Un garçon c’est presque rien de Lisa Balavoine

Présentation de l’éditeur :

Une chambre d’hôpital. Dans le lit, un garçon. À côté, une fille, qui attend qu’il se réveille. Au travers du coma de Roméo, son histoire : pourquoi, comment, la vie l’a-t-elle amené là ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Je commence la rédaction de mon avis et je raisonne en professeure, parce que j’ai très envie de faire découvrir ce titre à mes troisièmes. Soucis : certains adultes pourraient être choqués par le réalisme de ce qui est raconté ? C’est justement ce qui est intéressant dans ce livre, le réalisme des situations racontées, et c’est bien le problème.
Roméo, le narrateur, est un garçon hors-norme, un garçon qui ne rentre pas dans les cases, et qui ne veut pas y rentrer. En revanche, il est des personnes – beaucoup – qui ne voit pas plus loin que les clichés dont ils ont la tête remplie, et qui essaient de le faire rentrer dans ces fameuses cases. Ses parents sont les premiers à vouloir le faire entrer dans cette norme, eux qui assurent ses besoins matériels, le questionnent sur sa scolarité et pensent qu’il a un problème – forcément, puisqu’il n’est pas dans leur norme. Il est cependant un adulte qui ne demande rien à Roméo, avec lequel il peut être lui : son oncle, le frère de son père, qui n’est pas non plus vraiment dans la norme (disquaire, célibataire après des échecs amoureux).
Plus nous avançons dans le récit, plus nous nous rendons compte qu’il ne s’agit pas seulement de ce harcèlement ordinaire que l’on regarde peu, mais qu’il s’agit aussi de parler d’un autre phénomène de société dont on parle encore moins, le revenge porn, si ce n’est pour accabler les jeunes filles, les jeunes femmes qui en sont victimes, donnant l’impunité à ceux qui sont les auteurs de ce harcèlement en ligne.
Oui, ce roman est, à travers le personnage de Roméo, son raisonnement, une réflexion sur ce qu’est la masculinité aujourd’hui. Il est ce que l’on attend d’un jeune homme, ce que l’on tolère même d’un homme, ce que l’on accepte pas de lui, et Roméo ne veut pas être ce genre d’homme. Auprès de lui, Justine, une jeune fille féministe, qu’il amène aussi à se questionner sur ce qu’est le féministe, pour que cela ne reste pas seulement un mot. J’ai apprécié aussi qu’au sein de ce lycée, l’infirmière, la professeure de français puis le proviseur se comportent comme des adultes responsables.
Un dernier mot pour la forme que prend ce livre, ces vers libres qui épousent les pensées de Roméo. Cela m’a semblé faciliter la lecture, avec le décalage qu’elle offre un contraste entre la gravité des sujets traités et la poésie de l’écriture.
Un beau roman à faire découvrir.

6 réflexions sur “Un garçon c’est presque rien de Lisa Balavoine

  1. Je suis très intéressée par les thèmes de ce roman, merci pour la découverte.
    Je pense effectivement que ça pourrait être un bon sujet d’étude avec des collégiens 😉

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