Archive | 28 juin 2020

Rivière maudite de Preston & Child

Présentation de l’éditeur :

Pourquoi des dizaines de pieds mutilés, revêtus de chaussures vertes, sont-ils venus s’échouer sur l’île paradisiaque de Sanibel, en Floride ?
Ce phénomène inexplicable et les questions qui en découlent aiguisent la curiosité de l’inspecteur Pendergast, du FBI, qui décide d’interrompre ses vacances. Nul ne sait d’où viennent ces pieds sectionnés. Ni même si leurs propriétaires sont toujours en vie. Débute alors une enquête qui mènera notre héros aux sources d’une rivière maudite…
Confronté au complot le plus diabolique qu’il ait jamais eu à déjouer, l’agent spécial Pendergast va devoir redoubler de sagacité s’il ne veut à son tour servir de cobaye…

Merci à Netgalley, aux éditions de l’Archipel et à Mylène pour ce partenariat.

Mon avis :

Enfin une enquête presque classique pour Pendergast. Presque, parce que sinon, ce serait vraiment trop beau – pour lui, pour nous.
Il est difficile de savoir ce qu’il ressent, il est cependant une certitude : il pense tout ce qu’il dit, et il tient toujours ses promesses. Certains auraient dû en tenir compte parce que Pendergast n’arrive pas à progresser dans ses enquêtes par hasard, mais par recherches, déductions, persévérance, faisant fi des menaces et autres gentils avertissements qui lui sont délivrés à titre gracieux.
Si l’on remonte d’abord le fil du récit, on se dit que ce sont simplement des chaussures qui se sont échouées sur cette paisible plage de Floride. Puis, l’on constate que ce sont des pieds qui ont été trouvés à l’intérieur de ses chaussures, pieds qui ont été prélevés sur plusieurs victimes – forcément. Que sont-elles devenues ? Ont-elles survécu à ces amputations, ou bien ont-elles succombé ? La réponse arrivera très vite, forcément, et les enquêteurs de se demander aussi d’où viennent tous ses pieds.
C’est là que les scientifiques prennent toute leur importance parce que ce sont eux qui permettront de découvrir, en étudiant les courants marins, mais aussi les variations dues aux conditions météorologiques, de quel endroit ont été jetés ces pieds. Dire que la science manque de crédit est une évidence. Tout ou presque coûte cher, surtout dès que l’on manque cruellement de subvention. Tout est permis ou presque quand on en possède – et je parle par là de ceux qui font tout pour nuire à la résolution de l’enquête en général, ou à Pendergast en particulier.
Pendergast n’est pas seul dans cet enquête. Constance, sa pupille, est avec lui, et s’il cherche à la protéger, elle a trouvé de son côté une affaire qu’elle compte bien résoudre seule – louer une maison dite « hantée » offre des loisirs insoupçonnés. Il a aussi un équipier bien malgré lui, l’inspecteur Coldmoon : celui-ci est en vacances, en convalescence, plutôt, à la suite de ce qui lui est arrivé lors de leur toute première enquête. Alors, oui, il aidera Pendergast, il aidera ceux qui auront besoin de lui, voyagera, paiera de sa personne, et se rendra compte, tout comme Pendergast de l’ampleur de l’affaire.
Ce qui est raconté dans ce roman est-il crédible ? Oui, malheureusement. Des migrants près à tout pour une vie meilleurs, des personnes qui se servent d’eux comme des pions, des cobayes, bref, qui les déshumanisent pour leur intérêt, des scientifiques qui font n’importe quoi au nom de leurs idéaux (à ne pas confondre avec ceux qui ont aidé Pendergast), cela a existé et cela existe encore. Et c’est sans doute un rêve pour certain. Effrayant ? Oui.
J’ai aimé cette nouvelle aventure de Pendergast, de Constance et de Coldmoon, qui n’hésitent pas à aller au bout des choses. Je vous dirai bien « ils méritent de se reposer », si ce n’est que l’épilogue nous montre que cela ne sera pas vraiment possible.
A l’année prochaine, Pendergast !