Archive | 30 janvier 2021

Prunelle, sorcière rebelle d’Agnès Laroche


Présentation de l’éditeur :

Prunelle est une sorcerelle qui pratique la magie douce pour améliorer la vie des habitants du comté de Tendreval. Un jour, instinctivement, elle lance un sort de magie forte, strictement réservé aux sorciers, les Eclaireurs. Or le père de Prunelle est le chef des Eclaireurs… Prunelle est confrontée à un dilemme : cacher la vérité à son père qu’elle adore ou lui avouer qu’elle a trahi sa confiance. Elle hésite, mais comment ignorer l’appel de la magie qui palpite en elle ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Ce qui m’a attiré en premier dans ce livre, c’est sa couverture, qui est absolument magnifique. Bonne nouvelle : le roman est tout aussi intéressant que le laissait présager la couverture. C’est le deuxième roman d’Agnès Laroche que je lis en peu de temps, et je trouve vraiment remarquable de parvenir à passer ainsi d’un genre (la littérature contemporaine) à un autre (la fantasy) avec la même profondeur.

Le comté de Tendreval est un monde magique et idyllique, un monde où les Eclaireurs et les sorcerelles prodiguent leurs bienfaits. Les sorcerelles rendent heureux, accomplissent toutes les actions qui permettent de remonter le moral. Les Eclaireurs, eux, accomplissent tous les sortilèges réellement utiles. Par choix ? Non. Les femmes n’ont pas le droit de pratiquer la magie forte. Pourquoi ? Parce qu’elles sont des femmes, elles n’ont pas les capacités, la force, le discernement pour pratiquer cette magie. Non, laissons-les faire ce pour quoi elles sont faites. Si ce discours vous semble désuet, il ne l’est pas tant que cela pour certaines personnes ! Oui, le comté de Tendreval est un univers de contes, avec sa magie, et ses interdits, si faciles à transgresser, finalement, mais aux conséquences particulièrement lourdes.

Hélas pour Prunelle, le chef des éclaireurs n’est autre que son père, et son frère, éclaireur lui aussi, entend bien faire respecter la loi, édictée par son père lui-même. A quoi sert d’être parmi les « bons » si personne ne vous empêche d’être cruel ?

J’ai aimé… une intrigue qui monte en puissance, un récit qui évolue et nous emmène toujours là où l’on ne s’y attendait pas. J’ai aimé un récit qui nous montre qu’isoler, ostracisé, ne résout aucun problème – surtout pas quand ceux qui prônent ses solutions sont aveugles.

J’attends le tome 2 avec impatience – en comptant beaucoup sur Nox.

 

Lewis caméléon métis de Justine Jotham

édition Poulpe fictions – 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Adopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux).
Né d’une mère lézard et d’un père caméléon qu’il n’a jamais connu, Lewis s’interroge sur ses origines. Il n’a qu’une hâte : découvrir la Gwaraïbe !
Surprises et amitiés l’y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.

Une drôle d’histoire sur le métissage, à hauteur de… caméléon !

Mon avis :

J’aime beaucoup cette collection des éditions Poulpe fictions. Le tout premier est Tarzan poney méchant de Cécile Alix, un poney unique ! D’autres ont suivi, qu’ils se nomment Caviar, Goliath ou Adèle. Aujourd’hui, c’est le tour de Lewis. Il est un caméléon rare, puisqu’il est métis. Il vit en France, dans une famille originale. Cependant, s’il grandit auprès de sa mère lézard, il aimerait connaître son père, un caméléon. Comme la famille Dupond-Durand ne manque pas d’originalité (oui, je me répète), ils décident de partir tous les cinq pour la Gwaraïbe. Oui, Lewis est du voyage ! Là bas, il part à la recherche d’une partie de ses origines.

Sous prétexte de nous parler d’animaux, le roman nous parle de la difficulté de vivre sans père, du métissage et du regard que portent les gens sur lui. Le métissage n’est pas un problème, c’est l’intolérance qui en est un.

Un joli roman de littérature jeunesse.