Archive | 3 février 2021

14 jours en mode survie de Sophie Rigal-Goulard

Présentation de l’éditeur :

Prêts pour une aventure extrême ? Amaury, 12 ans, Ahé, 11 ans et Alanis, 6 ans, ont peur de vivre des vacances cauchemardesques avec leur père. Ils vont randonner 14 jours dans le parc naturel du Queyras en renonçant à toute connexion, ployer sous leur lourd barda, se nourrir de ce que la nature leur offrira et se laver à l’eau glacée des torrents. La montagne, sauvage, va-t-elle les protéger ou… les défier ? Qui franchira le vertigineux pont de singe ? Qui perdra son sang-froid à la nuit tombée, en entendant de dangereux grognements ? Quand leur père se blesse au bras, les aînés paniquent…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour commencer, je dirai simplement que je ne pourrais même pas vivre une journée en mode survie ! Pendant que j’écris, j’ai une crise d’urticaire sur le bras droit, et une rhinite allergique tenace depuis hier. Et l’activité la plus dangereuse que j’ai faite ce week-end a peut-être été chercher mon courrier – corriger les copies ne compte pas. Je m’interroge aussi sur cette vogue des romans de littérature jeunesse (ou de littérature tout court) qui nous parle de survie, du meilleur moyen de vivre dans la nature si l’on se retrouvait privé de tout ce qui fait notre confort moderne. N’existe-t-il pas un moyen terme entre vivre entièrement dépendant de la technologie, et vivre sans eau, sans électricité, en pleine nature ? Je me suis même dit que quatorze jours vécus ainsi n’étaient pas toujours réalistes, vu l’âge d’Alanis (vu les soucis de santé que j’avais à cet âge, j’aurai fini chez le médecin au bout de trois jours) et celui d’Ahé (parce qu’il n’est jamais question dans ce roman des soucis qu’une adolescente peut avoir certains jours du mois).
Oui, j’ai commencé par émettre de très longues réserves, pour un roman qui reste agréable à lire, et qui comporte des traits d’humour bienvenu. Le jeune lecteur pourra passer un bon moment de lecture, à la condition sans doute que cela reste… de la lecture.

Et puis mourir de Jean-Luc Bizien

édition Fayard noir – 342 pages

Présentation de l’éditeur :

Plusieurs samedis d’affilée, alors que tous les services de police de France sont mobilisés par les manifestations des gilets jaunes, de meurtres sont commis dans les beaux quartiers de Paris. Cela pourrait être l’œuvre d’un déséquilibré qui aurait poussé jusqu’à la vengeance les revendications de justice sociale, mais le commandant Jean-Yves Le Guen n’y croit pas.
Avec son adjoint, le capitaine Patriziu Agostini, ils jouent contre la montre. Car l’idée d’un « meurtrier gilet jaune » menace de faire l’objet de récupérations politiques qui ne feraient qu’empirer la situation – et le prochain samedi de protestations se rapproche …

Merci à Netgalley et aux éditions Fayard pour ce partenariat.

Mon avis :

Quand j’ai entendu parler de la nouvelle collection Fayard noir, j’ai eu très envie de découvrir ce livre, pour deux raisons. Tout d’abord, j’aime beaucoup les romans de Jean-Luc Bizien, ensuite, je me demandais comment un romancier exploiterait ce contexte politico-social qui nous a tous touchés, même au fin fond des campagnes.

Une fois le livre terminé, je dois dire que je suis un peu déçue, parce que j’ai trouvé ce livre très classique. Les gilets jaunes sont là, oui, mais uniquement en toile de fond. Je n’ai pas été surprise par le mobile du tueur – et si je vous indiquais à quels autres romans il m’a fait penser, vous, lecteurs, comprendriez tout de suite de quoi il s’agit. Pour en dire simplement un peu plus, il s’agit de vengeance personnelle. Or, je pense toujours que la vengeance ne sert à rien, parce qu’elle ne répare rien, elle n’adoucit rien, elle ne rend pas justice et ne laisse qu’un grand vide une fois qu’elle a été assouvie. Si je peux ressentir la douleur de celui à qui justice n’a pas été rendue, l’empathie face à la victime, je ne peux éprouver aucune admiration,pour sa vengeance.

Quant au duo de policiers, il officie au bastion, nouveau siège de la police, qui a la lourde tâche de succéder au célèbre 36, quai des Orfèvres. C’est devenu un lieu commun de la littérature policière contemporaine, et je ne compte plus le nombre de romans qui parlent du départ du Quai, de l’arrivée au Bastion, de la nostalgie du Quai, même si le Bastion est plus confortable. Je suis lassée de lire cet éternel passage obligé. Jean-Yves Le Guen est un vieux de la vieille, plus proche de la retraite que de son début de carrière, et nostalgique, aussi, d’une certaine manière d’enquêter. Le capitaine Patriziu Agostini est pour un respect strict de la loi, des procédures. Policier, oui, juge non. Si Le Guen connaît ses limites, et ce qu’il s’autorise, Agostini découvrira les siennes au cours de cette enquête.

Et puis mourir est un policier classique, peut-être trop à mon goûts.