Archive | 6 janvier 2021

L’île mystérieuse de Jules Verne

édition Folio – 928 pages

Présentation de l’éditeur :

L’Île mystérieuse raconte l’histoire de cinq personnages : l’ingénieur Cyrus Smith, son domestique Nab, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff et l’adolescent Harbert. Pour échapper au siège de Richmond pendant la guerre de Sécession, ils décident de fuir à l’aide d’un ballon, mais échouent sur une île déserte qu’ils baptiseront l’île Lincoln. Après avoir mené une exploration de l’île, ils s’y installent en colons mais quelque chose semble veiller sur eux : qui ? quoi ? comment ? et pourquoi ? Comment vont-ils survivre entre la vie sauvage et les personnes qui les entourent.

Mon avis : 

Lire ou relire les classiques, ce n’est pas toujours facile. J’ai beaucoup de mal avec les « pavés » signés Jules Verne. Je pense souvent à la fonction première des oeuvres de Verne. Ce sont des romans d’aventures, ce sont aussi des romans pédagogiques, qui montrent les ressources de la nature. Les héros de cette histoire en auront bien besoin. Les héros sont des hommes et un adolescent. Pas de femmes : les femmes ne partent pas à l’aventure. Les femmes ne lisent pas de romans non plus. Ces cinq hommes se sont échappés, grâce à un ballon, du siège de Richmond, et ont atterri sur une île non répertoriée sur les cartes.

Oui, ils vivront des aventures pendant les quatre années qu’ils passeront sur l’île. Le lecteur aura droit aussi à de très longues descriptions des espèces animales et végétales qu’ils découvriront sur l’île. En effet, il faut bien survivre, vivre, se nourrir, puis se loger, se vêtir. Être sur une île ne signifie pas un retour à la vie sauvage, plutôt une civilisation de l’île. Là aussi, le lecteur aura de longues explications sur la manière dont les cinq personnages auront réussi à aménager chaque partie de l’île, voire à domestiquer certains animaux. Je ne cache pas que j’ai trouvé certaines explications particulièrement fastidieuses. Néanmoins, elles montrent une grande ingéniosité, une capacité à reconnaître et à utiliser toutes les ressources de la nature.

Très vite, il apparaît cependant qu’ils ne sont pas aussi seuls sur cette île qu’ils le pensent. Un « mystérieux » bienfaiteur se cache sur cette île. Mais où ? Il n’est pas le seul, ai-je envie de dire. Avec le personnage d’Ayrton, c’est à la fois le mythe du naufragé et du révolté qui est revisité. Il montre aussi que changer profondément est possible, pour peu qu’on le désire, forcément.

Une île, oui, et aussi un refuge possible pour des pirates, ce qui va considérablement accélérer le rythme du récit pendant la troisième partie du roman. Nos héros auront de la chance, et aussi, toujours l’aide de ce bienfaiteur dont ils partiront à la recherche, quand tout sera apaisé, d’un point de vue humain. On ne guérit pas d’une blessure en deux temps trois mouvements, on ne chasse pas des convicts en deux minutes, on ne répare pas les dégâts qu’ils ont causés en un coup de baguette magique. Qui est ce bienfaiteur, je ne le dirai pas, puisque certains connaissent déjà la réponse, et qu’un des personnages ici présents connaissait aussi ses aventures. Disons que c’est lever le voile sur des secrets, et offrir une belle conclusion romanesque à une autre oeuvre. Il pose aussi la question de la rédemption. Pour Spilett, pour Smith, elle est toujours possible, et ils se gardent bien de condamner.