Archive | 12 août 2020

Bretzel blues de Rita Falk

édition J’ai lu – 303 pages
Présentation de l’éditeur :
En ce moment, ça marche impeccable pour le commissaire Franz Eberhofer : ses amours roulent, la porcherie qu’il rénove est pratiquement habitable, il tient la forme grâce aux bières régulières et aux promenades quotidiennes avec Louis II – son chien, son coach fitness, son fidèle compagnon. Mais voilà que l’ambiance tourne à l’aigre dans le village de Niederkaltenkirchen : quelqu’un a tagué en rouge sur la maison du directeur du collège M. Höpfl « Crève, sale porc ! ». Le directeur disparaît plusieurs jours, pour revenir une nuit sous une forme plutôt macabre. D’accord, il n’aurait jamais gagné un concours de popularité, mais est-ce une raison pour finir ainsi ? Franz est furieux. Comme si cet homicide stressant ne suffisait pas, on l’oblige à pouponner l’affreux bébé de son frère Léopold, libraire et lèche-bottes de première classe. Heureusement qu’il a sa Mémé déjantée et sa robuste cuisine pour se refaire une santé…
Préambule :
Oui, je me suis planté dans la programmation, et j’ai interverti les tomes 2 et 3. Ce sont des choses qui m’arrivent.
Mon avis :
L’erreur est humaine, et après l’affaire du quadruple meurtre de Choucroute maudite, il avait bien le droit de se fourvoyer légèrement non ? Non. Qu’à cela ne tienne, il se retrouve assez rapidement (après avoir esquivé le fait de se transformer en garde du corps d’un footballeur brillant) à enquêter sur une affaire de disparition, celle du directeur du collège dont la maison avait été préalablement taguée. Il faut bien que certains jeunes expriment leur talent artistique et leur revendication sociétale, mais tout de même ! Surtout, le directeur est rapidement retrouvé – mort, sur une voie de chemin de fer. Et s’il est difficile de savoir s’il est arrivé là tout seul ou s’il a été aidé. Malencontreusement, personne ne semble véritablement décidé, sauf Eberhofer, à approfondir cette enquête. D’abord, il est difficile de prouver que le directeur, Höpf, n’ait pas été victime d’un malheureux accident. Puis, soyons clair : les suspects sont très nombreux, la moitié de l’établissement scolaire qu’il dirigeait le détestait et est ravi de le savoir disparu. Va-t-on vraiment questionner toutes ses personnes ? Non.
La vie continue pour Eberhofer. Le divorce de son frère Léopold. Son remariage avec la mère de sa fille Sushi, Panida – oui, elle se prénomme en fait « Ushi », comme sa grand-mère, mais pour Frank, il est impossible de nommer sa nièce comme sa mère, il n’est qu’une seule Ushi, et bientôt, tous sont d’accord avec lui. Les cours d’allemand Panida, qui saura très vite comment demander le chemin de l’aéroport, ce qui est très utile quand on est marié à Léopold. Le chauffeur pour sa Mémé et pour toutes les dames de Niederkanltenkirchen – les promos, cela n’attend pas. Et Susie qui revient de son voyage en Italie, amoureuse d’un italien beau comme un italien et qui prend un congé sans soldes. Oui, la vie familiale et personnelle d’Eberhofer est compliquée, et pourtant, il enquête ! C’est tout un art, parce que d’autres ont une vie de famille bien plus douloureuse que la sienne, et parce qu’il est aussi des personnes prêtes à profiter de ceux qui sont en souffrance.
Oui, Niederkaltenkirchen est une bourgade (imaginaire) mais les problèmes qui sont évoqués (la drogue, la difficulté à élever un enfant seule, la difficulté à assumer ses responsabilités) sont les mêmes.

Ce qui a dévoré nos coeurs de Louise Erdrich

Présentation de l’éditeur :

À travers toute son oeuvre, Louise Erdrich a imposé son regard insolite et son univers poétique parmi les plus riches talents de la littérature américaine. On retrouve dans ce nouveau roman l’originalité narrative, la prose lumineuse et la force émotionnelle d’une oeuvre qui ne cesse de se renouveler et de surprendre. Chargée de procéder à l’inventaire d’une demeure du New Hampshire, Faye Travers remarque parmi une étonnante collection d’objets indiens du XIXe siècle un tambour rituel très singulier. Émue et troublée cet instrument, elle se prend à l’imaginer doté d’un étrange pouvoir: celui de battre au rythme de la douleur des êtres, comme en écho à la violente passion amoureuse dont il perpétue le souvenir.

Mon avis :

Cette chronique est quasiment un exercice de style, parce que j’ai lu ce livre voici plusieurs mois, et que je le chronique seulement maintenant. Il faisait partie de ces livres que j’ai lu pendant le quart d’heure lecture dans mon collège, livre qui a fait dire à quelqu’un à qui je résumais le livre « cela ne m’étonne pas que vous ne dormiez pas après cela ».

Mais que contient donc ce livre pour avoir suscité un tel commentaire ? Il est question d’amour et de mort, il est question de passion. Il est question aussi de légendes indiennes qui parviennent jusqu’à nous, et la première partie du roman ne semble finalement qu’une longue introduction. Faye Travers et sa mère sont chargées de faire l’inventaire des objets contenus dans une maison dans le New Hampshire. Jusqu’ici, rien que de très banal pour Faye, elle ne fait qu’exercer son métier. Seulement, dans cette maison se trouve un tambour rituel qui lui « parle ». Avec lui, elle remonte le fil du temps, le fil de sa légende, la manière dont celui-ci a été confectionné – et le titre de prendre tout son sens.

Ce qui a dévoré nos coeurs est avant tout l’histoire d’une passion destructrice, d’une passion qui aura des conséquences sur plusieurs générations. L’enquête de Faye la mènera sur la trace des Ojibwées d’autrefois, et de partir à la rencontre des Ojibwées d’aujourd’hui – la mère de Faye est d’origine Ojibwée. Le récit m’a semblé parfois se teinter de fantastique, ou bien entrer dans le domaine du conte, de la légende – ou les conséquences de l’histoire d’amour passionnelle entre Anaquot et Simon Jack, jusqu’à la tragédie.

Ce qui a dévoré nos coeurs, c’est aussi des descriptions, le lecteur est véritablement plongé dans la nature qui entour les protagonistes du récit, du New Hampshire au territoire Objibwées. C’est aussi, et encore, la recherche de l’apaisement, après tant de douleurs ressenties.