Archive | 10 septembre 2020

Terminal 4 d’Hervé Jourdain

édition Fleuve noir – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Quand un corps carbonisé est retrouvé dans une voiture aux abords de l’aéroport Charles de Gaulle, Zoé et Lola sont loin d’imaginer jusqu’où va les mener leur enquête. Conflits entre taxis et VTC clandestins, militants installés aux abords des pistes pour lutter contre le projet du nouveau terminal, et luttes politico-économiques autour de la pollution atmosphérique générée par l’aéronautique, tels sont les enjeux auxquels elles vont être confrontées.

Merci à Netgalley et à Fleuvenoir pour ce partenariat.

Mon avis :

Terminal 4 – roman policier actuel, première lecture pour moi d’un roman d’Hervé Jourdain. Ce roman se déroule presque entièrement à l’aéroport Charles de Gaulle. C’était d’abord un lieu de vie. Nous découvrons ceux qui y travaillent et ils sont nombreux, que leur présence soit légitime ou non, ceux qui permettent aux passagers d’aller à cet aéroport ou de le quitter – ils ont parfois des secrets à cacher. Nous avons ici l’endroit du décor, mais à l’envers, ce sont les SDF, les clandestins, ceux qui ne veulent pas être vus, ceux que personne ne veut voir, sauf à trouver moyen de les exclure. De la vie à la mort, il n’y a quasiment qu’un pas, quand le corps de Sabrina est retrouvé : la jeune femme était vivante quand le feu a été mis aux taxis. Qui a pu vouloir tuer cette jeune femme brillante et investie, qui allait jusqu’au bout de ses convictions ?

Pour trouver le coupable, le lieutenant Zoé Déchaume et la capitaine Lola Rivière enquêtent, et verront leur lot de violence – si Sabrina est morte, d’autres personnes seront tabassées, agressées, sans retenue. Et enquêter, c’est trouver les enjeux de ce crime, ce qui se cache derrière le travail que faisait Sabrina, les enjeux écologiques avec la taxe sur le kérosène, les enjeux économiques, avec l’impact possible sur la construction du nouveau terminal, sur le trafic aérien et sur les moyens de transport (plus de passagers, plus de taxis). L’aspect humain ? Il est difficile d’aller au bout de ses conviction, alors que tant d’autres font des compromissions, font attention à leur image, si importante pour leur carrière : il y a celle que l’on donne, celle qui convient, et qui n’a souvent pas de rapports avec la réalité. Comme trop souvent, le paraître l’emporte sur l’être et engendre des drames.

Zoé, Lola, iront jusqu’au bout des choses. Cela ne les empêche pas d’avoir une vie privée, et, pour Lola, de vouloir véritablement profiter de la vie, en dépit de sa maladie. Même si elles peuvent commettre des erreurs, toutes les deux n’ont qu’une envie : rendre justice à Sabrina.