Archive | 20 décembre 2020

Le spleen de Souricette Catherine Kembellec et Annie Kergoat

Présentation de l’éditeur :

Cet ouvrage s’inscrit dans notre collection Pour Dire:
Suffit-il d’avoir de grandes oreilles pour savoir écouter les autres et en particulier les amis ? Sinon, que faut-il de plus? Pour le savoir, découvrez les aventures de Souricette et son amitié avec Eléphas.
Habituer nos jeunes enfants à écouter les autres, à manifester un peu d’empathie, voilà le souhait de l’auteure de cette petite fable.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions à mots contés et Babélio pour l’envoi de ce bel album.
Une petite souris et un éléphant sont amis. Eléphas, quoi qu’il arrive, peut toujours compter sur Souricette, soit pour lui confier ses peines, soit pour l’aider. En revanche, celui-ci ne prête pas une oreille attentive aux problèmes bien réels rencontrés par Souricette. Elle décide de prendre ses maux en patience, d’abord, puis de voyager, en un périple qui lui fera rencontrer d’autres personnes, bien plus à l’écoute qu’Eléphas.
Ce que j’ai aimé dans cet album tout d’abord, ce sont les superbes illustrations d’Annie Kergoat. Elles sont colorées, chaleureuses, harmonieuses, les paysages, aux formes arrondies, invitent à la rêverie et à la créativité.
L’histoire, destiné aux élèves de maternelle ou de CP, est répétitive, parce qu’il est important, aussi, de répéter les situations pour montrer que Souricette fait preuve d’empathie, qu’elle est toujours prête à être là pour les autres alors qu’Eléphas est entièrement centré sur lui-même. La répétition des situations permet aussi de faire des pauses dans la lecture, pour échanger avec l’enfant. De même, la fin devrait permettre au jeune lecteur d’imaginer ce que Souricette raconte à Eléphas au sujet de son voyage, mais aussi la confidence, chuchotée à l’oreille de l’éléphanteau qui provoque chez lui une prise de conscience, puis de verbaliser ses épisodes.
Et pourquoi pas… imaginer aussi le point de vue de l’escargot, présent dès la première page, et qui lui non plus n’hésite pas à faire son baluchon pour parcourir le monde ?
Une belle aventure conté

Lots of love de Francis et Frances Scott Fitzgerald

édition Le livre de poche – 275 pages

Présentation de l’éditeur :

Francis Scott Fitzgerald (1896-1940) et sa fille Frances Scott Fitzgerald (1921-1986) se sont écrit régulièrement pendant les quatre dernières années de la vie du romancier. Des lettres graves, parfois sentencieuses, toujours sensées lorsqu’elles viennent du père, bien plus légères et, à l’occasion irritantes, lorsqu’elles viennent de la fille. Toujours empreintes d’un amour et d’une sincérité sans bornes. Pendant que Zelda, l’épouse et la mère, abattue par la maladie, souffre le plus souvent en clinique, les Fitzgerald père et fille tentent de tenir tête à la vie en s’accrochant l’un à l’autre. Les lettres de Scottie sont toutes inédites en France, et une grande partie de celles de Scott n’avaient jamais encore été publiées.

Mon avis :

Ce recueil de lettres était dans ma PAL depuis longtemps, très longtemps, trop longtemps, et il était largement temps de l’en sortir. Ces lettres ont été échangées pendant quatre années, de 1936 à 1940, date de la mort à 44 de Francis Scott Fitzgerald. Faut-il répéter à quel point il a brûlé sa vie et son talent par les deux bouts ? Faut-il répéter que son âge d’or est derrière lui, qu’il date d’avant la crise de 1929 qui a changé beaucoup de choses aux Etats-Unis et dans le monde ? Fitzgerald travaille désormais, ou essaie de travailler pour les studios hollywoodiens. Il écrit des scénarios, qui sont souvent refusés, quand il n’est tout simplement pas crédité au générique. Il a besoin d’argent, pour vivre (logique), mais aussi pour Zelda, qui est internée, et pour Scottie, leur fille.

Dans ces lettres, Francis Scott Fitzgerald n’est pas un écrivain, il est avant tout un père. Il n’oublie pas de joindre à chaque lettre un chèque, et Scottie le dira : c’est davantage ce chèque, dont elle avait besoin, auquel elle faisait attention, que le courrier lui-même. « Je savais bien que ses lettres étaient des chefs-d’oeuvre. J’aurais souhaité lui témoigner davantage mon estime, mais naturellement, je ne soupçonnais pas qu’il mourrait si tôt »

Compter, compter, et encore compter. Oui, Fitzgerald a dépensé beaucoup quand il avait les moyens. Il sait néanmoins compter au plus juste chaque dépense, les nouveaux vêtements dont Scottie a besoin, ses sorties, ses voyages aussi. Il sait la tancer vertement, et plus encore quand elle contrevient au règlement de son pensionnat, et l’une de ses lettres, tout en reproches froids, mesurés et cinglants, est un modèle de ce que la colère paternelle peut produire de plus redoutable. La colère et la peur : Francis Scott Fitzgerald le dit, il craint que sa fille ne souffre de son hérédité et ne développe un jour les mêmes troubles que sa mère, il veut tout faire pour l’en empêcher. C’est pour cette raison qu’il l’encourage fortement à faire et à terminer ses études. Se marier, oui, mais plus tard – il l’encourage d’ailleurs à rechercher les étudiants en droit (Scottie épousera un avocat). Lucide, il l’encourage aussi à se méfier des gens qui s’intéressent à elle ou veulent profiter d’elle parce qu’elle se nomme Fitzgerald.

Dit ainsi, on aurait l’impression que j’oublie l’essentiel : ces lettres sont un témoignage unique de l’amour d’un père pour sa fille, d’une fille pour son père. Et c’est suffisamment rare dans la littérature pour que ce soit dit et répété.

Alors, que vous connaissiez bien l’oeuvre de Fitzgerald, ou que vous ne la connaissiez pas du tout, n’hésitez pas à découvrir ce recueil « lots of love ».

Je vous rappelle que le challenge Challenge Fitzgerald et les enfants du jazz. court toujours.