Vaisseau Humanité 2.0 de Christian Cogné

édition Kyklos – 256 pages

Quatrième de couverture :

Lors d’une manifestation à Damas en 2011, Jamal est arrêté par les agents de la Sûreté. Libéré par l’Armée syrienne libre dans son dernier lieu de détention à Idlib, il se met en quête de sa fille disparue. Jamal parcourt Damas, Palmyre, Alep. Lui, le metteur en scène reconnu pour son répertoire shakespearien interprète désormais des rôles improbables et affronte des événements tragiques qui tiennent lieu de théâtre.
Au cours de son périple, il retrouve Madj, un ancien codétenu apparemment fou, qui va le guider sous les puissants projecteurs du « Vaisseau Humanité ».
Un récit allégorique d’une humanité dangereusement en panne.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier le forum Partage-Lecture et les éditions Kyklos pour ce partenariat.

Parfois, je me demande comment un livre parviendra à trouver son public. En effet, parle-t-on encore dans les actualités, dans les journaux, de ce qui s’est passé ou de ce qui se passe encore en Syrie ? Non, pas vraiment.
Le personnage principal de ce récit, c’est Jamal. De la Syrie, il aura tout connu, lui qui fut un metteur en scène connu et reconnu, un amoureux des mots, de la poésie, de Shakespeare aussi. Tout connu, oui, surtout le pire, les années dans les geôles syriennes, et cette libération à laquelle il ne croit même plus quand elle arrive. Il est pourtant quelque chose qui l’a aidé à tenir, et c’est devenu son idée fixe : retrouver sa fille Nour.
Libéré ne veut pas dire être en sécurité – d’ailleurs, qui peut se targuer de l’être, en Syrie ? J’ai aimé toutes les rencontres qu’il a été amenées à faire au cours de son périple. Rencontres avec des lieus, victimes eux aussi, tel Alep ou Palmyre. Rencontres avec des hommes, des femmes. Certains sont des combattants, d’autres ont été obligés, par la force des choses, de devenir des combattants, à la fois pour survivre mais aussi pour que d’autres vivent. Il est aussi des personnages lumineux, des personnages qui gardent espoir, qui offrent de l’espoir, quoi qu’ils aient vécu – je pense à Aya, surtout.
Garder espoir, oui, même si cela paraît impossible sous les tirs des snipers, sous les bombes, garder espoir malgré l’obscurantisme qui recouvre tout de son voile noir. Je pense notamment au portrait qui est dressé de ces combattants étrangers, ceux qui sont venus d’Europe pour imposer une loi à un pays meurtri, un pays qui n’avait pas besoin d’un surcroit de fanatisme.
Si le sujet est tout sauf simple, l’écriture est cependant limpide et ose le mariage des genres, entre réalisme, fantastique et poésie.
Une oeuvre à découvrir.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.