Archive | 9 juillet 2020

Qaanaaq de Mo Malo

éditions Point – 552 pages.

Présentation de l’éditeur :

Dans le vaste pays blanc, l’esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu’au bout.
Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Mon avis :

C’est la fin de l’année (scolaire), il fait chaud (très chaud) aussi ai-je lu Qaanaq de Mo Malo, pseudonyme d’un auteur français qui nous emmène dans le grand froid groenlandais. Dire que le polar est réfrigérant au vue des descriptions qui sont faites est un peu facile – et je cède à la facilité, face au mal que j’ai eu à m’y retrouver dans les noms des principaux protagonistes.
Qaanaaq, c’est le prénom du capitaine Andriensen. Qaanaaq, comme le lieu où il est né, a été trouvé, avant d’être adopté par un couple fort honorable : un auteur de romans policiers et sa femme, elle-même une légende de la police danoise. Qaanaaq n’est jamais allé au Groenland, c’est une enquête sur le massacre de trois ouvriers d’une plateforme pétrolière, bientôt suivi de la mort d’un quatrième, qui le font se rendre pour la première fois sur les terres où il est né et dont il ne se souvient absolument pas. Dire que Rikke, qui est sa supérieure pour l’enquête, n’accueille pas sa venue avec joie et bonheur est un fait. Rikke semble mettre un point d’honneur à rabaisser tout le monde. A mes yeux, elle joue un jeu dangereux avec ses hommes, qu’elle ne semble d’ailleurs pas vraiment considérer. Elle a pourtant devant elle l’essence même de la police groenlandaise, police réduite à sa plus simple expression : une pincée d’enquêteurs, un médecin légiste pour toute l’île, un technicien dévoué à sa tâche. Il faut dire que les crimes sont rares, que les prévenus passent certes la nuit en prison, mais sont libérés au matin : le groenlandais ne supporte pas l’emprisonnement. Homme de parole, il mène une vie normale le jour, et rentre docilement le soir à la prison – sauf si bien sûr, au matin, il a été relâché définitivement, si aucune charge n’a été retenue contre lui, si, si, si…. Oui, cela fait beaucoup de si, et Qaanaaq ne va pas tarder à découvrir ce qui cause aussi cette mansuétude de la part d’un certain policier.
Comment enquêter quand on se rend compte que pas grand’monde, pas même dans votre propre camp, ne veut réellement vous aider ? En demandant conseil à sa maman ! Oui, je sais, je suis un peu lourde, mais Qaanaaq n’hésite pas à appeler sa mère, Flora, qui garde également ses deux enfants, Else et Jens (elle lui reproche de les appeler « les jumeaux » et non par leur prénom respectif), à lui donner tous les détails de l’enquête et à écouter ses conseils. Famille, je vous aime. Il n’est pas le seul dans ce récit.
En revanche, le Groenland souhaiterait bien obtenir son indépendance. Ce n’est pas la première fois qu’il le souhaite, mais là, cela commence à prendre sérieusement forme, et l’indépendance passe aussi par une autonomie financière – le pétrole ! Ce fameux pétrole que se disputent plusieurs compagnies, ce pétrole, que certains voudraient ne voir surtout pas exploité, ce pétrole qui a sans doute causé ces morts. Qaanaaq sera confronté au passé du lieu, à son passé aussi – ou comment se retrouver face à soi-même et aux siens : « On ne choisit pas sa famille. Mais, quand on est flic, on ne choisit pas non plus ses coupables. »
J’ai ressenti de la tristesse, pour Qaanaaq, bien sûr, mais aussi pour ceux qui n’ont pas su protéger les leurs, ou pire, les ont sacrifiés. Croire en une cause, oui, tuer, massacrer, se venger pour ses idées… ai-je vraiment besoin de continuer ma phrase ?

J’ai apprécié ce titre malgré tout, au point d’avoir commandé le tome 2.