Archive | 8 janvier 2021

Haines de Pierre Pouchairet

édition du Palémon – 280 pages.

Présentation de l’éditeur :

Après une longue période professionnelle dans les Stups à Nice (voir Mortels Trafics), Léanne vient d’être nommée à la tête de la Police judiciaire finistérienne, quand le sauvage assassinat d’une vieille dame, Corentine Ledantec, trouble la quiétude de la commune de Combrit en Pays bigouden. Qui pouvait en vouloir autant à cette nonagénaire, certes fielleuse ? L’enquête est confiée à la commandant qui lance les investigations avec des méthodes déroutant parfois ses collègues, mais pour elle, nécessité fait loi. Épaulée par ses amies de jeunesse – Élodie, devenue médecin légiste, et Vanessa, psychologue dans la police nationale – Léanne devra démêler l’écheveau des haines larvées qui animent les malfrats les plus retors comme les gens sans histoires.

Mon avis :

J’espère que vous n’avez rien contre les romans de Pierre Pouchairet. Non, parce qu’après recherches, j’ai découvert que j’en avais quatre dans ma PAL (quand je dis que j’accumule, que j’entasse, et que je ne lis pas forcément) ! De plus, j’ai vraiment beaucoup aimé la lecture de ce premier tome, logiquement, les tomes suivants ne resteront pas longtemps dans ma PAL.

L’héroïne, c’est Léanne. Je la rencontre pour la première fois. Normal, puisque c’est le premier livre que je lis de l’auteur, et le premier livre de la saga. Certes. Cependant, Léanne est déjà apparu dans un roman policier de Pierre Pouchairet, et j’ai une forte envie de lire ce titre. Léanne a dépassé la quarantaine, elle est célibataire, elle n’a pas d’enfants, et elle est très heureuse ainsi. Non, elle n’a pas choisi de sacrifier sa vie personnelle à sa carrière, elle a choisi de vivre comme elle l’entendait. Revenir en Bretagne, c’est revenir sur les lieux de son adolescence, c’est retrouver des amis, Elodie, devenue médecin légiste, et Vanessa, psychologue. Toutes les trois faisaient de la musique ensemble, et elles ont bien l’intention de retrouver leurs instruments. Voir des enquêtrices équilibrées et heureuses fait toujours plaisir.

Etre équilibrée est important quand il faut enquêter sur un meurtre sordide : une nonagénaire a été massacrée chez elle. Des vols, des agressions ont déjà eu lieu, jamais de tortures ou de meurtres. Qui peut être le responsable ? De plus, la mort de Corentine Ledantec ne soulève pas l’émotion attendue. Descendante des Plaideurs de Jean Racine, elle avait porté plainte contre ses voisins pour à peu près toutes les causes possibles. Elle n’était pas très proche ni de sa fille, ni de son gendre – pour faire court, elle ne pouvait pas les sentir. D’ailleurs, eux-mêmes ignoraient des pans entiers de la vie de Corentine. Le seul qui trouvait grâce à ses yeux était son petit-fils, introuvable. Une piste ?

Les méthodes de Léanne ne plaisent pas forcément à ses hommes, et certains le lui disent, posément. Ne pas apprécier est une chose, respecter sa hiérarchie, rester courtois et, il faut bien le dire, prudent, en est une autre : ses hommes soutiennent Léanne, en étant conscients des risques qu’elle prend. Je n’irai pas jusqu’à dire que Léanne a besoin de prendre des risques pour accomplir pleinement son travail mais presque. Et je ne pense pas que cela aille en s’arrangeant dans les tomes suivants (simple hypothèse de ma part).

Identifier le(s) coupable(s), c’est ce que l’on attend d’un policier. Comprendre le pourquoi de l’acte est une autre histoire, et il faudra à la fois remonter dans le passé, et dénouer une pelote de haines pour comprendre comment on en est arrivé là, et quel gâchis humain en a résulté.