav est un robot majordome distingué et inventif, au langage toujours châtié. Il lui arrive pourtant, avec toutes ses aventures, maintes péripéties. Il a même « pété les plombs » au sens propre et, quand la situation devient vraiment désespérante, le langage n’est plus châtié du tout – à la mode Gustav, bien sûr : « Nom d’un hastag putréfié ! »
Drôle, inventif, sachant aller là où l’on ne s’y attend pas et trouver des solutions qui sortent des sentiers battus, Miss X et Mister Pog est un joli roman d’aventures et d’espionnage.