Porc braisé d’An yu

édition Delcourt -200 pages

Présentation de l’éditeur :

Un matin d’automne, Jia Jia pousse la porte de la salle de bains de son opulent appartement de Pékin et découvre son mari sans vie dans la baignoire. Il a laissé pour elle, sur le lavabo, le dessin énigmatique d’un homme poisson. Cette étrange figure aquatique ne cessera dès lors de la hanter.
Perdue et sous le choc, Jia Jia déambule dans la ville, boit plus que de raison, et noue peu à peu une relation avec un barman, Leo, susceptible de lui donner l’amour qu’elle croyait impossible.
Libérée d’un mariage asphyxiant, Jia Jia se redécouvre, renoue avec sa passion pour la peinture et affronte son passé et toutes ces choses que ceux qu’elle aime ont trop longtemps tues. Une odyssée intérieure qui la mènera jusqu’aux plateaux du Tibet et cet autre monde auquel elle aspire et qui la terrifie.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier le Handbo(o)k Club et les Éditions Delcourt pour ce partenariat.

Jia Jia est veuve. Elle souffre. Elle ne souffre pas de la mort de son mari, non, même si le choc de l’avoir trouvé mort dans sa baignoire a été bien réel. Elle souffrir de ne pas avoir mal, de ne pas être triste, d’être même soulagée d’être délivrée de ce mariage qui n’en était plus vraiment un, à condition qu’il en ait été un, à une époque. Oui, Chang était riche, oui, elle ne manquait strictement de rien, si ce n’est d’amour et d’attention. Son mari ne dénigrait-il pas le fait qu’elle soit artiste peintre, ne l’avait-il pas fortement encouragé à cesser cette activité ? Si. Un enfant ? Il en avait été question, mais le délitement du mariage a repoussé le projet jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de mariage.

Jia Jia est seule, désormais, libre aussi de faire ce qu’elle veut, de reprendre le cours de ses aspirations artistiques, libre aussi de faire le bilan de ce qu’a été sa vie, et de ce qu’elle veut pour sa vie. Porc braisé, c’est le portrait tout en sensibilité de cette jeune trentenaire et aussi des personnes qui l’entourent, celles avec qui elle tisse des liens, comme Leo, ce barman par qui elle est attirée, et avec lequel elle découvre que certains ne sont pas encore prêts à se libérer du poids des traditions, des superstitions. D’autres tentent de renouer des liens avec elle, son père, sa belle-mère et Jia Jia de partir à la recherche de son passé, du passé de ses parents, pour comprendre aussi pourquoi elle est devenue celle qu’elle est devenue, pour comprendre aussi, mieux, la personnalité de sa mère.

Un voyage, ce sont des rencontres, avec soi, avec les autres. C’est aussi l’occasion de se plonger dans un univers onirique et ténébreux, entraînant le roman à la limite du genre fantastique, mais toujours avec poésie.

Un très beau premier roman.

 

2 réflexions sur “Porc braisé d’An yu

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