Darling, tome 1 : #automne de Julien Dufresne-Lamy et Charlotte Erlih

édition Acte sud junior – 352 pages.

Présentation de l’éditeur :

Le jour de la rentrée, après les cours, May reçoit un mystérieux message d’un compte Insta privé : « Tu étais si jolie aujourd’hui… ». Signé Y. Ce message est le premier d’une longue série. May est d’abord inquiète, méfiante, elle pense à toutes ces histoires d’emprise virtuelle – Y serait un pédophile ? un recruteur de Daesh ? un garçon torturé ? Mais puisque Y lui écrit tous les jours, sur un mode doux et romantique, May se sent de plus en plus rassurée. Y est adorable et il semble la connaître de près. Très vite, un jeu intense se crée entre les deux ..

Merci aux éditions Acte Sud junior et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai toujours peur, en lisant un roman de littérature jeunesse ou adolescente, que celui-ci ne trouve pas son public, noyé qu’il sera dans la multitude des parutions, plus encore dans cette période post-confinement. Trois tomes suivants sont prévus, j’espère sincèrement qu’ils paraîtront.
Nous sommes dans un lycée, nous sommes au milieu d’adolescents, dans un monde où le virtuel a autant d’importance, si ce n’est plus, que le réel. Prenons May et Néo, les deux personnages principaux. Ils sont jumeaux – un garçon, une fille. Ils ont réussi à obtenir, pour la première fois, de n’être pas dans la même classe au lycée. Mais chut ! Il ne faut pas que leur mère-tigre soit au courant, elle ferait immédiatement un scandale au lycée, et cela en serait fini de cette belle indépendance – pour ma part, je trouve bon que des frères et sœurs, jumeaux ou pas, puissent avoir chacun, au sein d’un établissement scolaire, leur propre univers, professeurs différents, amis différents. Seulement voilà, si May et Neo ont souhaité être séparés, c’est aussi parce qu’ils sont devenus différents. May est devenue la fille la plus populaire du lycée, mince et élégante, son passé hors taille mannequin est derrière elle, alors que Neo, lui, geek devant l’éternel, a toujours cette silhouette ronde qui entraine moquerie et isolement. Oui, la grossophobie existe, et ce n’est pas parce qu’elle est dénoncée dans un roman que les auteurs sont grossophobes (ou, comme diraient des ados, ce n’est pas parce qu’un personnage est méchant que l’acteur qui le joue l’est).
May reçoit, sur son compte Instagram, des messages d’un mystérieux Y., qu’elle identifie immédiatement comme un garçon (Y ou le chromosome masculin) d’autant plus que ses messages sont autant de déclarations d’amour à peine masquées, au contraire de son identité. Nous, les adultes, avons beau passé notre temps à prévenir les adolescents des dangers d’internet, dangers qu’ils connaissent, et ne mesurent pas, force est de constater que May, comme tous les autres ados de son lycée ou presque, est totalement accro, et finit par répondre à Y, et à chercher qui cette personne, qui la connaît si bien, peut être.
Au-delà de ce récit sur ce qui est sûr et ce qui ne l’est pas sur internet, il faut lire aussi les différentes interactions entre ce moi virtuel, construit pour donner une certaine image, entre ce que l’on peut dire ou montrer des autres aussi – quelle rumeur donner en pâture à ses followers ? On a beau répéter que l’adolescence est un âge difficile, je suis toujours consternée quand je vois le manque de tolérance et l’uniformisation que l’on peut trouver dans certains établissements scolaires. N’oublions pas l’homophobie galopante, et le racisme à peine voilé, parfois. Le monde virtuel peut ainsi apporter un soutien que l’on ne trouve pas toujours dans la vraie vie. Reste à savoir ce que l’on attend vraiment de l’autre, de l’être aimé – l’aime-t-on pour soi, ou pour lui-même ? Encore un vaste sujet.

4 réflexions sur “Darling, tome 1 : #automne de Julien Dufresne-Lamy et Charlotte Erlih

  1. Comme ça je n’aurais pas été super attitrée mais j’aime beaucoup ce que dit du livre avec cette réflexion autour du virtuel et des différentes thématiques abordées. Quant au fait que dénoncer ne veut pas dire approuver, je crois que c’est important de le rappeler comme tu le fais ayant parfois l’impression que certains lecteurs ont perdu cet esprit critique qui permet justement de comprendre le vrai message d’un auteur.

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