Archive | 2 août 2020

Meurtres au programme de Susan

Nord-Michigan de Jim Harrison

Présentation de l’éditeur :

Fils d’un émigré suédois, le héros de ce roman exerce la profession d’instituteur dans une bourgade rurale du Michigan. Il partage ses loisirs entre la chasse, la pêche et les soirées à la taverne voisine. Et les nuits avec Rosalee, l’amie d’enfance, paisible et passionnée à la fois. Mais survient Catherine, une de ses jeunes élèves, âgée de dix-sept ans et très affranchie qui va bouleverser le cours des choses. Sur ce thème presque banal, Harrison a composé le plus simple mais aussi le plus beau de tous ses romans.

Mon avis :

Ce roman est, au fond, une histoire simple. Nous sommes au fin fond de l’état du Michigan, dans le Nord, comme l’indique le titre. Joseph est le personnage principal de ce roman. Il est le descendant d’émigré suédois. Enfant, il a été victime d’un grave accident et c’est grâce au médecin de famille qu’il a pu conserver sa jambe – il boite, certes, mais l’accident aurait pu avoir des conséquences bien plus grave. Il est instituteur, et tous les ans, il organise une sortie pour ses élèves qui ne quitteront certainement jamais le Nord Michigan, en dépit, parfois, de leurs aspirations. Le médecin qui l’a soigné dans son enfance est resté un ami, presque un père pour lui – et tant pis s’il boit, cela n’ôte rien à sa profonde humanité. Le frère de Joseph, Orin, est mort à la guerre – pas la seconde guerre mondiale, non, pas la guerre du Vietnam, non, mais la guerre de Corée, qui a eu lieu, chronologiquement, entre les deux, et dont on parle moins en littérature. Il est très proche de Rosalee, la veuve de son frère, une amie d’enfance avec laquelle, peut-être, il aurait pu vivre, avec laquelle, peut-être, il peut encore se mettre en ménage : elle représente la stabilité, l’amour de la terre, et Joseph est particulièrement sensible à la beauté de la nature, la beauté du Michigan, et il n’est pas prêt à quitter ses lieux.

Ce n’est pas le cas de Catherine. Elle est une de ses élèves. Elle a grandi dans une famille dysfonctionnelle – déjà. Elle devient sa maîtresse, et Joseph ne sait plus, ne sait pas ce qu’il doit faire. Il sait qu’il est des choses qui ne sont pas possibles sur la durée, il sait que ce n’est pas bien d’avoir cette relation avec son élève, il sait qu’il faut autre chose à la jeune fille – une autre vie, d’autres débouchés que ceux que peuvent offrir cette bourgade rurale.

Ce livre nous offre la peinture d’un état rural après la guerre, ces description de ces paysages, et de ceux qui vivent au milieu d’eux. C’est l’histoire aussi d’un homme qui doit faire un choix, lui qui, pour sa vie personnelle, s’est un peu laisser porter par les événements, un homme qui se souvient du chemin que lui et ses ancêtres ont parcouru pour en arriver là où il est.