Un été dans la ville de l’amour de Sarah Morgan

Présentation de l’éditeur :

Pour célébrer leur vingt-cinquième anniversaire de mariage, Grace a prévu une surprise de taille pour son mari : une escapade romantique à Paris. Mais ce dernier lui a aussi réservé une annonce surprise : il souhaite divorcer. Dévastée par la nouvelle, Grace fait ses bagages et s’envole, seule, pour la capitale.
Lorsqu’Audrey quitte Londres pour la France, c’est avec la ferme intention de s’éloigner d’une mère alcoolique. Son objectif : dégoter un job dans une librairie et se familiariser avec le french kiss. Seulement, avec la barrière de la langue et sans argent, ses projets paraissent plus compliqués qu’elle ne le pensait.
La rencontre entre les deux jeunes femmes va alors tout changer. Et leur amitié naissante, bien que surprenante, pourrait bien devenir la meilleure chose qui pouvait leur arriver…

Merci aux éditions Harlequin et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aurai presque envie de commencer ce billet en disant « oui, je lis de la romance aussi », j’en ai même lu quelques-uns depuis la fin de l’année 2019. Certains titres sont très réussis, d’autres le sont moins – malheureusement. J’ai lu trois romances quasiment coup sur coup, et j’ai décidé de chroniquer en premier celle qui m’avait le moins séduite, et d’expliquer pourquoi. J’aurai presque pu dire qu’elle m’avait mise en colère, mais non : ce n’est qu’un livre, pas une situation vécue dans la vie réelle.

Tout d’abord, je me suis sentie très jeune en lisant ce livre. Grace a 47 ans et elle se comporte comme une femme de trente ans d’un autre siècle, tout en restant dans le nôtre, ne ratant aucune des étapes imposés dans sa vie de femme et de mère : sa fille unique va quitter sa maison, et pour ne pas se livrer à son chagrin, elle organise, elle organise, elle organise. Quoi ? Un voyage surprise pour les 25 ans de mariage avec David, l’amour de sa vie. Sauf que David gère autrement le syndrôme du nid vide que sa femme, qu’il a pris une jeune maîtresse, amie de sa fille, ancienne élève de sa femme (n’oublions aucun cliché) et qu’il lui révèle le tout (à sa femme, sa maîtresse était déjà au courant) pendant le repas de leur vingt cinquième anniversaire de mariage. Il a aussi le bon goût de faire un infarctus (forcément, le stress et le surmenage sexuel) et sa femme lui sauve la vie – il en a de la chance. Je trouve d’ailleurs qu’il se remet assez bien de ce qui lui est arrivé, au point de continuer à se comporter comme le plus parfait des goujats, après avoir débordé de qualités pendant leur vingt cinq années de mariage, et même avant – David et Grace sont amis d’enfance.

Grace part donc à Paris seule, refusant que David et sa nouvelle compagne partent à sa place. C’est toujours bien de ne pas avoir de soucis financiers. A Paris, Grace rencontre Audrey, une jeune femme sympathique, débrouillarde, mais sur certains sujets seulement. Les deux femmes « que tout oppose » vont cependant devenir très vite amies. Elles se découvrent un point commun : une enfance merdique, avec une mère alcoolique, dont elles ne pouvaient parler avec quasiment personne, l’une (Grace) parce que son père lui disait que tout allait bien – l’alcoolisme mondain fait des ravages – l’autre (Audrey) parce qu’elle n’avait personne à qui se confier, et que sa mère, en dépit de son alcoolisme, parvient à garder son travail, ce qui est l’un des éléments constants de sa vie, avec la nécessité qu’elle a d’ingérer des doses d’alcool quotidiennes, avec sa capacité à dévaloriser sa fille voire à lui nuire fréquemment. Je vous rassure : nous sommes dans une romance, et si l’on ne peut plus rien pour les parents de Grace (ils sont morts), il n’en est pas de même pour la mère d’Audrey.

Oui, romance + Paris = même si des thèmes lourds sont abordés, quelques clichés. Paris est la ville des amoureux – et celle où l’on fauche les sacs à main des touristes. Paris est la ville où l’on trouve un appartement facilement, où l’on vous loge en plus de vous fournir un travail. Paris permet de renouer avec un amour de jeunesse, dont on ignore ce qu’il est devenu (à croire que Grace a vécu coupée du monde pendant toutes ses années, ou ne s’est absolument pas intéressée à la musique). Bizarrement, il est devenu un pianiste mondialement connu, et non un simple professeur de piano. Je ne dis pas que certains faits ne sont pas vrais, comme le fait qu’il est facile de se laisser influencer, ou « l’effet de masse » qui fait que l’on n’ose dire non. Je suis cependant étonnée qu’Audrey, capable d’une grande force de caractère vue ce qu’elle a traversé pendant son enfance, ne soit pas capable de plus de force dans certaines situations. A vrai dire, toutes les jeunes filles présentées dans ce roman (sauf Sophie, jusqu’à un certain point) sont influençables, qu’elles aient eu une enfance choyée, protégée ou non (note : je ne l’étais pas, heureusement pour moi).

Je terminerai avec le personnage de Mimi, la grand-mère de Grace, qui lui a apporté un cadre stable, cadre qu’elle-même n’a pas offert à sa fille. Mimi est présentée comme un esprit libre, qui n’en a fait qu’à sa tête étant jeune pour son art, qui a toujours mené sa barque comme elle l’entendait sauf que… ce qu’elle fait à sa petite-fille dans ce roman est tout à fait contraire au caractère qui lui est prêté. Y’a comme un hic, pour rester correct, parce que ce qu’elle fait à sa petite fille est tout simplement dégoûtant (version polie à nouveau). Grace ayant l’habitude d’oublier ses désirs au profit de ceux des autres, elle finit par… plier de son plein gré.

