Archive | 31 décembre 2020

A la mémoire des morts d’Anne Perry

Présentation de l’éditeur :

Depuis quatre ans, la Grande Guerre ravage l’Europe. Quatre longues années pendant lesquelles la famille Reavley a payé un lourd tribut à la barbarie. Engagés au front, ou œuvrant à l’arrière dans l’ombre des services secrets, Joseph, Hannah, Judith, et Matthew ont tous la même obsession : retrouver l’insaisissable Pacificateur, machiavélique auteur d’un complot international et commanditaire du meurtre de leurs parents.
Lorsqu’un de ses collaborateurs en Allemagne décide de se rendre, ils croient toucher enfin au but. Réunis à Ypres où les combats font rage, alors que l’heure de l’armistice approche, les Reavley doivent convoyer le précieux émissaire, blessé, jusqu’à Londres, mais un meurtre atroce est commis, remettant tous leurs projets en question. Sous les obus, la famille Reavley serre les rangs avec l’espoir de voir la fin d’un cauchemar qui les a marqués à jamais. Mais nul n’en sortira indemne…

Mon avis :

Je voulais quitter l’année 2020 en terminant cette série, ce que je fais « à l’arrachée ».
Je reconnais que, pour le cinquième et dernier tome de la saga des frères Reavley, le titre est particulièrement bien choisi. Les morts sont là, et bien là, témoins de quatre années d’effroyables boucheries, d’effroyables gâchis.

– Qui est mort ? demanda Mason, fébrile.
– La moitié de l’Europe, répliqua le caporal.

Mason, le valeureux correspondant de guerre, a choisi d’aider Joseph et Matthew Reavley à démasquer le Pacificateur. Et « aider » n’est pas un mot vide de sens. Jamais au cours des cinq tomes qui ont constitué la série, je n’aurai lu autant de fureurs, autant de blessures, autant de violences, autant de colères exacerbées. Même si l’Angleterre gagne la guerre, e qu’elle a perdu est immense, pas seulement en termes de vies humaines, mais aussi en termes de valeur. Pourquoi s’est-on battu ? Quelles valeurs a-t-on défendues ? Quelles valeurs a-t-on su préserver ? Et, aussi, certains sont-ils prêts à accepter l’évolution de la société ? La réponse est dans la question.
Matthew, pour la première fois, se retrouve véritablement au front. Pour la première fois, il voit son frère non plus comme son frère, mais comme le pasteur qui a passé quatre ans dans les tranchées, entre les mutilés, les blessés, les morts. Et, pour la première fois aussi, il devra compter personnellement sur les talents d’enquêteur de son frère – et de sa soeur. Tous les trois paieront abondamment de leur personne alors que beaucoup, autour d’eux, semblent avoir perdu le sens de la mesure. Et si Joseph, Judith, ne peuvent mettre en doute la loyauté, le courage de ceux qu’ils côtoient depuis quatre ans (et qui ont réussi à survivre), force est de constater que le meurtre, atroce, qui a été commis, a bien été commis par un de ceux qui défie la mort quotidiennement.
La quatrième de couverture l’annonce : ils n’en sortiront pas indemnes. Jamais le lecteur n’aurait pu imaginer ce qu’ils traverseraient. Et l’ultime page conclut la saga sans un mot de trop.

Un Noël près de la Tamise d’Anne Perry

édition 10/18 – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Un orphelin enquête sur le kidnapping d’une jeune femme et découvre que sa disparition cache plus qu’il n’y paraît : sous la plume enneigée d’Anne Perry, les rues pavées et les petits salons du vieux Londres bruissent toujours de complots.

Worm, un gamin des rues âgé de neuf ans, vit sur les rives de la Tamise et il n’a jamais passé un Noël en famille. Mais grâce à un petit boulot dans la clinique d’Hester Monk à Portpool Lane, la douce Miss Claudine Burroughs et Squeaky Robinson, un vieux comptable bougon, deviennent sa famille adoptive.

Mon avis :

J’ai trois tomes de retard pour les histoires de Noël signée Anne Perry. Tant pis :j’ai lu celle de cette année, qui nous entraîne dans l’univers de Monk, l’enquêteur d’Ane Perry que je connais le moins.

Comme souvent, dans les intrigues de Noël, ce n’est pas l’intrigue policière proprement dite qui est intéressante, mais les personnages que nous croisons. Nous avons ici Squeaky, que je serai bien en peine de présenter dans une enquête traditionnelle de Monk, et Worm, jeune orphelin qui vit dans un foyer pour femmes à Londres. Je considère d’ailleurs que, dans ce récit, Londres est un personnage à part entière, tout comme peuvent l’être les bords de la Tamise, où se vivent des vies que la plupart des londoniens ignorent.

Worm, lui qui a dû survivre dans la rue, voit tout, observe tout, notamment quand il voit une belle jeune femme innocente brutalisée par deux hommes. Il a neuf ans, et ne se pose pas la question de savoir pourquoi elle accepte malgré tout de les suivre. Pourquoi accepter cette violence ? Il faudra le regard de Squeaky, revenu de tout, qui a tout vu aussi, tout cotoyé, pour donner un autre point de vue sur ce qui se passe. Il est question de violence, d’or, de meurtres et de vengeance. Mais il est surtout question de Noël, de l’esprit de Noël, qui n’en a que faire (encore heureux) que certains se tapent dessus à cause de ce qu’ils ont fait. Oui, c’est Noël, et c’est toujours mieux de le voir à travers les yeux de Worm, ce gamin des rues qui s’est trouvé une famille et qui entend bien protéger les autres, même celle qui n’a pas compris à quel point elle prenait des risques, à quel point elle avait, peut-être, idéalisé son passé. Et si vous voulez un personnage pas idéaliste mais courageux, n’oubliez pas Squeaky.