Archive | 15 juillet 2020

L’école des rêves – la promotion Neptune de Paul Ivoire

édition Poulpe Fictions – 192 pages.

Présentation de l’éditeur :

Loin au-dessus de nos têtes, par delà les nuages, se trouve le monde d’Evêria, où sont fabriqués les songes des humains.
À dix ans, le jeune Kimlan fait son entrée dans la prestigieuse école des rêves. Il y découvre les combats d’Imagination, les voyages à travers les tableaux, et fait la rencontre de drôles de créatures. Son but : obtenir sa première comète afin de rejoindre l’incroyable Atelier des Mille et un Songes.
Les leçons du maître des Cauchemars le mettent cependant en difficulté. Est-ce à cause de ce curieux pouvoir dont parlent les Anciens ? Et quelles sont ces mystérieuses chauves-souris qui envahissent les couloirs de l’école ?

Merci à Netgalley et aux éditions Poulpe fictions pour ce partenariat.

Mon avis :

J’espère que c’est un premier tome, parce qu’à mon avis, cette histoire, ces personnages, ont encore beaucoup à nous dire.
Bienvenue à l’école des rêves – et des cauchemars, ai-je envie de préciser, parce que les uns ne vont pas sans les autres, parce que les deux sont utiles. Il faut simplement que ceux-ci n’aillent pas trop loin, qu’ils ne soient pas trop nombreux. Kimlan, le personnage principal de ce livre, n’aura pas trop de cette première année d’étude, qui devra être validée par l’obtention de sa première comète, pour explorer cet univers très riche.
Ce que j’ai aimé dans ce livre ? Déjà, les personnages, tout sauf niais, tout sauf figés. Oui, l’amitié peut naître entre deux personnes qui ne s’entendaient pas du tout au début du roman. Oui, l’on n’est pas obligé d’être parfait, tout le temps, les héros de romans de littérature jeunesse peuvent être énervés, fatigués, ratés des épreuves – et recommencer.
L’apprentissage qui leur est offert est hors-norme, d’ailleurs, comme dans « notre » monde, certaines compétences ont été mises de côté au profit d’autres, peut-être à tort. Les élèves peuvent ne pas franchir le cap : une autre orientation s’offre alors à eux, d’autres métiers, leur univers est vaste ! Cependant, sur celui-ci plane une menace, bien réelle, et elle n’est facile ni à identifier, ni à éliminer.
Oui, je l’ai déjà dit, mais l’intrigue prend place dans un univers riche, du point de vue de l’histoire (l’action se situe dans le château de Chambord) et de l’art (les tableaux qui permettent de voyager) : c’est à la fois très précis, sans être pesant, ou didactique, mais cela peut susciter l’intérêt du jeune lecteur.
Un roman très réussi.

Loveday et Ryder, tome 2 : Un pique-nique presque parfait de Faith Martin

édition Harper Collins noir – 280 pages

Présentation de l’éditeur :

Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow. Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête. Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College. Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ? Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Mon avis :

Merci aux éditions HarperCollins et à Babelio pour ce partenariat.

Londres, les années 60. La Tamise. Des jeunes gens privilégiés qui s’amusent. Flûte ! Un cadavre est retrouvé dans le fleuve. C’est une noyade accidentelle. Et en plus, le jeune homme en question, Derek Chadworth, eh bien, est un jeune homme ordinaire – ni riche, ni noble. C’est donc une noyade accidentelle, non ? On ne va pas déranger la police, et surtout pas cette noble jeunesse dorée qui s’amuse pour un accident, non ?

Naturellement, il faut que Dr Clement Ryder mette son grain de sable et décide d’enquêter. Il se fait assister par Trudy Loveday, policière stagiaire – la seule agent que son supérieur « prête » sans soucis au docteur Ryder, parce que, pour lui, une femme n’a pas sa place dans la police. Trudy a l’âge des étudiants, mais tout les sépare – sauf l’âge. Trudy et Clement forment un couple d’enquêteur improbable mais original, lui, l’homme d’un certain âge qui a vu beaucoup, qui connaît beaucoup de choses et est sans illusion sur la nature humaine, sachant aussi comment obtenir ce qu’il veut. En revanche, il ne connait pas nécessairement les soucis qui peuvent être ceux d’une jeune femme issue d’un milieu social honnête, aimant, mais modeste : avoir des vêtements qui peuvent la faire passer pour une étudiante aisée, ou s’offrir des leçons de conduite nécessitent d’avoir un budget autre que le sien. Trudy ne manque pas d’aspiration pour son métier :  « aider les victimes et attraper ceux qui leur avaient fait du mal ». Vaste programme, que cette enquête, et pas seulement elle, lui permet d’exercer.

Ce « pique-nique presque parfait » nous montre une Angleterre à deux vitesse, où le fossé entre les classes sociales est particulièrement profond. Il nous montre aussi les aspirations de certains pour gravir les échelons de cette société. Peu importe les moyens, tant que l’on monte – avec la bénédiction de ses parents, parfois. Je ne parle même pas des jeunes filles qui sont, souvent, d’une extraordinaire naïveté, et qui le paient très cher, contrairement aux jeunes hommes.

Un pique-nique presque parfait est un roman agréable à lire, parfait pour se replonger dans l’ambiance des années soixante.