Archive | 9 septembre 2020

Le jeu d’Hiroki d’Eric Senabre

Présentation de l’éditeur :

Le jeune Hiroki vient tout juste d’emménager avec son papa dans la banlieue de Tokyo. En rangeant des cartons, il découvre une ancienne console et son jeu vidéo en réseau, mais son père lui affirme que celui-ci ne peut pas fonctionner car le serveur n’existe plus. Hiroki tente néanmoins de la brancher, et au milieu de la nuit, celui-ci s’allume ! Et sur l’écran, un personnage appelle au secours, un personnage virtuel qui connaît son nom !!!… Accompagné de son amie Emiko, Hiroki va tenter D’en découvrir l’identité. La révélation sera de taille : il y a dix ans, une joueuse a été happée dans le jeu et en restée prisonnière. Un incident nucléaire en est peut-être la cause… Comment l’aider et lui permettre de réintégrer son corps ?

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aime beaucoup l’oeuvre d’Eric Senabre. Non, je n’ai pas tout lu, je n’ai toujours pas découvert Sublutetia (la trilogie est dans ma PAL), j’ai cependant lu beaucoup et je sais que je risque peu d’être déçue.
A nouveau, j’ai apprécié cette lecture qui, comme Megumi et le fantôme, nous fait découvrir le Japon. Ici, nous sommes dans la banlieue de Tokyo avec Hiroki et son père – sa mère est décédée. En fouillant dans les cartons, Hiroki, passionné par les jeux vidéo, découvre une ancienne console de jeux, et un jeu qui n’a eu que peu d’existence. Il ne devrait plus fonctionner, le réseau n’existant plus, et pourtant Hiroki parvient à allumer la console et à entrer dans le jeu, pas pour longtemps, certes, mais c’est une première étape. Il découvre alors un univers foisonnant, et une jeune femme qui est partie prenante du jeu – qui peut donc jouer en réseau sur un réseau qui n’existe plus ?
Tous les mystères ne seront pas éclaircis, et c’est bien aussi de laisser une part à l’imagination des jeunes lecteurs. Nous saurons cependant qu’Hiroki est capable de nouer de solides liens d’amitié avec sa jeune voisine – et que l’école ne s’arrête jamais tout à fait au Japon. Nous découvrirons aussi la personnalité colorée de l’oncle Daisuke, qui serait proche des yakusas. Du moins, c’est ce que lui plaît à faire croire, lui qui fuit visiblement un danger et n’hésite pas à accélérer le mouvement quand il se sent véritablement menacé – tout une aventure d’avoir un oncle, ou plutôt un grand-oncle aussi inventif. « J’en fais mon affaire » semble être sa devise. L’aventure n’exclut pas la poésie, et il y en a dans ce texte, dans ces descriptions, dans ses ombres aussi. Chacun a ses secrets, certains sont simplement plus gros que d’autres.
Est-il besoin d’être fan de jeux vidéo pour apprécier ce livre ? Non, puisque je ne le suis pas. il suffit simplement de se laisser porter, d’accompagner Rodolphe, le chevalier, Abondance, et d’autres encore, jusqu’au dénouement, qui restera ouvert.

L.O.L.A de Claire Garralon

Présentation de l’éditeur :

Quand Lola est entrée dans la classe, ce fut comme un éblouissement pour Charlie. Puis il y eut cette façon de se présenter, en épelant les quatre lettres de son prénom – L.O.L.A. –, comme une mélodie. D’inconnue, Lola devient pour Charlie une amie, puis une meilleure amie. Quelque chose d’indéfinissable chez Lola l’attire irrésistiblement. Du trouble, du désir sans doute. Les filles plaisent à Charlie mais certains garçons aussi, c’est confus. Mais on tombe amoureux d’une personne, pas d’un sexe. Pourquoi faudrait-il se définir selon une orientation sexuelle ? Pourquoi se conformer à une étiquette – hétéro, homo… ? Plutôt simplement mettre des mots sur ses pensées pour que ça existe vraiment.

Merci à Netgalley et aux éditions Actes Sud Junior pour ce partenariat.

Mon avis :

Avant d’écrire mon avis, je pense à tous ceux qui ne voudront pas lire ce livre ou qui ne voudront pas le faire lire. Pourquoi ? Parce qu’un garçon est un garçon, une fille est une fille, un garçon aime forcément une fille, une fille aime forcément un garçon – et puis c’est tout. Comme si la vie était si simple.

Pour les parents de Charlie et de Camille, son grand frère, oui, la vie est simple : ils aiment leurs enfants tels qu’ils sont. Oui, ils leur posent des questions, parce qu’ils s’intéressent à eux, à ce qui peut les rendre triste – surtout Charlie, qui est en plein doute, surtout depuis sa rencontre avec Lola. Elle a un joli prénom, Lola, qu’elle épèle quand elle se présente. Elle plaît, Lola, que ce soit aux garçons, ou aux filles. Elle s’est fait des amis facilement. Et pendant ce temps, Charlie se demande simplement ce qui lui arrive – avant de comprendre, tout simplement, que l’on tombe amoureux(se) d’une personne, et qu’il est trop facile, trop paresseux (à mes yeux) de définir quelqu’un par son orientation sexuelle.

Le roman est bref, pour nous montrer ce moment essentiel de la vie de Charlie, moment où le personnage parvient à définir et à affirmer ce qu’il est. Je pense aussi à une anecdote en particulier : Charlie et son frère sont tous deux passionnés par les voitures, les modèles réduits et, enfant, Charlie avait « emprunté » une voiture à son frère et l’avait cachée sous son oreiller. Il est beaucoup de grands frères qui l’auraient mal pris (j’ai un nom en tête).

Un roman pour dire la différence ? Un roman pour dire que l’on est tous unique.