Fin heureuse, oui, mais pas de mon point de vue.

10 réflexions sur “Un été dans la ville de l’amour de Sarah Morgan

  1. Tu as le droit de lire des romances… moi j’éviterai ce roman mais moi c’est moi (philosophe ce soir) 😆

    Les clichés se réalisent parfois, vois le cas d’une prof de français qui a épousé son élève, le petit Emmanuel… 😀

    • Mais tu as parfaitement raison ! Là, je suis en train de lire un soi-disant polar, qui est davantage une romance (médiocre) qu’autre chose. Seul point positif : il se lit vite.
      En tant que professeur, cela me gène – pas l’écart d’âge (mon arrière grand mère avait 18 ans de plus que son mari, mais il était majeur quand ils se sont rencontrés), mais le fait qu’il était mineur quand ils se sont rencontrés (et sans doute plus) et le fait qu’elle ait été son professeur.

      • Harlequin faisait aussi dans les polars, mais avec de la romance, j’en ai lu quelques uns dans ma jeunesse. Tous n’étaient pas à jeter. Vaut mieux une bonne romance polardeuse qu’un mauvais polar romance 😆

        Je me demande si dans l’inconscient collectif, ça ne passe pas « mieux » une dame majeure qui « instruit » un jeune homme mineur (pas de 14 ans, mais de 16/17 ans)…

        C’est une question, je ne dis pas que je cautionnais le truc (des gens sans cervelles peuvent nous lire et me sauter dessus parce qu’ils n’auront pas capté) de la dame majeure qui dépucelle le mineur d’âge.

        Le prof est aussi l’objet de tous les fantasmes : où on veut le tuer ou on tombe amoureuse de son prof mâle… 😀 Non, on ne passe jamais à l’acte, ça reste du fantasme.

        • Oui, c’est certain : je n’aime pas quand il y a tromperie sur la marchandise. Un été mortel est une romance polardeuse, je l’ai pris comme tel, et ce fut un très bon divertissement.
          Je me le demande – voir l’affaire Gabrielle Russier, chez nous. Puis, malheureusement, l’homme majeur qui « instruit » une jeune fille mineure, cela passe très bien, quand ce n’est pas cautionner par certains parents qui sont flattés que leur fille ait pu séduire un homme, un vrai.
          J’avais bien compris ! Mais tu as raison : c’est un cliché qui s’est réalisé.
          Oui, c’est certain : voir le roman Reine de beauté à ce sujet (pour citer un livre que j’ai lu récemment.

          • Oui, on repense au livre « le consentement »… Terrible, j’en ai toujours des frissons. Mais effectivement, certains peuvent se sentir flatté que leur fille/fils mineur soit instruit par un adulte, un peu comme chez les Grecs dans l’antiquité (mais entre mecs).

            Parfois, il y a des amours véritables, comme celui de cet étudiant et de cette prof, dont Aznavour a fait une chanson « mourir d’aimer » et qui était inspirée de faits réels, si je ne m’abuse. Un étudiant américain avait attendu que sa prof sorte de prison et il l’avait épousée, aussi… Je ne cautionne pas mais on a parfois de l’amour véritable et pas l’intention de dominer un plus jeune.

            Vu le temps que Manu est avec B, ça devait être de l’amour ! 🙂

            • Moi aussi, ce fut vraiment une lecture et une écriture difficile.
              C’est l’affaire Gabrielle Russier dont je te parlais dans le commentaire précédent. Gabrielle Russier avait 32 ans quand elle s’est suicidée. « Mourir d’aimer », c’est aussi un film avec Annie Girardot – le réalisateur a accepté que Charles Aznavour reprenne le titre du film pour sa chanson.
              Oui, on a parfois de l’amour véritable, effectivement.
              Oui !

              • Voilà… j’avais entendu un jour l’anecdote à la radio et je n’avais plus jamais écouté la chanson de la même manière.

                Pas un sujet facile, celui du mineur d’âge avec la majeure (ou le contraire). Mais je pense que je garderai le résumé du procureur qui disait que avant 16 ans, consentement ou pas, c’était « niet » pour une relation avec une personne majeure/adulte (majeure de plus de 18 ans, il visait les « vrai » adulte)…

              • Pour ma part, je connaissais l’histoire par ma mère, qui avait été très marquée par cette histoire.
                Non, ce n’est pas un sujet facile. Mais je suis bien d’accord sur ce résumé. Et c’est difficile, parfois, à faire entendre : une de mes anciennes collègues (perdue de vue depuis quinze ans) sortait, à 15/16 ans, avec des trentenaires, elle trouve donc normal que des élèves en fassent autant.

              • Une de mes copines qui avait 15 ans (j’en avais plus de mon côté) sortait avec un mec de 20 ans et j’avais été choquée qu’il risque la prison pour détournement de mineur puisque la copine était d’accord de sortir avec et qu’elle l’aimait… Les avis changent selon l’âge que l’on a et les situations… pour certaines, on aurait tendance à fermer les yeux et laisser pisser le mérinos… Mais à 15 ans, a-t-on le discernement ?? On croit que oui mais non…

                Normal que ta copine pense cela, elle était sortie avec des hommes plus âgés. Maintenant, on nomme ça des Daddy Sugar et ils sortent avec des escort girl de 18/20 ans qui ont besoin de fric pour payer leurs études.

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