Archive | 6 octobre 2020

Roses de printemps de Dot Hutchison

Présentation de l’éditeur :

Quatre mois après l’explosion du « Jardin », où de très jeunes femmes étaient séquestrées, les agents du FBI Brandon Eddison, Victor Hanoverian et Mercedes Ramirez continuent de gérer « l’après » et d’aider les survivantes traumatisées à se reconstruire. Mais avec l’hiver qui s’achève, une nouvelle épreuve attend les trois agents : comme à chaque début de printemps depuis plus d’une décennie, une jeune femme sera bientôt retrouvée morte dans une église, la gorge tranchée et son cadavre entouré de fleurs. C’est ce qui est arrivé à la sœur de Priya Sravasti. Désormais, elle et sa mère sont installées dans le Colorado où elles tentent de prendre un nouveau départ. Mais les fantômes du passé ressurgissent et Priya semble être la nouvelle cible du tueur. Pour le coincer, le FBI compte sur l’aide de la jeune femme. Mais le danger n’est pas forcément là où ils le croient… Et si, contre toute attente, c’était la proie elle-même qui devenait finalement le prédateur ?

Merci aux éditions Amazon publishing et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Peu de romans traitent de « l’après » – ce moment où tout est censé aller bien. Le « jardin », ce lieu où étaient retenues prisonnières de jeunes femmes, jusqu’à leur date de péremption, a beau avoir explosé, les coupables mort (pour l’un) ou sous les verrous (pour les autres), les survivantes souffrent, ont du mal, doivent affronter le regard des autres, de ceux qui les jugent, comme si les coupables c’était elles, et non leurs bourreaux. Le premier tome, le jardin des papillons, avait été virtuose dans son art de nous montrer l’enfermement. Ici, il nous montre la tentative de ces jeunes femmes pour revenir dans le monde, pour reprendre, comme Innara essaie de le faire, le cours de leur vie là où elle s’était arrêtée.

Mais pas seulement. Il n’est que dans les séries télévisées que les enquêteurs peuvent travailler sur une seule enquête en même temps. Ici, Brandon Eddison, Victor Hanoverian et Mercedes Ramirez, aidés par Yvonne, doivent faire avec cette enquête qui revient inlassablement, année après après, parce qu’à chaque printemps, le tueur fait une nouvelle victime. A chaque fois, il tue une jeune fille dans une église, et entoure son cadavre de fleurs – chaque année, des fleurs différentes. Chaque année, de toutes jeunes filles, mais des jeunes filles qui ne correspondent pas à un profil particulier. Un tueur qui a réussi à ne pas se faire prendre pendant plus de dix ans, un tueur qui ne tue qu’une fois par an est d’autant plus insaisissable. Quand les familles pourront-elles mettre un nom sur celui qui les a privés de leur fille, de leur soeur ?

Parmi elle, Priya Sravasti. Elle a maintenant l’âge qu’avait sa soeur quand elle a été assassinée, cinq ans plus tôt. Elle a tissé des liens avec les enquêteurs, ceux qui, année après année, tentent de découvrir qui, tentent d’empêcher un nouveau meurtre. Elle aussi veut savoir et se demande ce qu’elle ressentira pour le jour où elle se retrouvera face à lui. Priya  et sa mère sont des battantes, Priya et sa mère ont surmonté bien des épreuves, et surtout, elles ont appris à vivre avec, avec le souvenir de Chavi, avec les images de sa mort, avec ce qui les unissait et que la mort n’a pas défait. Et les deux femmes font front, de manière bien plus combattive que l’on ne peut le croire.

Course contre la montre ? Pas seulement, parce que cette course est devenue un marathon, face à un tueur qui n’a commis aucune erreur, du moins aucune qui n’ait pu être détectée. Ce récit montre aussi la fascination que certains enquêteurs peuvent avoir pour les affaires non résolues – pensant qu’eux, peut-être, auraient pu faire mieux, ou qu’ils sont capables, là, maintenant, tout de suite de prouver qu’ils font mieux. Ils sont presque aussi effrayants que les tueurs, tant ils en oublient l’humain derrière le numéro de dossier.

Rose de printemps est un polar solidement construit, qui comportent des personnages avec lesquels j’ai aimé partager une intrigue dans laquelle l’humain n’est jamais oublié.