Archive | 5 octobre 2020

Le sel de tous les oublis de Yasmina Khadra

édition Julliard – 256 pages.

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins.
Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d’esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu’au jour où il est rattrapé par ses vieux démons.

Merci aux éditions Julliard et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’admets que j’ai eu du mal à voir où l’auteur voulait en venir avec ce livre. D’abord, le sujet implicite semble évident : il s’agit de dresser un portrait de l’Algérie d’après l’indépendance, de montrer ce qu’il advenait des vainqueurs, mais surtout de ceux pour qui rien n’avait réellement changé, sauf peut-être l’identité de ceux qui les persécutent. Puis, il faut bien faire avec Adem, le personnage principal. Il est quitté par sa femme, et lui abandonne tout, part sur les routes, fait des rencontres qui ne changent finalement pas grand chose à sa vie. S’amende-t-il, s’améliore-t-il, s’interroge-t-il sur ce qu’il a fait, sur ce qu’il fait ? Non. Et pourtant, il en fera, des rencontres extraordinaires, il en rencontrera, des personnages chaleureux, positifs, qui eux aussi ont traversé les épreuves, et ont su donner un sens à leur vie. Lui reste égal à lui-même, non pas muré dans sa douleur, mais buté dans son orgueil, sa volonté de rester seul au milieu des autres. Si la fin du récit se teinte de fantastique, elle ne lui apporte aucune rédemption, comme s’il avait raté chaque moment ou presque où sa vie aurait pu prendre un nouveau tournant.