Archive | 10 mars 2021

L’argent de monsieur Arne de Selma Lagerlof

Présentation de l’éditeur :

Monsieur Arne est un pasteur, riche propriétaire. Sa fortune en argent, qu’il garde dans un coffre, fait des envieux jusqu’au drame. Elsalil, sa fille adoptive, va se retrouver face à son destin, funeste

Mon avis :

Nous sommes dans un conte fantastique, si je puis qualifier ainsi cette oeuvre. Nous en sommes en Suède, c’est certain, une Suède où la foi se dispute avec la superstition. Monsieur Arne est pasteur. Il ne craint pas les malédictions, comme celle qui serait sur l’argent contenu dans son coffre. Il ne croit pas non plus les prémonitions de sa femme, qui, pourtant, entend aiguiser les couteaux qui viendront les tuer, eux et leurs hôtes quelques heures plus tard. Il n’y aura qu’une survivante, une jeune fille adoptée par les Arne. Thoarin, le premier personnage que nous avons croisé dans le récit, a survécu également – il faut dire qu’il était parti bien avant que les trois voleurs-assassins ne viennent. A lui, à Elsalil de venger les morts.

Pourquoi venger ? Parce que la justice a été curieusement aveugle. Personne n’a fait le rapprochement entre les trois criminels et les trois riches étrangers – je trouve d’ailleurs peu réalistes qu’ils aient pu écouler si vite l’argent volé, qu’ils aient pu si vite acquérir tant d’objets de luxe sans attirer les soupçons. Nous sommes dans un conte, et Elsalil se retrouve très vite devant un dilemme. Ce n’est pas elle qui a découvert l’identité des coupables, c’est le fantôme de sa sœur adoptive. Ce n’est pas elle qui ne trouve pas de repos dans la mort, c’est la jeune fille qui n’est plus qu’une ombre. Elsalil regrette la vie choyée qui était la sienne auprès des Arne, elle regrette peu ceux qui sont morts, finalement. Elle est aussi très naïve, n’ayant pas mesuré la dangerosité de ceux à qui elle s’attaque. Lui même n’a plus vraiment toute sa lucidité, étant tourmenté non par les remords, mais par une violence qui ne demandait qu’à s’exprimer.

C’est Thoarin qui a ouvert le récit, c’est lui, quasiment, qui le clôt. Témoin courageux, il n’hésite pas à agir là où d’autres ont reculé. La paix est à ce prix.

Les morts n’ont rien à souhaiter sinon de reposer en paix.