Archive | 16 décembre 2020

Ténèbres, prenez moi la main de Dennis Lehane

Mon avis :

Ce livre est seulement, après Shutter Island et Mystic river, le second titre que je lis de Dennis Lehane – pas faute d’avoir plusieurs de ses romans dans ma PAL. Mon premier constat est simple, les fans n’auront que faire de mon avis, ils auront lu le livre. Quant à ceux qui ne connaissent pas Dennis Lehane, je ne suis pas certaine qu’ils se tournent vers ce titre – parce qu’il n’est pas récent, et que l’immédiateté a une place (trop) importante en littérature.

Premier fait : le titre est magnifique, et c’est ce titre qui m’a donné envie de le lire et de proposer, inlassablement, le mot « ténèbres » pour le challenge « Un mot, des titres ». Et, bien sûr, le titre va parfaitement à cette intrigue, des plus sombres, noires, désespérées. Une intrigue qui puise dans le passé de chacun des personnages, y compris celui de Patrick Kenzie, passé qu’il avait oublié, et non occulté – parce qu’il est impossible de se souvenir de tous les détails de son enfance.

Oui, je crois que « noirceur » est le mot qui s’applique le mieux pour parler de cette intrigue, dans laquelle la vengeance personnelle a cédé la place, depuis trop longtemps, à la justice. Ce n’est pas un questionnement sur le système judiciaire américain, c’est un constat : il est beaucoup trop de gens qui prétendent rendre la justice eux-mêmes. Il est beaucoup trop de personnes, aussi, qui connaissent bien les rouages du système judiciaire et qui s’en servent pour leur avantage ou leur profit. Les dommages collatéraux ? Ils n’y pensent même pas, puisqu’ils estiment avoir rendu la justice.

Patrick et Angela ne devaient, au départ, qu’exercer une surveillance de routine, chacun ayant trouvé une certaine stabilité dans sa vie privée, couple pour Patrick, divorce d’un mari violent pour Angela. Ils se retrouvent à devoir traquer puis se protéger de tueurs qui prouvent à eux seuls toutes les failles du système.

En ai-je trop dit ou pas assez ? Peu importe. Le style de Dennis Lehane, remarquable, vaut à lui seule la lecture.