Archive | 17 juillet 2020

Marcher la vie de David Le Breton

édition Métailié – 168 pages.

Présentation de l’éditeur :

La marche connaît un succès planétaire en décalage avec les pratiques de sédentarité ou de sport en salle, tapis de course… prédominant dans nos sociétés. Cette passion contemporaine mêle des significations multiples pour le même marcheur : volonté de retrouver le monde par corps, de rompre avec une vie trop routinière, de peupler les heures de découvertes, suspendre les tracas du jour, désir de renouvellement, d’aventure, de rencontre. Une marche sollicite toujours au moins trois dimensions du temps : on la rêve d’abord, on l’accomplit, et ensuite on s’en souvient, on la raconte. Même terminée, elle se prolonge dans la mémoire et dans les récits que l’on en fait : elle vit en nous et est partagée avec les autres. Dans ce livre – ludique, intelligent et stimulant –, l’auteur revient sur le plaisir et la signification de la marche, et nous en révèle les vertus thérapeutiques face aux fatigues de l’âme dans un monde de plus en plus technologique.

Merci aux éditions Métailié et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Cet essai m’intéressait parce que j’aime marcher et que c’est parfois très compliqué. Autant s’inscrire dans une salle de sport et y passer trois heures le samedi matin est considéré comme normal, autant marcher sans but autre que la marche peut questionner autrui.
Le constat est simple : nous ne marchons que trois cent mètres par jour actuellement, nos parents ou grands-parents marchaient sept kilomètres par jour dans les années cinquante. L’auteur nous montre les occasions que nous avons, de nos jours, de ne plus marcher : « On transporte son corps, il ne nous transporte plus. »
Il est une histoire de la marche, des motifs qui poussent à marcher. La religion y tient une place importante, y compris de nos jours : les années 70 ont vu le retour des pèlerinages, dont le plus connu, le plus accessible est sans doute Saint Jacques de Compostelle – et de nombreux ouvrages y sont consacrés.
Les ennemis de la marche sont montrés – ils sont les ennemis du corps en général, lui préférant la technologie/ Les dangers de la marche aussi, du moyen âge à nos jours – l’épuisement n’est pas le seul risque, et marcher, même seul, ne signifie pas se couper de tout lien social, mais se retrouver. Et parfois, le renouer, comme le montre certaines initiatives montés par des éducateurs, en lien avec les familles, les jeunes en rupture sociale et, il faut bien le dire, le système judiciaire qui veut amener ces jeunes à s’interroger sur eux-mêmes, sur leur avenir, sur ce qu’ils veulent faire de leur vie (voir sur le sujet, le très beau roman La Trouille de Julia Billet).
Cet essai fait aussi la part belle à tous ces auteurs qui ont écrit sur la marche, sur ce que la marche leur a apporté : je pense à Stevenson, à Simone de Beauvoir, à Doug Peacock, à Sylvain Tesson en particulier.
Il rappelle aussi, pour terminer, que parfois, la marche n’a pas servi à grand chose, surtout si le marcheur est resté connecté tout au long de son parcours. On oublie trop souvent que, pour se retrouver, il faut aussi accepter de se perdre, un peu.
Je terminerai par cette citation :
« On pense à cette sagesse juive qui souligne qu’il vaut mieux demander son chemin à quelqu’un qui ne le connaît pas et le cherche lui aussi.
S’égarer est souvent propice aux surprises, aux découvertes.
« 

Les aventures extraordinaires d’Ethan de Dominique Durand et Estelle Villemin

Au loup éditions – 73 pages.

Présentation de l’éditeur :

Après un terrible orage, Ethan découvre une pierre mystérieuse, brillant de mille feux. Quel est donc son formidable secret ? Le Quartier Général, la cabane où il retrouve ses amis Max, Annabelle et Einstein, est menacé d’une sauvage destruction. L’étrange pouvoir de la pierre pourra-t-il aider Ethan à défendre le Quartier Général ? Une extraordinaire aventure attend Ethan et ses amis pour sauver leur terrain de jeux préféré ! Parviendront-ils à remplir leur mission ? En bonus, 16 pages de jeux pour « Comprendre en s’amusant ».

Mon avis :

Ethan est un garçon sans histoire : sa famille est unie, ses amis sont sympathiques. Certes, il est bien quelques garçons qui jouent au gros dur et ne sont pas des plus agréables, mais ce sont des choses qui arrivent.
Deux faits cependant surviennent dans la vie d’Ethan : il trouve une pierre magique, et la municipalité veut transformer « leur » terrain de jeu en bureaux. Les espaces verts, l’écologie ? On oublie !
Cette pierre va alors leur permettre, eh bien de lutter contre ceux qui veulent mettre un peu plus de béton dans notre vie, de lutter aussi contre ceux qui veulent décider à la place des autres. J’ai aimé particulièrement le personnage d’Annabelle, qui sait ce qu’elle veut, et qui ne laisse personne décider à sa place (ouf).
J’ai aimé aussi les jeux, à la fin du livre : il était fréquent d’en trouver à mon époque, je trouve très bonne l’idée d’en avoir mis ici, cela renforce l’aspect ludique de la lecture.